Aïkido
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c.-à-d. technique debout, deuxiéme principe, forme avant
L'aïkido (合気道) est un budo (art martial japonais) essentiellement défensif, fondé par Morihei Ueshiba au cours du XXe siècle, entre 1930 et 1960, mais basé sur des écoles d'arts martiaux bien plus anciennes (essentiellement le jujutsu de l'école Daïto ryu et l'escrime ou kenjutsu). Il est le résultat de la volonté de Maître Ueshiba de rendre l'étude des arts martiaux accessible au plus grand nombre, et « d'intégrer par le corps les énergies harmonieuses à l'œuvre dans l'univers ».
L'aïkido se compose, pour l'essentiel, de techniques de défense à mains nues utilisant la force de l'adversaire, ou plutôt son agressivité et sa volonté de nuire. Ces techniques visent non pas à vaincre l'adversaire, mais à réduire sa tentative d'agression à néant. L'aïkido peut être considéré comme la concrétisation du concept de légitime défense : une réaction proportionnée et immédiate à une agression. En fait, dans l'esprit de l'aïkido, il n'y a pas de combat, puisque celui-ci se termine au moment même où il commence. Conformément à cette logique, il n'existe pas de compétition d'aïkido.
Le terme aïkido (aikidô en japonais) est composé de 3 kanji signifiant:
- 合 Ai : L'harmonisation
- 気 Ki : Esprit, énergie
- 道 Dô : La voie
Aïkido peut donc se traduire par « la voie de l'harmonie des énergies ».
L'aïkido est pratiqué par des femmes et des hommes de toutes tailles et âges. Le but de la pratique est de s'améliorer, de progresser (s'assouplir, se muscler...) dans la bonne humeur (Morihei Ueshiba insistait beaucoup sur ce point). Ne montrant que des techniques respectant le partenaire, il peut difficilement être utilisé tel quel en cas d'agression réelle (dans ce cas là, il n'y a pas de respect de l'adversaire et il faut le neutraliser au risque d'être blessé ou tué) à moins d'atteindre un haut niveau de maîtrise ; par ailleurs, pour des raisons pédagogiques, les mouvements sont montrés avec une grande amplitude, alors qu'en combat réel il vaut mieux avoir des mouvements courts (rapides et économisant l'énergie) — notez que les mouvements se raccourcissent spontanément avec la tension nerveuse (stress) de l'agression, ils raccourcissent également au fur et à mesure que l'on progresse. En revanche, l'aïkido permet de se préparer physiquement (souplesse, rapidité, musculature), mentalement (rester calme) et tactiquement (respecter la distance de sécurité, trouver l'ouverture, se placer, gérer plusieurs attaques simultanées).
Le premier Dôjô créé par Maître Ueshiba s'appelle l'Aïkikaï et se trouve à Tokyo, dans le quartier de Shinjuku. Morihei Ueshiba est fréquemment surnommé O senseï (littéralement « grand professeur ») par les pratiquants, en raison de la maîtrise qu'il avait des arts martiaux.
Il y a plusieurs formes d'aikido aujourd'hui, comme il y a plusieurs formes de corps qui le pratiquent.
La forme la plus répandue de l'aïkido doit beaucoup à Kisshomaru Ueshiba, le premier doshu (référent mondial pour la pratique) et fils du créateur. En effet, l'aïkido était essentiellement enseigné sous la forme d'une expérience, par la pratique. Cette manière d'enseigner, typique des écoles traditionnelles (ryu), était peu adaptée à la mentalité moderne et à la volonté de diffusion internationale. Kisshomaru fit donc un grand travail de « verbalisation », en mettant en place une nomenclature des techniques et en mettant en avant la transmission verbale en plus de la démonstration par l'exemple.
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La pratique à mains nues
Le fondateur de l'aïkido ne voulait pas entendre parler de compétition. L'emphase est mise sur le développement de l'individu (corps/esprit). Pendant les cours, les élèves observent le maître faire la démonstration d'une technique et travaillent ensuite avec un partenaire pour la répliquer. Ils améliorent ainsi leur technique et leur compréhension de l'art. Le mouvement, le positionnement, la précision et le rythme (timing) sont tous des aspects importants dans l'exécution des techniques. Les élèves gagnent également en souplesse et adaptation en les appliquant.
Les aïkidokas s'entraînent ensemble comme partenaires. L'« attaquant » (uke, littéralement « celui qui accepte, qui chute », également appelé aïte dans [3], littéralement « celui qui prète sa main ») déclenche une attaque contre le « défenseur » (tori, également appelé shi dans [1], et parfois nage), qui la neutralise avec une technique d'aïkido.
En général, on étudie la technique de la manière suivante : le professeur montre le mouvement, puis le partenaire uke attaque tori quatre fois (deux fois de chaque côté : droite et gauche alternativement), puis les partenaires échangent les rôles pour 4 nouvelles attaques et ainsi de suite. Lorsque plusieurs mouvements ont été vus à partir d'une même attaque, le professeur peut faire travailler en « technique souple » (jiu waza) : le rôle uke et tori ne change pas, uke se relève après chaque mouvement et réattaque immédiatement tori qui applique la technique qu'il veut ; on travaille alors principalement le placement et le mouvement du corps ainsi que l'endurance (cardio-vasculaire). Parfois, tori est assailli par plusieurs uke, afin de travailler la réponse à une attaque de groupe (on appelle ce travail randori bien que cela soit différent du combat libre pratiqué au judo).
Composantes d'un mouvement
Les attaques de l'aïkido comprennent des coups et des prises standard :
- coup de poing direct (tsuki),
- coups au visage avec le tranchant de la main, de face (shomen uchi) ou de côté (yokomen uchi),
- les saisies par devant (dori) ou par derrière (ushiro waza dori)
- du poignet (katate dori) : ce mouvement avait pour but d'empêcher l'adversaire de dégainer son sabre ; on peut avoir une saisie du poignet opposé (aï hanmi katate dori, par exemple uke saisit le poignet droit de tori avec sa main droite), une saisie du poignet faisant face (gyaku hanmi katate dori, par exemple la main gauche de uke saisit le poignet droit de tori), une saisie d'un poignet avec les deux mains (ryote dori) ou une saisie des deux poignets (ryo katate dori) ;
- de l'épaule (kata dori) ou des deux épaules (ryo kata dori) ;
- ou du vêtement au niveau de la poitrine (muna dori),
- les étranglements (jime ou shime).
Il y a généralement trois parties dans une défense aïkido :
- premièrement, tori évite l'attaque soit en s'esquivant par une rotation (« tenkan », tourner), soit en se rapprochant de uke (« irimi », entrer) pour mieux le contrôler ; parfois, tori porte un coup à un « point vital » de uke (atemi) afin de permettre le mouvement (pour éviter une contre-attaque ou provoquer un déséquilibre initial) ;
- deuxièmement, tori déséquilibre uke par un mouvement du corps, relayé par une prise ou une poussée.
- troisièmement, soit tori projette uke (nage), soit il utilise une clef du bras ou une clef de jambe pour amener le uke au sol et le contrôler (gatame).
Les clefs de bras (ou armlock en anglais) sont des torsions pouvant amener jusqu'à la luxation (déboîtement de l'articulation), et qui créent une douleur vive si l'on essaie de résister.
Richesse des mouvements
Omote et ura
La plupart des techniques peuvent se pratiquer de deux manières : en passant devant uke (la forme s'appelle omote) ou bien en passant derrière uke (la forme s'appelle alors ura).
Les techniques omote nécessitent de passer devant l'adversaire et donc de s'exposer à une attaque. Elle sont de fait martialement moins crédibles, et leur réussite nécessite de porter un atemi (un coup), marqué ici de manière symbolique, pour déséquilibrer l'adversaire et le surprendre.
À l'origine, les techniques omote étaient montrées aux élèves extérieurs des écoles de jujutsu, et les techniques ura, plus efficaces, étaient des techniques secrètes enseignées uniquement aux élèves internes à l'école. Les techniques omote ont été conservées dans l'aïkido en raison de leur intérêt pédagogique : étant plus périlleuses, elles exigent plus de rigueur et de précision.
Irimi et tenkan
C'est le mouvement des hanches (goshi) de tori qui constitue le principal moteur des techniques, que ce soit pour s'approcher (irimi, « entrer ») ou pour tourner (tenkan). En effet, les hanches sont mues par les jambes, qui sont les muscles les plus puissants du corps ; le reste du corps (torse, bras) ne sert qu'à relier les hanches de uke à celles de tori pour leur transmettre le mouvement et provoquer la chute. Dans la symbolique japonaise, c'est le seika tanden (le « centre des énergies », situé dans le ventre hara, donc associé aux hanches) de tori qui est le centre du mouvement.
Tous les mouvements ont donc une combinaison irimi-tenkan. La rotation (tenkan) est parfois appelée taï sabaki (rotation du corps) ou goshi sabaki (rotation des hanches, puisque le mouvement du corps est en fait le mouvement des hanches).
Les techniques utilisent soit :
- uniquement le principe irimi : tori se rapproche de uke ce qui lui permet d'esquiver l'attaque (l'attaque passe « derrière » tori) et de le déséquilibrer (de « prendre son centre ») ; ce sont les techniques les plus directes, mais aussi les plus compliquée à mettre en œuvre, le principal défaut des débutants étant leur tendance naturelle d'entrer en utilisant le force ;
- uniquement le principe tenkan : le corps s'eface, laissant passer l'attaque, et tori guide uke ; uke suit une trajectoire circulaire dont le centre est tori ;
- une combinaison irimi-tenkan : tori entre puis pivote ;
- une combinaison tenkan-irimi : tori pivote, puis entre pour prendre le centre de uke.
Techniques debout et à genoux
Les Japonais vivent beaucoup assis à même le sol, ils ont donc développé les techniques pour pouvoir faire face à une attaque alors qu'ils sont assis. Les mouvements peuvent donc se faire lorsque les deux partenaires sont debout (tachi waza, 立技), lorsque les deux partenaires sont assis (suwari waza, 座技), ou bien lorsque uke (l'attaquant) est debout et tori (le défenseur) est assis (hanmihandachi waza, 半身はんだち技).
Travail à genoux : Suwariwaza - 座技
Assis signifie en fait à genoux, dans la position dite seiza lorsque le dessus du pied est au sol ou kiza lorsque l'on s'appuie sur les orteils. Les fesses et le poids du corps reposent alors sur les talons, un genou en avant, les deux cuisses formant un angle proche de 40°. Les pieds peuvent être à plat au départ des techniques, mais l'essentiel du travail se fait avec les pieds dressés sur les orteils.
L'aïkido comporte des techniques de déplacement à genou (shikko). Pour le déplacement de base, l'avancement de la hanche arrière initie un mouvement de pivot sur le genou avant, les deux pieds devant rester les plus proches possibles l'un de l'autre. Passé devant, le pied initialement à l'arrière accroche le sol avec les orteils, et l'ensemble du corps avance, sans laisser traîner l'autre pied, et le genou se pose doucement.
Le problème des débutants est généralement qu'ils gardent un angle des jambes fixes, alors que le pivot des hanches n'est possible qu'en réduisant cet angle en rapprochant les genoux. C'est particulièrement sensible lorsqu'il s'agit d'aller en arrière ou d'effectuer des pivots complets : les genoux doivent alors être très prohes l'un de l'autre.
Même si l'intérêt martial des techniques à genou a maintenant disparu (de nos jours, tout le monde s'assoit sur une chaise...), cette pratique permet néanmoins :
- de renforcer naturellement la souplesse et la force des jambes;
- de travailler le mouvement (un principe de base est de ne pas compenser la faiblesse technique par la force);
- d'expérimenter des rapports de taille et de force différents de ceux rencontrés debout;
- de s'obliger à garder le haut du corps à la verticale.
Il convient cependant d'être prudent dans le travail à genoux, car il sollicite beaucoup les ligaments. Il faut donc faire attention à poser doucement ses genoux, et garder le poids du corps sur les talons. Le port d'un hakama en matière synthétique ou en soie facilite énormément ce travail, grâce à une moindre friction sur les tatamis à couverture plastique et en offrant aux genoux une protection supplémentaire.
Hanmi handachi waza - 半身はんだち技
Dans ce travail, uke, debout, attaque un tori à genoux.
Ce travail cumule les difficultés inherentes au travail à genoux et le fait que la sation debout donne un avantage à uke en termes de puissance et de capacité de déplacement. Ce travail oblige ainsi à une grande rigueur dans l'obtention du déséquilibre et à de grands déplacements à genoux.
Rôle de l'attaquant (uke)
L'aïkido insiste sur le fait que, alors que tori exécute la technique d'aïkido et sort théoriquement « vainqueur » de chaque rencontre, uke gagne aussi en expérience en suivant correctement la technique, en étant répétitivement « projeté » ou amené au sol et subissant une clef (gain en souplesse dans ce dernier cas). Par ailleurs, la participation active de uke est indispensable pour que tori puisse exécuter la technique, en fournissant la poussée (l'attaque) initiale.
Uke doit rester actif en permanence et toujours garder une attitude martiale, comme s'il cherchait en permanence une faille pour frapper ou retourner la situation ; il existe d'ailleurs des techniques de contre (gaeshi waza), uke ne pouvant retourner la situation que s'il a une attitude « parfaite ». La tentative d'échapper à l'action de tori est par ailleurs le moteur de certains mouvements, comme irimi nage : uke est amené vers le sol en pivotant, et lorsqu'il essaie de se rétablir, tori utilise ce mouvement pour le projeter en arrière, s'il n'essayait pas de se rétablir, uke serait en bien plus mauvaise posture puisque dans l'impossibilité de parer un atemi.
Dans une rencontre réelle, l'aïkidoka expérimenté doit être capable de se remettre en garde instantanément après avoir été projeté.
Richesse des combinaisons — takemusu aiki
Il n'y a en fait qu'un nombre réduit de techniques, mais chaque technique peut se faire à partir d'une prise ou d'un coup différent de la part de uke, en omote ou en ura, debout ou assis... ainsi, le nombre de situations est en fait énorme, sans compter la possibilité, à haut niveau, de changer de technique en cours de route, ou bien de retourner la situation (gaeshi waza, uke reprend l'avantage et devient tori).
Morihei Ueshiba nommait cette richesse, cette possibilité de « création infinie », takemusu aiki. Le terme takemusu aiki désigne en fait de manière plus large l'aikido comme source de tous les arts martiaux, non pas sur un plan historique, mais en tant qu'art contenant les éléments de base utilisés dans tous les autres arts martiaux : gestion de la posture, des distances, … (même si les postures et distances sont différentes dans les autres arts).
Exemple
La technique fondamentale ikkyo — littéralement « premier principe »— est une clef de bras (levier articulaire) permettant d'amener uke au sol en contrôlant le poignet et en faisant faire un arc de cercle au coude en direction de la tête. Les mains de tori effectuent un mouvement de coupe de sabre.
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Ikkyo (premier principe) : levier articulaire permettant d'amener le partenaire au sol, tori contrôle le poignet et le coude, et effectue un mouvement de coupe de sabre
Ikkyo (premier principe) : levier articulaire permettant d'amener le partenaire au sol, tori contrôle le poignet et le coude, et effectue un mouvement de coupe de sabre
Ikkyo peut se faire :
- sous la forme omote : tori avance en direction de uke (irimi, tori « entre » et vient « prendre le centre » de uke), et effectue un mouvement de coupe de sabre en direction de la tête de uke ; il passe devant uke pour l'amener au sol ;
- sous la forme ura : tori effectue un mouvement de coupe de sabre sur place puis pivote (taï sabaki, tenkan) ; tori se retouve derrière uke, le déséquilibre et la rotation l'amènent au sol.
Image manquante
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Ikkyo : formes omote (devant) et ura (derrière)
Ikkyo : forme omote (devant) et ura (derrière)
Ikkyo donc peut se décliner en
- aï hanmi katate dori ikkyo omote : uke saisit le poignet opposé, tori entre (irimi) en levant les mains et fait la forme omote ;
- aï hanmi katate dori ikkyo ura : idem mais forme ura ;
- gyaku hanmi katate dori ikkyo omote : uke saisit le poignet lui faisant face, tori entre (irimi) en portant un atemi, saisit le poignet de uke avec sa main libre puis fait la forme omote ;
- kata dori men uchi ikkyo omote : uke saisit l'épaule de tori, tori frappe uke à la tête en « piquant » avec les doigts, uke recule le buste et bloque la frappe ; tori profite de ce déséquilibre pour pivoter (tenkan), entraînant ainsi uke, et fait la forme omote ;
- suwari waza shomen uchi ikkyo omote : les deux partenaires sont à genou, uke porte une attaque à la tête, tori reçoit (pare) avec son bras et effectue ikkyo sur le bras d'attaque ;
- ...
Harmonie des énergies (principe aïki)
L'aïkido se base sur le principe de « l'harmonie des énergies ». D'un point de vue martial, ceci peut se comprendre de deux manières :
- unir les énergies de son propre corps (via le seika tanden) pour agir, synchroniser les bras et les jambes ; notamment, on s'attache à mouvoir les deux mains ensemble (comme si elles tenaient un sabre) en maintenant une certaine extension des bras, afin de mieux transmettre le mouvement au partenaire (par un effet de levier) et de maintenir une distance de sécurité (ma aï),
- et unir les énergies des deux partenaires : tori ne va pas s'opposer à uke mais va au contraire accompagner son mouvement, s'accorder à son rythme (timing) ; alors que uke s'attend à rencontrer une résistance, il rencontre en fait le vide, et même une assistance pour poursuivre son mouvement, ce qui provoque sa chute (la sensation est similaire à une porte qui s'ouvre au moment où on essaie de l'enfoncer). Pour prendre une image : lorsque l'on étaie un mur, le mur et l'étai sont en opposition, ils se renforcent mutuellement ; de même si tori s'oppose à uke, il le renforce sur ses positions, il le stabilise, alors que s'il l'accompagne dans son mouvement, il maintient le déséquilibre.
Pour cultiver cette notion de transmission de l'énergie, on pratique en début ou en fin de séance des exercices respiratoires. Dans la symbolique taoïste, ces exercices sont là pour mettre en mouvement l'énergie vitale (le ki, qui signifie aussi le souffle) ; on retrouve des concepts similaires avec le qi chinois, notamment dans le taiji quan.
Morihei Ueshiba était aussi un adepte de la secte shintoïste Omoto-kyo. Une de ses intention, en fondant l'aïkido, était de promouvoir la paix et l'harmonie entre les êtres, afin de créer une société meilleure. Le terme « harmonie des énergies » renvoit donc également à une conception de la société ou les gens coopéreraient entre eux plutôt que de s'affronter. Dans sa dimension mystique la plus extrême, il considérait l'aïkido comme une prière gestuelle, semblable aux mudra bouddhiques, associé à une prière vocale, le kototama.
La pratique des armes
En plus des techniques à main nues, l'aïkido comporte l'études du maniement d'armes en bois : le sabre ou bokken qui s'utilise sans la garde (tsuba), le bâton moyen ou jo, et le couteau ou tanto. La pratique des armes permet d'appréhender différentes distances face à un ou plusieurs adversaires (ma aï), de travailler une attitude correcte (shisei) et de vaincre l'appréhension des armes. Cet apprentissage est donc complémentaire à la pratique à mains nues.
En effet, de nombreux mouvements sont dérivés des techniques utilisées par les guerriers armés, ou bien des techniques utilisées pour désarmer l'adversaire. De plus, la visualisation d'un mouvement avec un sabre donne une conception plus claire du mouvement à effectuer à mains nues. Les techniques de sabre ont eu une grande importance dans l'élaboration de l'aïkido par Maître Ueshiba.
L'apprentissage se fait, entre autres, sous la forme de kata : on exécute des mouvements normalisés, seuls ou à plusieurs, simulant des situations de combat stéréotypées.
Le jo peut servir à relayer les mouvements du corps pour projeter l'adversaire :
- jo nage waza (杖投げ技): tori tient le jo, uke vient le saisir (ou tente de le saisir) et tori fait chuter uke en agissant sur le jo
- jo dori (杖取り): uke tient le jo, tori vient saisir le jo et projette uke en agissant sur le jo.
Les techniques de défense contre une attaque au couteau sont appelées tanto dori. Elles se terminent par un désarmement de uke.
Dans la branche Iwama ryu, la pratique des armes s'appelle bukiwaza (武器技) et la pratique à mains nues s'appelle le taïjutsu (littéralement « technique corporelle ») ; dans le bukiwaza, la pratique du bokken s'appelle l'aiki-ken et la pratique du jo s'appelle l'aiki-jo. Maître Saito expliquait que pour le fondateur, l'aïkido était l'étude du bukiwaza et du taijutsu, et que ces deux éléments sont indissociables.
Une autre arme est pratiquée en aïkido: Le bo (bâton long). Certaines écoles pratique également le bâton court ou tambo
La pratique du bâton bo permet d'abord la juste position des hanches et des pieds, qui est la même qu'en aïkido.
Aux États-Unis, certains dōjō enseignent également des techniques de désarmement avec des pistolets en mousse ou en bois, tandis qu'en Afrique, certains dōjō pratiquent des techniques de défense contre différents types de machettes. Il s'agit alors d'applications de l'aikido, mais pas de l'aikido à proprement parler.
Notons que si la très grande majorité des enseignants reconnaissent que la pratique des armes facilitent les progrès, Morihei Ueshiba n'a lui-même que peu enseigné la pratique des armes. La transmission de cette pratique s'est faite essentiellement par les élèves les plus gradés (uchi deshi, étudiant admis à résider dans le dōjō) ayant reçu de manière exclusive l'enseignement des armes par le fondateur : Morihiro Saito, pour le bokken et le jo, et Hikitsuchi Michio, le seul a avoir jamais reçu le 10e dan directement du fondateur O Sensei Ueshiba Morihei, qui a hérité du Makemono (rouleau permettant d'enseigner) du Masakatsu-bo jutsu (Masakatsu = victoire éclatante).
AU niveau des passages de grade, le travail à mains nues contre le jo ou le tanto est exigible à partir du premier kyū. Le travail au bokken, contre mains nues ou contre un autre bokken, est exigible à partir du troisième dan.
Forme, attitude et efficacité martiale
L'enseignement de l'aïkido se fait exclusivement par des répétitions de formes (kata) codifiées. Le but de ces formes est en fait de travailler son attitude. En effet, un mouvement ne peut être réussi que si :
- tori est toujours stable, il doit donc avoir une attitude « parfaite » (shisei - 姿勢) ;
- tori gère les ouvertures (possibilités d'attaque) et fermetures (empêcher uke de contre-attaquer), en gérant les distances, les directions et le rythme du mouvement (ma ai - 間合) ;
- tori coordonne ses mouvements et les harmonise pour maîtriser uke sans que celui-ci rencontre une opposition qui lui permettrait de se raffermir (aiki) ;
- uke est toujours en déséquilibre, ce qui implique un travail sur les directions, l'extension des bras et la continuité du mouvement (ki no nagare).
L'important est cette attitude, ces principes ; dans un combat réel, peu importe que le geste soit effectué dans les formes pourvu qu'il soit efficace, c'est-à-dire que l'on ait respecté les principes martiaux. Mais il faut assimiler les formes pour assimiler les principes, il faut « apprendre les formes pour se libérer de la forme ». L'efficacité martiale, pour un aïkidoka, ne réside donc pas dans l'agressivité (qui au contraire mène à la destruction), mais dans l'attitude.
Une des manières d'évaluer la justesse martiale est de marquer des atemi (coups) de manière symbolique (par exemple avancer la main ouverte sur le visage pour symboliser un coup de poing) : si tori a la possibilité de frapper, c'est que son attitude est correcte, et si uke peut frapper, c'est que tori a fait une erreur. Mais il n'est pas nécessaire de porter réellement ces coups pour juger de l'efficacité de l'attitude. Notons que certaines branches de l'aïkido vont jusqu'à supprimer le marquage des atemi.
C'est ainsi que l'aïkido peut se prétendre à la fois « martial » et « non-violent » : il n'est pas nécessaire d'être violent pour avoir une justesse martiale (c'est même contre-productif).
La garde : Kamae - 構え
La garde de base en aïkido est la position san kaku - 三角, littéralement en triangle. Le pied avant est dans l'alignement de la jambe, le pied arrière ouvert avec un angle de 50° par rapport à l'axe du pied avant. Le pied avant doit être à la hauteur de la cheville arrière. Les hanches sont le plus de face possible, le poids réparti sur la plante des deux pieds, les talons très légers. La manière la plus simple d'arriver aisément à cette garde est de partir d'une position de face, les pieds à la verticale des épaules. On pivote alors d'un côté ou de l'autre sur la plante des pieds. Si cette position est basique dans toutes les écoles, la position des mains varie considérablement en fonction du type de travail.
Cette position est intermédiaire entre la garde iaido (les pieds sont parallèles, les hanches complêtement de face) et la garde de karate, où les hanches sont profilées pour réduire la zone d'impact et permettre d'armer les coups de pied. L'objectif de cette garde est d'obtenir une bonne mobilité dans toutes les directions.
On rencontre également la position hito himi. La position des jambes est similaire à san kaku, mais les pieds sont ouverts au maximum. Les hanches sont alors complètement de face. Issue de la pratique du bâton, cette position assure une plus grande stabilité, en particulier à la fin des mouvements. Elle présente cependant des risques importants au niveau des ligaments du genou, ce qui fait que plusieurs experts la déconseillent.
La tenue
La tenue de base est le keikogi (vêtement d'entraînement), appelé à tort « kimono ». Il s'agit du même qu'en judo (judogi). Il se compose d'une veste et d'un pantalon en coton blanc. La veste est fermée par une ceinture (obi). Lorsque le professeur estime que l'élève est suffisamment à l'aise dans ses déplacements et dans ses chutes, il l'autorise à porter le hakama, une sorte de pantalon flottant noir ou bleu foncé. Cependant, selon les dojos et les écoles la période où le hakama est portée peut variée : le pratiquant est autorisé à le mettre dès le début, à partir du 3e, 2e ou 1er kyu… Les titulaires d'un grade dan (étudiants avancés) portent systématiquement un hakama.
L'aïkido se pratique pieds-nus sur les tatami (tapis), mais il faut s'y rendre avec des chaussures pour des raisons d'hygiène ; les pratiquant utilisent en général des nu-pieds que l'on appelle zori. Lorsque l'on monte sur le tatami, les zori doivent être disposées perpendiculairement au tatami, la pointe en direction de l'extérieur, comme si l'on avait à sortir en catastrophe.
Les grades
Comme tous les budo modernes, le débutant se voit attribuer le grade 6e kyū, puis progresse jusqu'au 1er kyū. Les passages de grade kyū se font au dōjō (lieu de pratique) par le professeur lui-même. Puis, le pratiquant passe le 1er dan, le grade le plus élevé étant le 10e dan. Les passages de dan se font devant une commission fédérale.
Il n'existe en aïkido que deux couleurs de ceinture : blanc et noir. On porte la ceinture blanche du 6e au 1er kyū, puis la ceinture noire à partir du 1er dan. Dans le cas des enfants, certains dōjō utilisent des ceintures de couleur différentes pour marquer le niveau, et ainsi donner des repères de progression aux jeunes pratiquants.
Le professeur autorise le port du hakama lorsqu'il juge que le pratiquant a atteint un niveau suffisant. Selon les dōjō, cela se fait au 3e kyū (équivalent de la ceinture verte au judo) ou au 1er kyū (équivalent à la ceinture marron) ou avant.
Il est à noter que la ceinture noire n'est pas une marque de maîtrise, le 1er dan est un… étudiant (shodan) qui a acquis les bases. C'est à partir du 1er dan que commence vraiment la pratique de l'aïkido dans son ensemble en le considérant.
Les sons en aïkido (kototama ou kotodama)
Voir l'article détaillé Kotodama.
Étiquette
Enseignants et partenaires
L'aikido reprend la structure japonaise traditionnelle du dōjō, avec parfois des changements notables par rapport à ce qu'il se passe au Japon.
En temps normal, la position la plus honorifique est occupée par l'enseignant (sensei - 先生, « celui qui est né avant »). La forme d'adresse varie selon les lieux. Au Japon, l'emploi du terme sensei est la règle, ce titre étant donné à tous les types d'enseignants. Hors du Japon, le terme a pris des connotations de respect et de déférence marquées à la faveur de sa traduction en « maître ». Certains enseignants préfèrent donc l'éviter, et en France l'usage le réserve aux seuls très hauts gradés, mais l'usage du terme pour désigner n'importe quel enseignant est fréquent dans le monde anglo-saxon.
Selon les dōjō, il peut exister des instructeurs (shidōin) et des assistants-instructeurs (fuku shidōin) qui ont pour fonction d'aider l'enseignant. Au moment du salut, ils se placent perpendiculairement aux autres élèves, à main gauche de l'enseignant.
Chaque élève occupe au sein du dōjō une position définie relativement aux autre pratiquants. Les pratiquants plus gradés et plus anciens dans la pratique sont les sempai (先輩), les pratiquants du même grade et du même temps de pratique sont les dōai (道輩) et les pratiquants plus récents les kōai (小輩). L'établissement de ces positions respectives est avant tout coutumière, et ne se fonde pas sur le seul rang. L'ancienneté dans la pratique ou dans le dōjō en est un élément déterminant.
Ces considérations gouvernent le placement au début et à la fin du cours. L'enseignant se place dos au côté honorifique, kamiza (上座), les élèves face à lui et les instructeurs à sa gauche. Les élèves se rangent de la gauche à la droite de l'enseigant par ordre décroissant d'anciennementé et de grade.
Les raisons symboliques de cette orientation sont expliquées dans l'article dōjō.
En France, on appelle généralement ses partenaires par leur prénom et on utilise le tutoiement. On fait habituellement de même avec l'enseignant du dōjō où on pratique habituellement.
Concernant le placement ordonné des élèves :
- certains enseignants considèrent qu'il faut connaître sa place et être conscient de son niveau, et donc respectent cette disposition traditionnelle ;
- d'autres considèrent au contraire que cela renforce l'ego (l'estime de soi), et que c'est un signe d'humilité et d'amitié de se « mélanger ».
Position assise - seiza 正座
Il s'agit de la position de base lors du début du cours, du salut ou lorsqu'on écoute les explications de l'enseignant. Le pratiquant se tient à genoux, les pieds à plat sur le sol, le poids sur les talons. Les gros orteils peuvent se chevaucher légèrement. L'essentiel est d'avoir le dos droit, les mains posées à mi-cuisse. Les genoux doivent être écartées d'une distance correspondant à l'espace d'un poing à un poing et demi. Cette distance n'est pas seulement coutumière : elle limite l'effort imposé par cette position aux ligaments des genoux.
Pour se relever de la position seiza, il convient de basculer légèrement le poids vers les genoux afin de permettre aux pieds de s'appuyer sur les orteils, mais sans projeter le corps en avant. On lève ensuite le genou droit, puis le genou gauche. Pour s'asseoir, on suit la procédure inverse : d'abord le genou gauche se pose le premier en terre, puis le genou droit. Cet ordre s'explique par le port du sabre, porté à gauche : il est possible de dégainer avec le genou gauche à terre et le genou droit levé, alors que la position inverse rend l'exercice très difficile.
Saluts
À l'aikido, on pratique plusieurs saluts :
- en entrant sur le tatami, on effectue un salut debout (ritsurei) en direction du mur d'honneur (kamiza) ;
- en début de cours, on effectue un salut assis (zarei), précédé d'un instant de méditation assise (zazen) : cela permet de faire une coupure avec le monde extérieur, et d'aborder le cours au calme ;
- l'enseignant et les élèves saluent le kamiza, avec en général le portrait de morihei Ueshiba ;
- l'enseignant et les élèves se saluent mutuellement, parfois en prononçant un onegai shimasu (« s'il vous plait ») ;
- à la fin d'une démonstration de l'enseignant, les élèvent le saluent assis ; puis, pour pratiquer, les élèves se saluent mutuellement en début et en fin de pratique ;
- en fin de cours, les élèves et l'enseignant effectuent un salut assis au kamiza, puis se saluent mutuellement en prononçant domo arigato gosaïmashita ou merci beaucoup ;
- en descendant du tatami, on salue le kamiza.
Certains enseignant frappent dans leurs main lors du salut au kamiza, selon le rite shinto.
Voir l'article détaillé Salut en budo.
La pratique des armes s'accompagne de saluts particuliers. Quand on prend une arme, il convient de saluer en direction du kamiza, l'arme présentée devant soi à hauteur des yeux. On s'incline alors, les bras devant rester à une hauteur fixe. Pour le début et la fin du cours, le problème est de savoir où placer l'arme :
- tantō : on le place en général juste devant soi;
- bokken : on fait comme si le bokken était un vrai sabre. Pendant le cours, on le porte à gauche, comme s'il était glissé à la ceinture. Au moment du salut, on le présente face à soi, pointe vers le bas et lame vers soi, pour le poser ensuite à sa droite. Au début du cours, la lame sera tournée vers l'extérieur, vers soi à la fin du cours. Le genou doit être au niveau de la garde éventuelle. Ainsi, avec un vrai sabre, si quelqu'un essaye de tirer l'arme par l'arrière, il est possible de poser le genou sur la poignée, laissant le voleur avec le seul fourreau. Quand on écoute les explications de l'enseignant, le bokken peut être soit porté au niveau de la ceinture à gauche, comme un sabre passé dans la ceinture, ou porté à droite, pointe vers le bas, la main sous le niveau de la garde (manifestant ainsi qu'on n'est pas en position de combat).
- jo : le jo est habituellement porté par la main droite, à la moitié de la longueur, la pointe du jo dirigée légèrement vers l'avant (avec l'idée de pouvoir porter un coup à la gorge en cas d'urgence). Pour saluer debout, le poignet bascule de manière à faire basculer le jo (il est alors clairement impossible d'attaquer avec), et on fait un salut debout. Pour se mettre en garde, on avance ensuite la main qui tient le jo, l'autre main vient en saisir l'extrémité et la première main se positionne à un tiers de la longueur. Pour les saluts à genou, le jo est également positionné à droite, dépassant le genou d'une trentaine de centimètres.
Passages de grade
Le passage d'un grade kyū (級) ou d'un grade dan (段) est un moment de la pratique répondant à une étiquette spécifique. Ce qui suit en souligne les principaux points.
- Choix du partenaire: il existe à ce sujet deux pratiques. L'une veut que les aspirants à un grade réalisent leur passage avec les pratiquants les plus hauts gradés, afin que leur prestation ne soit pas gênée par la qualité de leur uke. Dans ce cas, ce sont les gradés qui se présentent d'eux-mêmes, ou l'enseignant qui les désigne. Une autre école veut au contraire que le partenaire soit titulaire du grade auquel on aspire, ou le plus proche du ce niveau. C'est alors à l'aspirant d'aller saluer le partenaire prospectif si celui-ci n'est pas désigné par l'enseignant. Pour les passages de grade dan fédéraux en France, l'aspirant choisit un partenaire au sein de sa poule pour la première partie du passage (suwariwaza et hanmi handachi waza), puis un autre pour la seconde partie (tachiwaza). Le premier partenaire revient alors pour les armes (bukiwaza), et les deux sont présents pour le randōri.
- Positionnement et saluts: lorsque l'aspirant est appelé, il salue un partenaire, prend ses armes et pose celles-ci à un endroit proche de celui du passage, habituellement sur le côté du tatami ou devant la table du jury. L'aspirant et son partenaire s'asseyent ensuite côte à côte, face au jury ou à l'enseignant, l'aspirant à gauche de son partenaire. Les deux saluent alors le jury, puis se saluent mutuellement. Il y aura un échange de salut entre les deux partenaires lors de chaque changement de type de travail (de suwariwaza à hanmi handachi waza' par exemple), ainsi qu'à chaque chandgement de partenaire. À la fin du passage, le premier partenaire reste, et les deux personnes reprennent les positions du début. Elles se saluent, puis saluent le jury. L'aspirant reprend alors ses armes et retourne à sa place. Lors de l'annonce des résultats, les démonstrations de joie exubérante sur le tatami sont en général assez mal vues.
- Remise de distinction: l'étiquette en ces occasions est similaire à celle des passages de grade. Il peut s'agir de la remise par l'e,seignant du hakama, de la ceinture noire, d'un certificat d'obtention d'un grade ou toute autre distinction. Lorsqu'il est appelé, le récipiendaire salue, fait le tour de ses partenaires assis en passant derrière eux, et entre sur le tapis par le côté, à la hauteur de l'endroit où il va aller s'assoir en face de l'enseignant. Si celui-ci est à genoux, ce qui est le plus souvent le cas, le récipiendaire se dirige vers l'enseignant selon une ligne parallèle au kamiza, dans une marche à genoux plus courte que la marche shikko, sans tourner les hanches et en levant les genoux devant soi. À l'arrivée, il doit se trouver face à l'enseignant, à un tatami de distance, et saluer l'enseignant. Pour prendre la distinction que celui-ci lui tend, le récipiendaire avance de manière à la revevoir à bouts de bras, avec les deux mains. Il salue alors avec la distinction en mains, recule jusqu'à sa distance initiale, pose l'objet sur le côté et salue à nouveau l'enseignant. Il retourner ensuite à sa place en revenant sur ses pas.
L'aïkido à travers le monde
L'aïkido en France, situation administrative
Hors du Japon, la France est le pays qui compte le plus de pratiquants d'aïkido, avec près de 60 000 licenciés (d'après les fédérations en 1997).
Le pratiquant ayant le grade le plus élevé en France est Nobuyoshi Tamura senseï, 8e dan ; c'est le représentant de l'Aïkikaï pour l'Europe.
Initialement en France, les clubs d'aïkido étaient affiliés à la fédération de judo, la FFJDA ; l'aïkido s'est séparé de cette fédération en 1982, ce qui a entraîné la création de deux fédérations indépendamment reliées avec l'Aikikai So Hombu japonais, et comprenant de nombreux courants :
- la FFAB, Fédération française d'aïkido et de budo, qui comprend principalement :
- L'Aïkikaï de France, dont le référent technique est Tamura senseï shihan (694 clubs) ;
- le GHAAN, le Groupe historique d'aïkido André Nocquet (51 clubs) ; d'abord l'élève de Tadashi Abe dès 1952, André Nocquet est parti au Japon en 1958 suivre l'enseignement du créateur de l'aikido ; son groupe a rejoint la FFAB en 1985. Maître Nocquet est décédé en 1999 ;
- le groupe Iwama ryu, héritier de Morihiro Saïto senseï (décédé en 2002), dont le référent est Daniel Toutain (15 clubs) ;
- la fédération regroupe aussi la Fédération kyudo traditionnel (FKT) ainsi que le Cercle iaido qui est principalement conduite par Malcom Tiki Shewan;
- la FFAAA (ou 2F3A), Fédération française d'aïkido, d'aïkibudo et affinitaires, qui comprend aussi :
- le groupe Aïkido, dont le référent technique est Christian Tissier, seul français s'étant vu décerner le titre de « Shihan » (modèle) par l'Aïkikaï.
- le groupe Aïkibudo, anciennement Katori shintô ryu, dont le référent technique est Alain Floquet.
Le ministère de la Jeunesse et des sports ne délivre normalement d'agrément que pour une seule fédération par sport, et fait donc pression sur la FFAB et la FFAAA pour qu'elles fusionnent. Cependant, les différents courants craignent une trop grande uniformisation et donc une perte de la richesse ; il ne faut pas non plus se masquer les yeux, certains dirigeants sont jaloux de leur indépendance, voire craignent de voir diminuer leurs revenus en raison d'un regroupement des stages fédéraux.
Collation des grades dan
En France, les deux fédérations organisent les passages de dan en commun sous l'autorité de l'UFA, Union des fédérations d'Aïkido. C'est l'UFA qui est reconnue par le ministère de la Jeunesse et des sports. De ce fait, les dan délivrés par l'UFA constituent des diplômes d'État. Cette exigence de l'État français, et de nombreux autres États européens, repose sur la collation des grades par un jury ne connaissant en général pas le pratiquant avant l'examen. Ce fonctionnement s'oppose à la collation traditionnelle des grades au Japon, où le dan est décerné par l'enseignant pu par le maître de celui-ci sur recommandation de l'enseignant, et implique une longue période d'observation du pratiquant. De ce fait, l'État français ne reconnaît pas les grades décernés par l'Aïkikaï, sauf à partir du 5e dan, et réciproquement, l'Aïkikaï ne reconnaît pas les grades français. Il existe ainsi en France des examens spécifiques de grades Aïkikaï, organisés au sein de chaque fédération, dont les jury sont présidés par Nobuyoshi Tamura ou Christian Tissier, seules personnes ayant la possibilité de décerner des grades Aïkikaï. La coutume veut qu'on ne se présente à un examen Aïkikaï qu'une fois titulaire du grade français de niveau correspondant. On peut enfin noter que cette situation est assez générale. Les élèves de Kazuo Chiba, au sein du Birankai peuvent choisir au moment de leur passage si leur grade sera valable au sein de leur seul groupe ou si Me Chiba doit demander leur homologation à l'Aïkikaï.
Au-delà du 5e dan, il n'existe plus d'examen. La promotion repose sur la qualité de la pratique et de l'enseignement (facteur déjà pris en compte au 4e dan). Elle se fait sur proposition à l'Aïkikaï par C. Tissier ou N. Tamura et homologation du grade par l'État français. Plusieurs hauts gradés se rendent également au Japon pour pratiquer de manière intensive et passer leurs grades supérieurs directement à l'Aïkikaï Hombu Dojo.
Autres lieux d'enseignements
Toujours à propos de la France, il existe de très, très nombreux groupes et sous-groupes (voir une courte sélection en liens externes) où des différences sont d'ordres pédagogique, techniques, spirituels, personnels, hiérarchiques, sportifs, etc.
On peut citer parmi ces autres groupes l'AFATJ, Association française d'aïkido traditionnel du Japon, créée par Gérard Blaize, groupe rataché à la FFST (Federation Française du Sport Travailliste), L'ARA, Aïkido ryu Abe, créée par Jean-Pierre Le Pierres, la FAT, Fédération d'aïkido traditionnel fondée par Daniel André Brun, et le Ki no michi, fondé par Masamichi Noro.
Des enseignants se sont regroupés avec Alain Peyrache pour fonder l'ISTA, l'International School of Traditional Aïkido. Lieu d'échange, l'ISTA est un endroit où il n'y a aucune autorité administrative au-dessus du professeur.
Citons également le groupe Birankaï, dont le référent technique est Chiba sensei, installé aux États-Unis.
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Il existe principalement deux fédérations d'aikido en France.
- Fédération française d'aikido et de budo (FFAB) dirigée par Nobuyoshi Tamura
- Fédération francaise d'aïkido, d'aikibudo et affinitaires (FFAAA) animée notamment par Christian Tissier
comprenant plusieurs associations
- GHAAN (FFAB) élèves d'André Nocquet
- Iwama ryu (FFAB) groupe de Daniel Toutain
- Ecole d'aïkido traditionnel (FFAB) groupe de Jean-Marie Ory
- Ecole d'aïkido de sumikiri groupe de Jean-Daniel Cauhépé
- Aïkido culture et tradition (ACT) groupe de Bernard Palmier
- Centre international Noro kinomichi (FFAAA) groupe de Masamichi Noro
- Aikibudo (FFAAA) groupe d'Alain Floquet
et des groupes encore plus indépendants
- Association française d'aikido traditionnel du Japon (AFATJ) groupe de Gérard Blaise
- Europe promotion aïkido et ISTA groupe d'Alain Peyrache
- Académie autonome d'aïkido et école international groupe d'André Cognard
- Aïkido ryu Abe groupe de Jean-Pierre Le Pierres
- Association culturelle nationale d'aïkido (ACNA) groupe de Michel Bécart
- Ki société endoume-roucas élèves de Kenjiro Yoshigasaki
- Fédération d'aikido traditionel (FAT) groupe de Daniel André Brun
- Yoshinkai de france groupe de Jacques Muguruza
- Takemusu aïki bukikaï groupe de Patricia Guerri
- Yoseikan aikido groupe de Claude Falourd
- Aïkikai de Strasbourg groupe Birankaï de Gabriel Valibouze
et bien d'autres...
Dans les autres pays francophones :
- Association francophone d'aïkido (AFA) en Belgique, élèves de Sugano
- Union belge d'aikido élèves de Nobuyoshi Tamura
- Iwama ryu Belgium de Carlo Van Parys
- Fédération canadienne d'aïkido (CAF) de Dennis Adair
- Luxembourg aikikai (FLAM) élèves de Nobuyoshi Tamura
- Fédération suisse d’aïkido aussi élèves de Nobuyoshi Tamura
- Association culturelle suisse d'aïkido (ACSA) l'Aikikai Switzerland de Masatomi Ikeda
- Iwama ryu Maroc d'Abderrahim Smahi
Sites non francophones
- l'Aikikai Hombu dojo de Tokyo
- Aikidojournal et son encycloplédie
- Aikiweb et sa liste de dojos
- The Aikidofaq
- Aikidolink en allemand
Autres sites francophones
- Edition aikido journal
- Aikidonews
- Aïkido et histoire des arts martiaux par Mathieu Perona
- AikidoKa
- Aïkidou une liste des maîtres de l'aïkido
- Aikido sur Open directory
Bibliographie
- [1] Morihei Ueshiba et les croquis de Takako Kunigoshi, Budo Renshu (1re éd. 1933) ; édité en français sous le titre Techniques de budo en aïkido, trad. Ch. Tsuji et G. Blaize, Paris, éd. Guy Trédaniel, 1997 [ISBN 2-85707-991-5]
- [2] Aïkido et aïkibudo, hors série n°19 de Karaté Bushido, éd. Européenne de magazines, mai-juin 2003 [ISSN 1248-2994].
- [3] Manuel du pratiquant, éd. FFAB, 32 p., gratuit.
- [4] F. Ceresa, Leçons d'aïkido : guide pratique photographique, trad de l'italien, Paris, éd. de Vecchi, 2000 [ISBN 2-7328-6755-1].
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