École nationale d'administration
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Histoire
L'École nationale d'administration (ENA) a été créée par l'ordonnance du 9 mai 1945 par le Gouvernement provisoire de la République française, alors présidé par le Général de Gaulle. Cette décision, qui devait profondément bouleverser la structure même de l'administration publique française, avait été préparée par la Mission provisoire de réforme de l'administration, placée auprès du chef du gouvernement.
Michel Debré, maître des requêtes au Conseil d'État et commissaire de la République à Angers, animait cette mission. Il a assuré provisoirement les fonctions de directeur de l'école.
L'ENA doit beaucoup aux circonstances historiques de ses commencements, et à l'esprit des femmes et des hommes, issus de la Résistance pour la plupart, qui ont pris en charge la reconstruction du pays. Avant 1945, l'État n'assurait pas lui-même une formation unique pour les fonctionnaires responsables de sa haute administration. En effet, si le système du concours - seule garantie d'un recrutement impartial et fondé sur le mérite - était déjà bien généralisé, chaque corps ou ministère organisait son propre concours, sans considération pour l'homogénéité de la haute fonction publique. Certains risques de corporatisme ou de népotisme en résultaient. L'ENA devait remédier à ces inconvénients.
Missions
Une école d'application
L'ENA a pour mission de dispenser aux futurs cadres supérieurs de la fonction publique une formation interministérielle. La scolarité d'une durée de 27 mois comporte deux périodes successives, celle des stages (12 mois) et celle des études (15 mois), Cette dernière période se déroule à Strasbourg (8 mois) puis à Paris (7 mois) jusqu'au 1 janvier 2005.
Il ne restera plus à Paris que les locaux du 2, avenue de l'Observatoire (Paris VIe) — l'ancien Institut international d'administration publique —, qui seront réservés à la formation de très courte durée.
La période de stage, qui correspond à la première année de scolarité, est consacrée à l'apprentissage des responsabilités sur le terrain de l'élève affecté auprès d'un préfet (7 mois), dans un poste diplomatique ou auprès d'organisations internationales (5 mois). La période d'études associe la diversité pédagogique (études de cas, enquête sur le terrain, conférences de cadrage, travail individuel et collectif) aux objectifs de polyvalence de la formation :
- Permettre le perfectionnement des connaissances dans des matières fondamentales (droit, économie, questions européennes et internationales...) ;
- Donner aux élèves la maîtrise des outils administratifs dont ils auront besoin pendant leur carrière (préparation à la rédaction de textes juridiques, techniques budgétaires et fiscales, gestion publique, gestion des ressources humaines, négociation, langues, maîtrise des technologies de l'information) ;
- Développer la capacité de réflexion et d'innovation des élèves par des travaux de recherche menés en petits groupes et visant à l'élaboration de solutions qui puissent être utiles à l'administration.
Les élèves de l'ENA intègrent à leur sortie les grands corps de l'État, en fonction de leur classement. Les premiers choisissent souvent l'Inspection des finances, la Cour des comptes ou encore le Conseil d'État. Parmi les autres débouchés figurent les corps préfectoral et diplomatique, l'Inspection générale des affaires sociales ou encore le corps des Tribunaux administratifs et des Cours administratives d'appel. La grande majorité des anciens élèves de l'ENA appartiennent toutefois au corps des administrateurs civils, et exercent une activité de cadres supérieurs (conception, encadrement) dans le ministère qu'ils ont choisi à la sortie.
Une école tournée vers l'international
Depuis sa création, en 1945, l'ENA a formé plus de 2000 élèves étrangers, provenant d'une centaine de pays, dans le cadre de ses deux cycles internationaux. Chaque promotion compte une quarantaine élèves étrangers représentant une trentaine de nationalités pour une centaine d'élèves français, tous suivent là une formation identique.
Par ailleurs, l'école entretient une active coopération administrative avec de nombreux partenaires étrangers, pour le transfert d'ingénierie éducative et administrative, à travers l'organisation de nombreux séminaires avec des institutions partenaires.
Soucieuse de conforter la place de l'administration française dans le monde, l'ENA a encore intensifié sa politique d'échanges internationaux depuis l'intégration des services de l'Institut international d'administration publique en son sein, début 2002.
Formation permanente et recherche
Destinées aux cadres supérieurs de la fonction publique, les sessions de formation permanente se sont diversifiées tout en privilégiant l'interministérialité par la confrontation d'expériences différentes et la mise en commun des savoir-faire utiles à la modernisation de la fonction publique.
En sus de la formation initiale des cadres supérieurs de la fonction publique française, l'ENA offre également de nombreuses possibilités de formation continue et assure une mission de recherche dans ce qu'il est convenu d'appeler les « sciences administratives ».
L'ENA assume également une mission de recherche en sciences administratives :
- en développant toute une série de colloques sur les grands enjeux de la fonction publique,
- en encourageant les travaux de recherche de ses élèves sur des questions d'actualité,
- en multipliant les comparaisons des différents systèmes administratifs étrangers,
L'ENA et les élites françaises
Une forte majorité de ceux qui contrôlent la vie politique et économique en France sont issus de ses rangs. Ce phénomène a été étudié par Pierre Bourdieu.
