Acharisme
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Acharisme ou ach`arisme ou ash`arisme cette dernière graphie étant plus anglo-saxonne mais néanmoins utilisée dans des ouvrages en français (arabe: الأَشَاعِرَة al-ašā`ira, l'école acharite).
L'acharisme est la doctrine religieuse musulmane développée par Abû Al-Hasan Al-Ach`arî (mort en 963). Al-Ach`arî est issu d'une tribu yémenite dont il porte le nom. D'abord adepte du mutazilisme, Al-Ach`arî s'en sépara au moins sur deux points essentiels:
- Il récuse la thèse du libre arbitre et reprend celle de la prédestination.
- Il reprend la thèse du Coran éternel et incréé niée par les mutazilites.
Il se différentie des traditionalistes tels que les hanbalites par le besoin d'ajouter le raisonnement à la révélation contenue dans le Coran et la sunna. Ce raisonnement théologique est appelé kalâm (arabe: عِلم الكَلام `ilm al-kalām, science du discours; théologie scolastique). Les acharites ont permis que les méthodes rationnelles continuent d'être appliquées aux sciences et aux technologies, mais pas à la morale et à la théologie où l'on doit s'en tenir à l'imitation (taqlid).
L'acharisme fut ensuite repris par Abû Hamid Al-Ghazali (mort en 1111) qui sur le point de la prédestination, prend le contre pied de la position des mutazilites. Dieu n'a de compte à rendre à personne et n'a à se soumettre à aucune loi, l'univers est parfait comme il est sans que rien ne puisse y être amélioré. La condition de chaque humain n'est l'objet d'aucune injustice car ce serait contraire au principe de la justice divine: les misères de la vie terrestre sont certes des pertes sur terre, mais elles sont aussi des gains dans l'au-delà. Sans la nuit, le jour n'aurait pas de valeur. Sans la maladie, la santé ne serait pas si appréciable. Si l’imperfection n’avait pas été créée, la perfection resterait inconnue.
Dans son ouvrage intitulé La ruine de la philosophie. Il s'agit de prendre le contre-pied de la philosophie rationnelle grecque. Son influence est très profonde sur tout le monde musulman jusqu'à notre époque.
Averroès (1126-1198) riposta avec La ruine de la ruine mais ses ouvrages seront brûlés en place publique.
Lorsque Atatürk reversa le khalifat Ottoman en 1924, il se méfiait tellement de la pensée acharite, très influente à l'époque en Turquie, qu'il fit interdire l'édition en turc moderne (en caractères latins) des œuvre de Al-Ghazali.
