Agriculture raisonnée
L’agriculture raisonnée est un système de production agricole dont l’objectif premier est d’optimiser le résultat économique en maitrisant les quantités d’intrants, et notamment les substances chimiques utilisées (pesticides, engrais) dans le but de limiter leur impact sur l’environnement.
Le concept est né d’une démarche conjointe de la FNSEA, de l’industrie agro-alimentaire, de l’industrie agro-pharmaceutique et de la grande distribution
L’expression est assez ambiguë car elle laisse entendre que les agriculteurs traditionnels seraient dépourvus de bon sens. L’agriculture raisonnée met en avant la notion de plafond d’efficacité : au delà d’un certain seuil, les moyens mis en œuvre ne sont plus rentables. Le peu de rendement/surface gagné coûte plus cher en terme économique et écologique qu’il ne rapporte.
Ainsi, bien que prudente en matière d’utilisation d’intrants, l’agriculture raisonnée admet l’utilisation de la plupart des techniques de l’agriculture productiviste : engrais chimiques, aliments énergétiques pour les animaux, sélection des plantes et des animaux pour améliorer leurs performances, produits phytosanitaires de synthèse pour la protection des plantes et antibiotiques pour les animaux. Mais elle les intègre dans un cadre de gestion globale de l’exploitation agricole prenant en compte l’ensemble de l’environnement physique, social, économique, ainsi que les spécificités biologiques du territoire.
En France, l’agriculture raisonnée est promue par le groupe FARRE, Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement, qui affirme sa compétitivité face à l’agriculture intensive, tout en soulignant les bénéfices environnementaux qui l’accompagnent.
Des associations comparables à FARRE existent dans six pays européens. Elles se sont regroupées au sein de l’EISA (European Initiative for Sustainable development in Agriculture), mais il n’existe pas de législation commune européenne sur ce sujet.
Elle bénéficie, en France, d’un cadre officiel sous la forme d’un cahier des charges adopté par le Conseil supérieur d’orientation et de coordination de l’économie agricole et alimentaire (CSO) en mai 2002. Ce référentiel comprend 98 critères se rapportant à tous les aspects d’une gestion globale : formation, traçabilité, gestion des déchets, sécurité du travail, fertilisation et protection des cultures, santé et bien-être des animaux, biodiversité, etc. Ils laissent une certaine liberté d’appréciation à l’agriculteur, dans une philosophie de responsabilité et de gestion raisonnable qui caractérise ce type d’agriculture. Ces restrictions beaucoup plus limitées que celles imposées à l’agriculture biologique, attirent de ce fait de nombreux agriculteurs qui peuvent ainsi satisfaire la demande de certification de leurs clients sans modifier profondement leurs méthodes.
Les opposants à ce type d’agriculture soulignent que celle-ci ne peut guère prétendre se classer comme agriculture soutenable, mais espèrent que la sensibilisation des agriculteurs aux aspects environnementaux les poussera à se tourner par la suite vers l’agriculture biologique.
