Ali Soilih
Ali Soilih (7 janvier 1937 - 26 janvier 1989) est un homme politique et ancien président comorien.
Né à Majunga à Madagascar, il y fait ses études jusqu'à la seconde. Une fois obtenu son diplôme d'agronomie, il revient aux Comores et travaille dans l'agriculture pendant deux ans. Après se stage dans l'Établissement d'Enseignement d'Agriculture Tropicale de Nogent-sur-Marne, il suit un stage de l'Institut d'Étude du Développement Économique et Social (IEDES).
Revenu aux Comores, il est nommé Directeur de la société de Développement Économique des Comores (SODEC). En août 1967, il est élu député. Said Ibrahim Ben Ali le nomme ministre de l'Équipement et du Tourisme en septembre 1970. Maoïste convaincu, il prend le pouvoir par un coup d'État en 1975. Ali Soilih devient officiellement président du conseil révolutionnaire en janvier 1976. Aussitôt, il met en place une politique marxiste qui, étant donnée la position stratégique des Comores dans l'Océan Indien, le condamne aux yeux des occidentaux.
Au cours de son règne, il essaie de marquer la société en supprimant bon nombre de coutumes jugées rétrogrades, favorise l'émancipation des jeunes et des femmes, légalise l'utilisation du canabis. D'importants efforts sur les infrastructures sont également entrepris. Sa « modernisation » de la société comorienne se fait à l'image de la Révolution culturelle chinoise.
Le 13 mai 1978, le mercenaire français Bob Denard le reverse à son tour par un coup d'État. Alors qu'Ahmed Abdallah retrouve le pouvoir, Soilih trouve la mort dans des conditions peu claires. La chute de Soilih provoque des manifestations de joie dans les trois îles (Anjouan, Mohéli et Grande Comore).
Il est considéré aujourd'hui par beaucoup de comorien comme un homme d'état intégre qui portait en lui une vision d'avenir. Ceci n'ai vrai d'aucun de ses successeurs.
Said Mohamed Djohar, son demi-frère, fera quelques années plus tard assassiner Ahmed Abdallah, puis prendra le pouvoir, probablement avec la complicité de Bob Denard.
