Infrastructure à clés publiques

Une PKI (Public Key Infrastructure), aussi communément appelée IGC (Infrastructure de Gestion de Clefs) ou ICP (Infrastructure à Clefs Publiques), est un ensemble de composants physiques (des ordinateurs, des cartes à puces), de procédures humaines (vérifications, validation) et de logiciels (système) en vue de créer et de gérer le cycle de vie des certificats numériques.

La création des certificats numériques est en soi relativement simple; ce qui fait la complexité d'une PKI, c'est l'ensemble des mécanismes de contrôle interne pour les différentes opérations de création, de renouvellement, de révocation voire de recouvrement des certificats. Ces précautions sont liées au fait que les certificats numériques peuvent avoir une valeur légale en permettant une signature électronique équivalent à une signature manuscrite.

Il existe deux scénarios possibles de cycle de vie d'un certificat numérique:

Usuellement, on distingue deux familles de certificats numériques, les certificats de signature (utilisés pour signer des e-mails ou s'authentifier sur un site web) et les certificat de chiffrement (les gens qui vous envoient des e-mails utilisent la partie publique de votre certificat pour chiffrer le contenu que vous serez seul à pouvoir déchiffrer). Mais cette typologie n'est pas exhaustive; un découpage plus orienté applicatif pourrait être envisagé. L'intérêt de la séparation des usages découlent notamment des problématiques de séquestre de clés et de recouvrement. En effet, lorsqu'il a chiffrement il peut y avoir nécessité de recouvrer les informations chiffrées. ALors que lorsqu'il y a signature, il est indispensable de s'assurer que la clé privé n'est possédé que par une seule partie.

Les PKI (comme définie par l'IETF) se scindent en 5 entités distinctes:

Sommaire

Nature et composition d'un certificat électronique

Un certificat électronique est une donnée publique. Suivant la technique des clefs asymétriques, à chaque certificat électronique correspond une clef privée, qui doit être soigneusement protégée.

Un certificat numérique porte les caractéristiques de son titulaire: si le porteur est un être humain, cela peut être son nom et son prénom, le nom de sa structure (par exemple, son entreprise ou son ... État!) et de son entité d'appartenance. Si c'est un équipement informatique (comme une passerelle d'accès ou un serveur d'application sécurisé), le nom est remplacé par l'URI du service. A ces informations d'identification s'ajoute la partie publique du biclef.

L'ensemble de ces informations (comprenant la clef publique) est signé (c'est à dire, dans un sens, sanctifié) par l'Autorité de Certification de l'organisation émettrice. Cette Autorité a la charge de:

Le certificat numérique est donc, à l'échelle d'une organisation, un outil pour témoigner, de façon électroniquement sûre, d'une identité.

L'usage conjoint des clefs cryptographiques publique (contenue dans le certificat) et privée (protégée par l'utilisateur, par exemple au sein d'une carte à puce), permet de disposer de fonctions de sécurité importante (cf. infra).

Comment sont délivrés et gérés les certificats numériques

Un certificat numérique naît après qu'une demande de certificat ait abouti.

Une demande de certificat est un fichier numérique (appelé soit par son format, PKCS#10, soit par son équivalent fonctionnel, CSR pour Certificate Signing Request) qui est soumis à une Autorité d'Enregistrement par un utilisateur final ou par un administrateur pour le compte d'un utilisateur final.

Cette demande de certificat est examinée par un Opérateur d'Autorité d'Enregistrement. Cette position est une responsabilité clef: c'est lui qui doit juger de la légitimité de la demande de l'utilisateur et accorder, ou non, la confiance de l'organisation. Pour se forger une opinion, l'Opérateur doit suivre une série de procédures, plus ou moins complètes, consignées dans deux documents de référence qui vont de pair avec la création d'une PKI qui sont la Politique de Certification (PC) et la Déclaration des Pratiques de Certification (DPC). Ces documents peuvent exiger, en fonction des enjeux de la certification, des vérifications plus ou moins poussées: rencontre en face-à-face, validation hièrarchique, etc. L'objectif de l'Opérateur d'AE est d'assurer que les informations fournies par l'utilisateur sont exactes et que ce dernier est bien autorisé à solliciter la création d'un certificat.

Une fois son opinion formée, l'Opérateur de l'AE valide la demande ou la rejette. S'il la valide, la demande de certificat est alors adressée à l'Autorité de Certification (AC). L'AC vérifie que la demande a bien été validée par un Opérateur d'AE digne de confiance et, si c'est le cas, signe la CSR. Une fois signée, une CSR devient ... un certificat.

Le certificat, qui ne contient aucune information confidentielle, peut par exemple être publiée dans un annuaire d'entreprise: c'est la tache du Module de Publication, souvent proche de l'AC.

Les différents modes de création des certificats numériques

Il existe deux façons distinctes de créer des certificats électroniques: le mode centralisé et le mode décentralisé


Le mode décentralisé est préconisé pour les certificats d'authentification (pour des questions de coût, parce qu'il est plus simple de refaire un certificat en décentralisé qu'à recouvrer une clef) et de signature (parce que les conditions d'exercice d'une signature juridiquement valide prévoit que le signataire doit être le seul possesseur de la clef: en mode décentralisé, la PKI n'a jamais accès à la clef privée).

Le mode centralisé est préconisé pour les certificats de chiffrement, car, lorsqu'un utilisateur a perdu sa clef (par exemple, sa carte est perdue ou dysfonctionne), un opérateur peut, au terme d'une procédure de recouvrement, récupérer la clef de chiffrement et la lui remettre. Chose qui est impossible à faire avec des clefs qui n'ont pas été séquestrées.

Pourquoi mettre en place une PKI ?

Une PKI délivre des certificats numériques. Ces certificats permettent d'effectuer des opérations cryptographiques, comme le chiffrement et la signature numériques. Ces opérations offrent des garanties lors des transactions électroniques:

Les PKI facilitent l'obtention de ses garanties en permettant la distribution et la vie des certificats numériques.

Voir aussi

Liens externes


Image manquante
Key-crypto-sideways.png


Portail Cryptologie - Accédez d'un seul coup d’œil à toute la série des articles « Cryptologie » de Wikipédia.

See also: Infrastructure à clés publiques, Authentification, Certificat numérique, Certificat électronique, Chiffrement, Chiffrer, Cryptographie, Cryptographie asymétrique