Accident nucléaire
Lorsqu'un événement qui risque d’entraîner une émission de matières radioactives ou un niveau de radioactivité susceptible de porter atteinte à la santé publique survient, il est qualifié d'incident ou d'accident nucléaire en fonction de sa gravité et de ses conséquences sur les populations et l'environnement.
Les accidents radiologiques peuvent survenir dans une centrale nucléaire ou en dehors, soit dans un établissement exerçant une activité nucléaire (hôpital, laboratoire de recherche ...) soit du fait de la perte d’une source radioactive, soit par dissémination involontaire ou volontaire de substances radioactives dans l’environnement.
Pour mesurer la gravité d'un événement, une échelle internationale existe : l'échelle INES.
Les événements qui surviennent en France chaque année ne sont généralement pas classés ou sont classés au niveau 1 de l'échelle INES.
En 1999, 3 événements ont été classés au niveau 2 de l'échelle, et aucun aux niveaux supérieurs.
En 2002, 1 événement a été classé au niveau 3 de l'échelle et un autre au niveau 2, aucun aux niveaux supérieurs.
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Accidents nucléaires
Les principaux accidents nucléaires sont
- 1957, Windscale (Grande-Bretagne)
- 1979 Three Mile Island (USA) magnitude de 5 selon l'échelle INES.
- 26 avril 1986 Tchernobyl (Ukraine) magnitude de 7 selon l'échelle INES.
- 1999 Tokaimura (Japon), magnitude de 4 selon l'échelle INES. Cette accident est survenu le 30 septembre dans le nord de l'archipel, non loin de Rokkasho-mura. L'introduction dans la cuve de décantation, suite à une erreur humaine de manipulation, d'une quantité anormalement élevée d'uranium (16 kg) dépassant très largement la valeur de sécurité (2,3 kg), est à l'origine de la réaction de criticité. Cet accident a exposé plus de 600 riverains à des radiations importantes et tué deux des ouvriers de la centrale. Cet accident est considéré comme le plus grave après Tchernobyl.
- 12 août 2000 : Naufrage du sous marin russe Koursk lors d'un exercice.
- 2004 : l'accident survenu à Mihama au Japon a tué cinq personnes et blessé sept autres, à la suite d'une fuite de vapeur.
Pour une liste plus complète, voir Liste des accidents nucléaires.
Les procédures en cas d'accident en France
En cas d'incident ou d'accident nucléaire, l'exploitant met en œuvre son Plan d'Urgence Interne (PUI) et prend toutes les mesures nécessaires concernant la centrale en matière de sûreté et de radioprotection. Il informe dans le même temps les autorités concernées chargées de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, ainsi que notamment le Préfet.
Au niveau local
Les responsables opérationnels en situation de crise sont le Préfet et l'exploitant de l'installation (Électricité de France, le CEA ou la COGEMA). Le Préfet est responsable de la sécurité des personnes et des biens à l'extérieur de l'installation. Lorsqu'un incident ou un accident survient dans une installation, et si le niveau de gravité le justifie, il déclenche le Plan Particulier d'Intervention (PPI) propre à l'installation touchée. Ce plan, de la responsabilité des pouvoirs publics, prévoit l'organisation de l'ensemble des moyens de secours et d'intervention disponibles. Le Préfet a charge en outre de veiller à l'information du public et des élus.
Les PPI sont consultables sur le site de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).
Au niveau national
Les départements ministériels concernés travaillent en étroite collaboration avec le Préfet. Tout comme l'exploitant, ils lui fournissent informations et avis susceptibles de l'aider à apprécier l'état de l'installation, l'importance de l'incident ou de l'accident. Au ministère de l'Intérieur, le principal intervenant est la Direction de la Sécurité Civile. Elle agit en coordination avec la Direction Générale de la Police Nationale pour mettre en place toutes les mesures de prévention et de secours indispensables à la sauvegarde des personnes et des biens.
La direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR), direction sous tutelle conjointe du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, du ministère chargé de l'environnement, du ministère de l'emploi et de la solidarité, est chargée d'étudier la sûreté et la radioprotection dans les installations nucléaires, avant délivrance par les ministères des autorisations de création, démarrage, modifications, arrêt définitif, démantèlement et d'en assurer l'inspection. L'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) est un institut chargé des études en matière de sûreté nucléaire et servant d'appui technique à la direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection. L'IRSN est sous la tutelle conjointe du ministère de la défense, du ministère chargé de l'environnement, du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, du ministère de la recherche, du ministère de la santé.
Enfin, le Secrétariat Général du Comité Interministériel de la Sécurité Nucléaire (SGCISN) coordonne l'action des différents départements ministériels. Il informe en permanence le Président de la République et le Premier ministre sur l'évolution de la situation. Il élabore les messages à transmettre à l'AIEA, aux États voisins et à la Commission Européenne pour notifier une situation d'urgence radiologique. Dans le cas d'un accident grave survenu hors de nos frontières mais susceptible d'entraîner des conséquences radiologiques en France, le SGCISN déclencherait le dispositif de crise.
Les incidents et accidents se produisant un France sont répertoriés sur le site de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).
Au plan technique
La Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR) met en place une cellule de crise avec l'appui technique de l'IRSN (l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) et maintient un contact étroit avec l'exploitant. Son rôle est triple :
- un rôle d'analyse : elle évalue la situation et suit l'évolution de l'incident ou de l'accident;
- un rôle de conseil : elle émet périodiquement avis et recommandations sur la conduite à suivre et l'évolution prévisible de la situation, à l'attention du Préfet afin que celui-ci prenne si nécessaire des mesures de protection de la population;
- un rôle d'information des médias et de la population.
Les actions de protections des populations
Les débuts et fin de l'alerte sont données par sirène et à la radio.
Mise à l'abri
Rejoindre un bâtiment en dur, fermer les portes et fenêtres, arrêter les ventilation mécaniques. Si vous pensez avoir été touché par des produits toxiques ou radioactifs répandus lors de l'accident, douchez-vous, changez de vêtements et présentez vous à un médecin dès la fin de l'alerte.
Ecoutez la radio
Ecoutez la radio pour connaître les consignes à suivre.
Ne téléphonez pas
Libérez les lignes pour les secours
Absorption d'iode stable
La protection de la glande thiroïde est réalisé par absorption d'iode stable afin de prévenir la fixation ultérieure d'iode radiactif.
Les pouvoirs publics ont pris en avril 1996 la décision de faire procéder à une distribution préventive individuelle de comprimés d'iode stable autour des installations nucléaires susceptibles de rejeter de l'iode radioactif en cas d'accident. La prescription préconisée est : un comprimé de 130 mg d'iodure de potassium (soit 100 mg d'iode stable) pour l'adulte et la femme enceinte, un demi-comprimé pour les enfants de 18 mois à 12 ans et seulement un quart de comprimé au-dessous de 18 mois.
C'est le préfet qui décide si la situation nécéssite la prise de comprimé d'iode stable.
Evacuation
Cette mesure a pour but de soustraire les populations à l'influence des rejets radioactifs. Cette évacuation peut être temporaire ou définitive suivant le degrés de contamination de la zone. L'accident de Tchernobyl a nécéssité l'évacution d'une zone de 30 km autour de la centrale.
Autres actions de protection
Suivant les cas : interdiction de consommer les produits agricoles ou l'eau.
Limite d'exposition à la radioactivité
La limite est fixée à 1 millisieverts pour le grand public et 20 millisieverts pour les travailleurs du nucléaire (voir aussi Conséquences pour la santé de l'exposition aux rayonnements ionisants).
La gravité des effets augmente en fonction de la dose reçue, du mode (irradiation, inhalation, ingestion), de la durée et aussi selon l’âge de la personne. En cas d'accident, le médecin détermine à partir d'analyses médicales la dose reçue.
| Exposition | Degré de gravité | Symptômes |
|---|---|---|
| Quelques millisieverts | Irradiation naturelle | |
| Quelques centaines de millisieverts | Aucun effet immédiat | Possibilité de nausées passagères et légère fièvre |
| Entre 1 000 et 2 000 millisieverts | Effet médical notable | Vomissements, fatigue,
fièvre, risques d'infection |
| Entre 2 000 et 4 000 millisieverts | Effet médical grave | Vomissements précoces, fièvre, troubles digestifs, hémorragies, chute de cheveux |
| Entre 4 000 et 10 000 millisieverts | Probabilité importante de décès | Idem, avec en plus des signes neurologiques (vertiges, désorientations) |
| Supérieur à 10 000 millisieverts | Décès |
Prévention
- La Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR) procède périodiquement à des essais de vérification du bon fonctionnement du système d’alerte de ses agents et de ceux des DRIRE.
- L’ASN prépare chaque année un programme d’exercices nationaux de crise nucléaire, annoncé aux préfets par une circulaire conjointement signée par Direction de la défense et de la sécurité civile (DDSC), la Direction générale de la santé (DGS) et le Secrétariat Général du Comité Interministériel de la Sécurité Nucléaire (SGCISN).
Articles connexes
- Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
- Liste des accidents nucléaires
- Contamination radioactive
Liens externes
- Autorité de sûreté nucléaire
- Agence pour l'énergie nucléaire (AEN)
- IRSN : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire
- Prim.net : dossier d'information sur le risque nucléaire
