Abstention
Note : cet article traite principalement de l'abstention politique
L'abstention lors d'une élection, est une pratique qui consiste à ne pas participer à l'exercice du droit de suffrage alors que l'on est inscrit (ou non) sur les listes électorales. Les personnes qui se sont abstenues sont appelées des abstentionnistes. Les personnes qui ont voté blanc ou nul ne sont généralement pas considérées comme abstentionnistes mais le résultat est identique : leur choix n'est pas pris en compte.
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Calcul du taux d'abstention
Le taux d'abstention est le pourcentage de gens, inscrits sur les listes électorales, et qui n'ont votés pour aucun candidat inscrits.
Pour les élections politiques en France l'inscription est un droit, les gens non inscrits ne peuvent ni voter, ni participer à la vie publique en se présentant sur les listes électorales.
Réglementations des élections publiques
L'abstentionnisme, d'un point de vue légal, n'a pas de reconnaissance sur le résultat d'un scrutin public. Certains pays ont pensé changer leur Constitution en cas d'abstention très élevée (les taux de 70% ou 80% ont été évoqués) à des élections majeures, comme les législatives, mais jamais ces projets de lois n'ont aboutis.
Les raisons possibles
Les raisons de l'abstention peuvent être multiples. Cela peut être que :
- l'électeur a oublié de voter
- l'électeur ne veut pas voter
- l'électeur n'a pas songé ou a refusé le vote par procuration
- l'électeur ne désire pas choisir de nouvelles autoritées politiques, par quelques moyens que ce soit.
- l'électeur laisse choisir les autres à sa place
- l'électeur ne souhaite pas choisir d'élus , considérant qu'ils ne se géneront pas, par le pouvoir acquis, pour décider de ses conditions de vie sans son accord.
- l'électeur ne se sent pas concerné par l'élection
- l'électeur pense que son vote n'est pas important
- l'électeur veut sanctionner les dirigeants en place ou les responsables politiques en général en montrant son désintérêt de la vie politique
- l'électeur ne veut pas participer à une élection qu'il juge injuste
- l'électeur ne veut pas légitimer un système politique qu'il refuse (les organisations notamment anarchistes et communistes révolutionnaires appellent très souvent à l'abstention)
Combattre l'abstention
Suivant les raisons qui poussent les personnes à ne pas voter, plusieurs solutions sont envisageables.
Une des solutions évoquées sur usenet est le Vote négatif. Soit en même temps qu'un vote normal, soit en votant/désignant pour celui que l'on ne veut pas, celui qui a le moins de voix qui gagne.
Une autre méthode est de rendre le vote obligatoire. Cette solution semble efficace en Belgique. Elle lui permet d'avoir l'un des taux d'abstention parmi les plus bas d'Europe (environ 9% pour les Élections européennes de 2004, alors que la moyenne de l'Union européenne est de 44%). Il y a sanction financière en cas d'abstention. L’obligation a par la suite été adoptée dans de nombreux pays : Luxembourg, Pays-Bas, Italie, Danemark, Grèce, en Autriche, dans certains cantons suisses , mais aussi hors de l’Europe : Australie , Turquie, Costa Rica, Brésil, Argentine.Les votes blancs sont comptabilisés et remis au parti qui aura eu la majorité, ce qui augmente son résultat. L’obligation du vote réduit fortement le taux d’abstention, pourtant cette institution reste fort discutée : Ses opposants lui reprochent de ne pas prendre en compte les raisons poussant les électeurs à l’abstention . A cela, ses partisans répondent qu’ils peuvent se servir du vote blancs et qu’ils peuvent inscrire sur les bulletins ce qu’ils pensent des partis ou des personnalités en place, cela se fait déjà par de nombreuses personnes.
D'autres méthodes existent, comme expliquer le fonctionnement des institutions politiques, de manière à faire mieux comprendre les raisons pour lesquelles voter est important, ou encore débattre ouvertement des points de vues qui séparent les différents partis politiques.
Dans les méthodes pour que les gens s'informent mieux, le système de vote par pondération, par classement des candidats, est souvent proposé, notamment la méthode d'élection Condorcet.
Une autre méthode proposée serait de donner réellement le pouvoir aux populations dans les choix politiques de leur vie, par le moyen du mandatement impératif plutôt que la représentation majoritaire. Mais en france, le mandatement impératif est considéré comme nulle par la constitution, donc illégale.
L'abstention comme acte politique
L'abstentionisme peut être un acte politique de personnes qui considèrent que le régime représentatif/parlementaire n'est pas démocratique au sens originel du terme (au sens de la démocratie directe).
L'abstention aujourd'hui
C'est généralement dans les démocraties bien établies, que l'on retrouve des taux d'abstention élevés. Dans la plupart des pays qui ne connaissent pas d'élections démocratiques, les gens souhaitent pouvoir élire leurs représentants.
En France
En France, le vote est obligatoire seulement pour les élections sénatoriales par les grands électeurs (conseillers généraux, régionaux , municipaux, et députés ) qui se voient en cas d’abstention, infliger une amende symbolique de 4.58 E.
Voici une liste des taux d'abstention (des inscrits) durant les dernières élections européennes, nationales et locales en France :
Élections européennes
Élections présidentielles
- 2002 :
- 1995 :
- 1988 :
- 1981 :
- 1974 :
- 1969 :
- 1965 :
- 5 décembre (premier tour) : 15,3%
- 19 décembre (second tour) : 15,7%
Élections législatives
- 2002 :
- 1997 :
- 1993 :
- 1988 :
- 1986 :
- 16 mars (premier tour) : 21,5%
- 1981 :
- 1978 :
- 1973 :
- 1968 :
- 1967 :
- 1962 :
- 18 novembre (premier tour) : 31,3%
- 25 novembre (second tour) : 27,9%
- 1958 :
- 23 novembre (premier tour) : 22,8%
- 30 novembre (second tour) : 25,2%
Référendums
- 28 septembre 1958 (Approbation de la Constitution de la Cinquième République) : 15,1%
- 8 janvier 1961 (Autodétermination en Algérie) : 23,5%
- 8 avril 1962 (Accords d'Évian sur l'indépendance de l'Algérie) : 24,4%
- 28 octobre 1962 (Election du Président de la République au suffrage universel direct) : 22,8%
- 27 avril 1969 (Création des régions et réforme du Sénat) : 19,4%
- 23 avril 1972 (Élargissement de la CEE) : 39,5%
- 3 novembre 1988 (Statut de la Nouvelle-Calédonie) : 63%
- 20 septembre 1992 (Approbation du Traité de Maastricht) : 30,3%
- 24 septembre 2000 (Quinquennat) : 69,8%
Élections régionales
Élections cantonales
Consultations locales
- 6 juillet 2003 : Consultation des électeurs de Corse sur la modification du statut particulier de la collectivité territoriale : 39,48%
Élections municipales
- 2001 :
- premier tour : 32,6%
- second tour : 31%
- 1995 :
- premier tour : 30,6%
- second tour : 30%
- 1989 :
- premier tour : 27,2%
- second tour : 26,9%
- 1983 :
- premier tour : 21,6%
- second tour : 20,3%
- 1977 :
- premier tour : 21,1%
- second tour : 22,4%
- 1971 :
- (premier tour : 24,8%
- second tour : 26,4%
- 1965 :
- premier tour : 21,8%
- second tour : 29,2%
- 1959 :
- premier tour : 25,2%
- second tour : 26,1%
Significations non électorales
Abstention d'héritier
C'est lorsque l'héritier désigné dans un testament, veut que l'héritage revienne aux héritier naturels. Certaines associations qui sont désignées comme héritier unique d'une fortune,
Abstention de lieu
C'est une punition qui est infligée à une personne offensante, à aller sur les lieux où elle avait offensé ces personnes.
