Anaglyphe

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Un anaglyphe (du grec ana = même et glyphe = trait) est une image imprimée pour être vue en relief, à l’aide de deux filtres de couleurs différentes (lunettes 3D) disposés devant chacun des yeux de l’observateur. Ce principe est bâti sur la notion de stéréoscopie qui permet à notre cerveau d’utiliser le décalage entre nos deux yeux pour percevoir le relief.

Sommaire

Historique

Le principe est décrit en 1853 par Rollman. Charles d’Almeida fait connaître ce mode de restitution du relief à l’académie des sciences de Paris. Louis Ducos Du Hauron le perfectionne, finit de le mettre au point en 1891 (il lui donne aussi son nom). Les anaglyphes sont alors l’objet d’une importante production destinée au tourisme, à l’enseignement, aux loisirs, à la publicité… Louis Lumière adapte le procédé au cinéma en 1936, mais le procédé y reste marginal.

Constitution d'un anaglyphe

Un anaglyphe est constitué de deux images superposées (appelées homologues) de couleurs différentes représentant la même scène mais légèrement décalée. Ces images homologues ne sont pas rigoureusement identiques en général : le décalage (appelé parallaxe) n’est pas le même pour tous les points de l’image.

Principe de restitution du relief

L’impression de relief est donnée en « trompant » le cerveau pour tous les points de l’image de la manière suivante : En plaçant un filtre de l’une des deux couleurs sur un œil et un filtre de l’autre couleur sur l’autre œil, chaque œil ne va percevoir que les points de la couleur différente de celle de son filtre.

Si deux points de couleurs différentes sont suffisamment proches, le cerveau les assimilera à un même point puisqu’ils ne sont vus qu’une fois par chacun des yeux. Ainsi le cristallin de chaque œil se contractera naturellement de manière à ce que les axes de direction de chacun des deux yeux passent dans le même temps par le point de couleur visible par chaque œil.

En réalité, ces axes se coupent en un point n’appartenant pas au plan de la véritable image plane (devant ce plan si le filtre d’une couleur est du côté du point de même couleur, derrière s’il est du côté du point de l’autre couleur). Le cerveau considère alors le point dédoublé comme n’étant qu’un seul point, dont la distance virtuelle à l’observateur est fonction du décalage entre les deux points de couleurs représentant le même point. Plus ce décalage est important, plus le point semble éloigné (en avant ou en arrière) du plan de l’image.

Ainsi, si le décalage est différent pour diverses portions de l’image, celui qui regarde l’image à travers des filtres aura l’impression de voir une image dont les points ne sont pas situés dans le même plan. On obtient alors point pas point une impression de relief pour cette image.

Couleurs des images homologues

Les anaglyphes sont généralement constitués d’une superposition de deux images de couleur complémentaires. L’utilisation de ces couleurs a deux intérêts. Il permet premièrement à chaque œil de bien visualiser les points de couleur qui lui sont destinés. Ensuite il permet d’obtenir une image qui, au final, paraît toujours avec un fond blanc. En effet, chaque œil voit la couleur de son filtre à la place du blanc et au final, la combinaison des couleurs effectuée par le cerveau restitue l’impression de voir du blanc sur le fond de l’image (addition de couleurs complémentaires).

Les couleurs rouge et cyan, parce qu’elles se distinguent facilement du blanc (mieux que le jaune ou le vert), sont les mieux appropriées au procédé. Elles sont de plus adoptées universellement pour mettre en œuvre le procédé des anaglyphes.

Principe de fabrication

Limites

Les points de couleurs qui doivent être visualisés comme un seul point au final ne doivent pas être trop éloignés, pour empêcher que le cerveau ne sépare les images, ceci limite donc l’effet de relief que l’on peut donner à une image.

De plus, la distance entre l’observateur et le plan de l’image anaglyphe est un paramètre qui joue de manière importante sur l’impression de relief. De même, toute observation de biais d’une image anaglyphe empêche une perception correcte de la profondeur.

Un autre problème peut également être constaté si la couleur de la scène originale se rapproche de celle des filtres, car l'information sur la couleur est perdue. On voit donc apparaître des images parasites dites «images fantômes».

Applications

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

See also: Anaglyphe, 1853, 1891, 1936