Allobroges

Cependant, les Romains, par commodité ou ignorance, donnèrent abusivement le nom d'Allobroges aux peuples gaulois vivant sur le territoire de Vienne, à l'ouest et au sud de la Sapaudia. Ces peuplades étaient en fait un mélange de diverses tribus dont les plus importantes étaient les Ambarres cousins des Éduens, les Cavares et les Voconces cousins des Allobroges. Ces pseudo-Allobroges adoptèrent Vienne comme capitale et se fédérèrent. L'ensemble de l'Allobrogie est donc usuellement définie comme le territoire correspondant en grande partie aux actuels départements des deux Savoie, de l'Isère et du canton de Genève.

Cependant, les Allobroges vrais des montagnes n'acceptèrent jamais la présence de l'envahisseur Romain, alors que les pseudo-Allobroges ou Viennois de la vallée du Rhône furent des collaborateurs zélés de la puissance romaine.

Les Allobroges étaient des Celtes et parlaient la langue celte dont le patois a gardé quelques mots. C'étaient un peuple de fiers et rudes guerriers, regroupant de nombreuses tribus, qui devinrent sédentaires et s'adonnèrent à l'agriculture. Le nom Allobroge viendrait des racines allo (autre) et brog (pays), soit le peuple venu d'autres pays.

Divers témoignages décrivent les Allobroges comme un des peuples parmi les plus riches et les plus puissants de la Gaule, avec une population nombreuse. Ils labouraient avec une charrue grossière et cultivaient un froment réputé, mais aussi le seigle et la vigne. Ils pratiquaient l'élevage et fabriquaient du fromage, exploitaient leurs vastes forêts, et extrayaient des minerais. Ils contrôlaient une partie de la vallée du Rhône (Viennois) et se trouvaient au débouché de toutes les voies qui traversaient les Alpes, dont des voies internationales, sur lesquelles ils pratiquaient le péage.

Les Allobroges vus par les Romains

Vers l'an -130 ou -150, l'historien grec Polybe évoque le premier les Allobroges, à l'occasion du récit passage des Alpes par l'armée du général Hannibal en -218, lorsqu'ils tentèrent en vain de lui barrer le passage.

Tite-Live rapporte que les habitations, dans les montagnes, étaient informes, placées sur les rochers, que les mulets et le bétail étaient engourdis par le froid et que les hommes étaient velus et sans soin.

Pline et Strabon évoquent les marmottes, lièvres, chevreuils, cerfs, chamois, bouquetins et chevaux sauvages. Pline rapporte aussi que le blé de trois mois est connu dans toutes les Alpes, et que le fromage « vatusique » des Ceutrons est célèbre à Rome, que les vaches, malgré leur petite taille, donnent beaucoup de lait et que les bœufs sont attelés par la tête et non par le cou. (Aimé Bocquet, La Savoie des origines à l'an mil).

La conquête romaine

Les Allobroges furent longtemps des rebelles à l'autorité romaine et la conquête du territoire des Allobroges par les Romains se fit en plusieurs étapes entre -122 et -60 avant J.-C. :

L'Allobrogie fut donc conquise longtemps avant le reste de la Gaule qui ne devint romaine qu'en -50 avant J.-C. Devenus Viennois à l'époque romaine, les Allobroges se dotèrent d'une capitale, Vienne, qui fut une des villes les plus fastueuses de l'Occident romain, dont le territoire était émaillé de grands domaines ruraux où purent prospérer des agglomérations commerçantes et industrieuses comme Boutae (Annecy), Aoste ou Genova (Genève).

Sous l'influence de la civilisation romaine, la langue celtique disparut peu à peu et fut remplacée par le latin populaire que parlaient les marchands et les soldats romains. C'est de là qu'est venu le patois savoyard comme le provençal auquel il se rattache linguistiquement.

Cependant, les Allobroges des montagnes, restèrent longtemps des rebelles permanents à l'autorité romaine, Atrox coelum, perinde ingenium, leur caractère est aussi terrible que leur climat. Lorsque en -58 le général Romain Jules César passa les Alpes par le col du Petit Saint-Bernard pour aller refouler dans leurs montagnes les Helvètes, peuple celte habitant alors une partie de la Suisse romande actuelle, qui menaçait la Gaule romaine d'une invasion. Les Allobroges lui laissèrent traverser leur pays, mais ils aidèrent le peuple des Helvètes et les ravitaillèrent lorsque Jules César les affama pour les conquérir.

L'Allobrogie romaine

La Gaule après la conquête de Jules César prit le nom de Gaule transalpine et l'Allobrogie devint une partie de la province romaine de Vienne. De riches familles patriciennes romaines vinrent s'établir dans ce nouveau territoire romain et le pays se couvrit de villas couvertes en tuiles, de camps romains, de temples au colonnes de marbre, de routes pavées sillonnée par les chars, de ponts de pierre, de monuments. De nouvelles villes prirent leur essor comme Boutae (Annecy), et Aquae grationae (Aix-les-Bains) ou Romilia (Rumilly).

Vers la fin de l'empire romain, au IVe siècle, le vieux pays des Allobroges, commença à s'appeler Sapaudia (pays des sapins), d'où ont dérivé les noms de Sabaudia, puis Savogia, puis enfin Savoie.

Au Ve siècle, la province de Vienne et la Sapaudia subit, comme le reste de la Gaule, la pression puis l'invasion des grandes tribus Barbares, en commençant par les Burgondes.

See also: Allobroges, -121, -122, -130, -150, -218, -50, -58, -60