Alger
Alger (surnommée couramment « el bahdja » ou « la blanche », tant par les Algériens que par les Français) est la capitale de l'Algérie et la plus grande ville du pays. Avec trois millions d'habitants, l'agglomération du grand Alger regroupe 10 % de la population algérienne.
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Géographie
Bâtie sur les contreforts des collines du Sahel algérois, les 230 km² de la métropole s'étendent sur une trentaine de kilomètres. La ville est bordée au nord et à l'est par la mer Méditerranée, et dominée par une citadelle, tout en haut de la casbah (vieille ville).
Histoire
Appelée Ikosim (l'île aux mouettes) lorsqu'elle acquit le statut de comptoir phénicien d'importance, sa fondation remonte au IVe siècle avant J-C (des débris de vases campiniens - datant du IIIe siècle avant J-C - y furent découverts dans un puits de vingt mètres de profondeur en 1940).
Antiquité
- En 202 avant J.-C., la ville passe sous influence romaine suite à l'alliance scellée entre Massinissa et Scipion l'Africain contre Carthage. Le nom d'Ikosim prend sa forme romanisée, Icosium.
- C'est vers le IVe siècle que le christianisme est introduit à Icosium.
- En 429, la ville passe sous domination vandale. En 442 un traité entre Romains et Vandales permit aux Romains de récupérer Icosium et ce durant les cent ans que dura la présence vandale en Algérie.
- Après 533, la ville sombre suite aux attaques des tribus Berbères contre les Romains
Moyen Âge
- En 702, la conquête arabe apporte l'islam, et les berbères juifs et chrétiens qui n'acceptent pas la conversion sont ravalés au rang de « Dhimmis »
- En 960, Bologhine, fils de Ziri-Ibn-Menad, reconstruit Icosium en fortifiant et agrandissant le site occupé par les Beni Mezghanaet et la baptisa « El-Djazair-Mezghanna », d'où son nom arabe actuel الجزائر , El Djazaïr, qui signifie « les îles », par référence aux quatre îlots qui faisaient face au rivage jusqu'au XVIïe siècle. Ce nom donne, par altération, Alguère en catalan (1375), puis Alger en français.
- Elle est prise en 1082 par les Almoravides, la première grande mosquée du rite malékite « Djamaa El Kébir » y est construite par Youssef-Ibn-Tachefin.
- En 1152, prise d'El-Djazaîr par les Almohades (El-Mouwahidine).
Époque moderne
- En 1510 les Espagnols, l'assiegèrent et bâtirent sur un îlot de la baie d'Alger une forteresse, le Peñón d'Alger, destinée à bombarder la ville et à prévenir son approvisionnement.
- En 1529 Barberousse détruisit cette forteresse et construisit la jetée Kheir-Eddine, reliant les ilôts à la terre ferme et constituant ainsi le premier abri du port d'Alger. Cette date marque aussi le début de la Régence d'Alger, un régime politique d'inspiration Ottomane, qui fit d'Alger la capitale d'une Algérie largement indépendante mais affiliée à la Sublime Porte. La ville ancienne, appelée la Casbah, qui a valu à Alger son surnom d'« Alger la blanche », a été très influencée par cette période. Elle est aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Colonisation
En 1830, Alger tombe face au corps expéditionnaire français. La colonisation française, par delà les brutalités inhérentes à toute conquête, met fin au domaine de l'arbitraire habituel à la soldatesque des janissaires turcs, et développe l'instruction.
Elle supprime les inégalités entre les musulmans et juifs, mais instaure une nouvelle inégalité entre les citoyens français et les sujets français (Indigènes). Les religions des Indigènes sont respectées et protégées, ainsi que leurs statuts civils coranique et mosaïque. Mais les juifs, rabbins en tête, adoptent rapidement la culture de la France qui les a libérés du statut dégradant de « Dhimmis » et des persécutions, et renoncent à leur statut civil religieux particulier, pour adopter le statut civil laïque Français. Si bien que la citoyenneté va pouvoir leur être attribué en 1870, au grand dam de l'opinion colonialiste de l'époque.
La législation (Senatus consulte de 1865) permet aussi aux indigènes musulmans de devenir citoyens français en adoptant le statut civil de droit commun (tout en conservant, bien entendu la pratique absolument libre de leur religion). Mais trés peu profitent de cette mesure. Leur trés large majorité préfère conserver le statut civil coranique.
Alger se développe, sur les plans économiques et portuaire, et l'architecture française y réalise de nouveaux quartiers et des édifices majestueux, dans le style de la métropole et des cités européennes du pourtour méditerranéen.
La Seconde Guerre mondiale
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique du nord voit débarquer les forces anglo-américaines, dans le cadre de l'Opération Torch. Mais le débarquement ne réussit d'abord qu'à Alger, grâce au Putsch du 8 novembre 1942, par lequel 400 patriotes français, dont les 2/3 sont juifs, arrêtent les généraux vichystes (Juin, Darlan, etc.) et, sous la direction de José Aboulker et d'Henri d'Astier de La Vigerie, neutralisent à eux-seuls le 19ème Corps d'armée vichyste, pendant 15 heures en occupant par surprise la plupart des points stratégiques. Ainsi permettent-ils aux Aliiés de débarquer sans opposition, d'encercler Alger, et d'en obtenir la capitulation le jour même. À Oran et au Maroc, où les putschs prévus ont échoué, les généraux vichystes accueillent partout les Alliés à coup de canon, jusqu'à ce que leurs chefs Darlan et Juin, prisonniers des Alliés à Alger finissent, sous la menace, par leur ordonner au bout de 3 jours le cessez-le-feu. face aux Alliés. Alger devient le siège du commandement Allié, chargé de préparer le débarquement en Europe. en Europe sous la direction du général Eisenhower, futur président des États-Unis.
Elle devient surtout la capitale provisoire de la France, lorsque, après un maintien provisoire du régime de Vichy sous Darlan et Giraud (voir Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43) ), elle accueille de général de Gaulle qui y constitue, avec Giraud, le Comité français de la Libération nationale, y convoque l'Assemblée consultative provisoire, ce qui lui vaudra d'être décorée de la Croix de la Légion d'honneur par le président français Jacques Chirac le 15 août 2004.
Guerre d'indépendance
Alger joue aussi un rôle décisif durant la Guerre d'Algérie (1954-1962), notamment pendant la Bataille d'Alger, durant laquelle la 10e Division parachutiste de l'armée française, à partir du 7 janvier 1957, mena la chasse aux indépendantistes algériens, sur ordre du Garde des Sceaux François Mitterrand, qui lui donne tous pouvoirs pour « éliminer les insurgés ».
Alger reste marquée par cet épisode caractérisé par une lutte sans merci entre les indépendantistes recourant aux attentats anti-français et l'armée française menant une répression sanglante incluant l'usage quasi-systématique de la torture contre les contestataires de l'ordre colonial, tels que le jeune professeur de mathématiques Maurice Audin, ou le leader nationaliste Larbi Ben M'hidi, honorés depuis par la municipalité : des artères principales de la ville portent leurs noms.
Les manifestations du 13 mai 1958 y consacrent la chute de la Quatrième République en France, ainsi que le retour du général de Gaulle aux affaires.
La Fusillade de la rue d'Isly à Alger en 1962 marque le début de l'exode massif des Européens d'Algérie.
Indépendance
C'est un Alger vidé de ses habitants Européens qui célèbre dans une grande liesse populaire l'indépendance de l'Algérie le 4 juillet 1962, et devient pendant près de deux décennies une capitale culturelle, politique et diplomatique du tiers monde ainsi qu'une ville phare du Mouvement des non-alignés pendant la Guerre froide.
En octobre 1988, soit un an avant la chute du Mur de Berlin, Alger est le théâtre de manifestations réclamant plus de démocratie baptisées le Printemps d'Alger. Elles sont durement réprimées par les autorités (plus de 300 morts), mais constituent un tournant dans l'histoire politique de l'Algérie moderne : en 1989, une nouvelle constitution est adoptée qui met fin au règne du parti unique et voit la création de plus de cinquante partis politiques, ainsi qu'une libéralisation totale de la presse écrite.
Crise des années 90
La ville devient alors jusqu'en 1992 le théâtre de nombreuses manifestations politiques de toute tendances. En 1991, une formation politique dominée par des conservateurs religieux, le FIS, engage un bras de fer politique avec les autorités qui se solde par des élections législatives qu'elle est en passe de remporter en 1992, à la faveur d'une abstention massive des électeurs algériens désabusés par la tournure des événements. L'annulation du scrutin par les autorités marque le début d'une nouvelle période de violences sporadiques opposant l'État aux ultra-conservateurs religieux constitués en groupes armés affiliés à Al Qaida, qui dure jusqu'en 1998.
En 1999, Alger retrouve son calme et offre désormais le spectacle d'une ville normale.
Alger aujourd'hui
Renaissance
De nos jours, en 2004, Alger est redevenue une grande capitale africaine et méditerranéenne, elle abrite de nombreuses réunions internationales.
Projets
De nombreux grands projets d'infrastructures tels que le métro, un tramway, la nouvelle aérogare d'Alger, divers projets d'habitation, de nouvelles villes, des échangeurs et des trémies, des autoroutes : Alger est en pleine métamorphose urbanistique.
Monuments
- La Basilique Notre-Dame d'Afrique, accessible par un téléphérique, est l'un de ses monuments les plus marquants : située dans le quartier de Z’ghra, la basilique fut construite aux environs de 1858.
- le Monument des Martyrs (Maquam E’chahid) : haut de 90 mètres et surplombant Alger, ce monument a été construit par une société canadienne en 1984, et est composé de trois palmes et reposant sur une vaste esplanade où se trouve la « flamme éternelle ». Il est dédié à la mémoire des victimes des luttes de la libération nationale.
- la place de l'émir Abdelkader (ex-place Bugeaud) .
- la Grande Poste (1910, par Voinot et Tondoire) : construction de type néo-mauresque qui se trouve en plein centre ville d'Alger.
- le jardin d'essai (El-Hamma) : situé a l'Est d'Alger, il s'étend sur une superficie de 80 hectares. Il a été créé en 1832 par A. Hardy. On y trouve des plantes et jardins exotiques.
- la citadelle.
- le Riadh El-feth (centre commercial et une galerie d'art).
- la grande mosquée d'Alger (Cette mosquée devint la cathédrale Saint-Philippe durant la colonisation avant de redevenir une mosquée).
La Casbah
- la Casbah (Al-Djazaïr el mahroussa) : fondée sur les ruines de l’ancienne Icosium, la casbah est une petite ville qui descend vers la mer, et qui était divisée en deux : La ville Haute et la ville Basse. On y trouve des bâtisses et des mosquées du XVIIe siècle ; mosquée Ketchaoua (bâtie en 1794 par le Dey Baba Hassan) flanquée de deux minarets, mosquée el Djedid (1660, à l'époque de la régence Turque) avec sa grande coupole ovoïde terminée en pointe et ses quatre coupolettes, mosquée El Kébir (la plus ancienne des mosquées, elle fût construite par l'almoravide Youssef Ibn Tachefin et plus tard reconstruite en 1794), mosquée Ali Betchnin (Raïs, 1623), Dar Aziza, palais de la Jénina. La Casbah, c'est aussi des labyrinthes de ruelles et de maisons pittoresques.
- Bab El-Oued : quartier populaire qui s’étend de la Casbah au-delà de « la porte de la rivière », célèbre par sa place « les trois horloges » et par son « marché Triolet », c'est aussi un quartier d'ateliers et de manufactures.
- le Front de mer : à partir de 1840, les architectes Pierre-August Guiauchain et Frédéric Chassériau installèrent de nouvelles constructions en dehors de la Casbah, Hôtel de ville, palais de justice, Bâtiments, théâtre, Palais du gouverneur, Casino… pour former une élégante promenade bordée d'arcades qui est aujourd'hui le boulevard Che Guevara (ex-bd de la République).
Visite d'Alger
Alger, jouit d'une position géographique privilégiée. S'érigeant en amphithéâtre sur les coteaux d'El-Biar et de Mustapha pleins de lumière et de verdure. De Bouzaréa à Kouba, la promenade mènera le visiteur en différents quartiers aux mille et un visages ; quartiers populaires, quartiers des ambassades aux blanches villas de style mauresque tapies dans des jardins de fleurs, de palmiers, pins, eucalyptus aux multiples senteurs. Sur les hauteurs serpentent de romantiques sentiers tels que les Chemins Cheikh-Bachir-Ibrahimi (ex-Chemin Beaurepaire) et Almouiz-Ibnou-Badis (ex- Poirson) à El-Biar, Gadouche-Abdelkader (ex-Chemin de la Madeleine) et Al-Bakri (ex-Chemin Macklay) à Hydra, ou encore le Chemin Gacem-Mohamed (ex-Chemin des Crêtes) à El-Mouradia (ex-Le Golf), qui offrent de belles échappées sur le centre de la ville, le port, l'amirauté et la baie si souvent comparée à celle de Naples ou de Rio.
À partir de Diar-El-Mahçoul, du Bois de Boulogne, du balcon Ez-Zahira (ex-Saint-Raphaël), de la Basilique Notre-Dame d'Afrique et de la forêt de Bainem, le spectacle est un enchantement qui ne cesse de ravir et dont la beauté se perpétue partout dans la ville grâce aux nombreux espaces verts tels que le parc de la Liberté, le parc de Beyrouth et le Jardin d'Essai, un des plus beaux du monde.
Au cœur de la ville, au centre duquel s'élève la Grande Poste, édifice de style néo-mauresque, palpite à l'image des principales artères commerçantes et vivantes qui le compose, notamment les rues Didouche-Mourad (ex-rue Michelet) et Ben-M'Hidi-Larbi (ex-rue d'Isly). Le Boulevard Khemisti-Mohamed (ex-Bd Laferrière), couronné par l'Esplanade d'Afrique, est surplombé par le Palais du Gouvernement avec ses jardins en gradins. Le Boulevard Zirout-Youcef (ex-Bd Carnot), établi en terrasse tout le long du Port est bordé de grands édifices, la wilaya (préfecture) de style néo-mauresque, l'Hôtel de Ville, l'Hôtel Es-Safir (ex-Hôtel Aletti), le Palais Zirout Youcef (ex-Palais Carnot) et les banques.
Enfin, le boulevard Che Guevara (ex-Bd de la République), qui mène à la place des Martyrs (ex-Place du Gouvernement), au pied de la Casbah, et au Boulevard Amilcar Cabral (ex-Bd Anatole-France), ainsi qu'à l'Amirauté et à la Darse, ancien port turc aujourd'hui réservé à la marine nationale, aux embarcations de pêche et de plaisance, est considéré comme l'un des plus beaux sites de la capitale.
Les environs d'Alger et l'Algérois
Les banlieues d'Alger, tel que El-Harrach (ex-Maison Carrée), Hussein Dey ou Kouba abritent aujourd'hui plus de la moitié des habitants de la wilaya d'Alger.
À quelque 20 km à l'ouest d'Alger se trouvent de magnifiques stations balnéaires telles que Sidi Fredj (ex-Sidi Ferruch) et Zéralda ; on y trouvera des complexes touristiques, des restaurants algériens et autres, des magasins de souvenirs, de belles plages surveillées... À l'instar d'Alger et de l'Algérie, le tourisme est lui aussi un grand chantier.
Personnages célèbres
Quelques romans dont l'action se déroule à Alger
- Albert Camus, L'Étranger, Le Premier Homme
- Philippe Labro, Des feux mal éteints
- Emmanuel Roblès, Les Hauteurs de la ville
- Boualem Sansal, Le Serment des barbares
- Régine Deforges, Alger, ville blanche
- Cécil Saint-Laurent (pseudonyme de Jacques Laurent) Les Passagers pour Alger, Les Agités d'Alger
Et pour ceux qui lisent le catalan : La presonera d'Alger, Joan Daniel Bezsonoff
Liens externes
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