Androgyne
Un androgyne (du grec andrôn, « homme », et gynê, « femme ») est un être humain dont l'apparence ne permet pas de décider à quel sexe il appartient. Un certain nombre d'individus naissent avec un vagin et une verge, mais à l'heure actuelle ils sont opérés dès la naissance dans les pays occidentaux.
Ce terme a servi à caractériser des êtres humains ambigus, mais peut aussi renvoyer à une figure religieuse.
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L'androgyne dans l'Antiquité
Les peuples de l'Antiquité faisaient une nette différence entre ce que Mircea Eliade appelle l' « hermaphrodite concret » et l' « androgyne rituel » : un nouveau-né présentant des signes d'hermaphrodisme était considéré comme un signe de la colère des dieux et mis à mort sur le champ. Seul était toléré l'androgyne rituel en tant que modèle de la coïncidence des opposés, réunissant les puissances magiques et religieuses liées à chacun des deux sexes ; dans ce cas, il ne s'agissait plus d'hermaphroditisme physiologique, mais de l'acquisition des pouvoirs des deux sexes par des pratiques rituelles, notamment par le fait de se travestir.
La théorie platonicienne de l'androgyne
Cette théorie platonicienne est présentée par le personnage de Socrate, qui prétend la tenir de Diotime, dans Le Banquet. Au commencement, les êtres humains étaient de trois sexes : mâle, femelle, et hermaphrodite. Ayant provoqué la colère des dieux, ils furent punis par Zeus qui les sépara chacun en deux moitiés, formant les êtres humains actuels. Depuis cette séparation cruelle, ceux-ci n'ont de cesse de retrouver leur moitié, ce qui explique le phénomène amoureux.
L'androgyne de Balzac et de Swedenborg
Balzac a centré son roman Séraphita sur un personnage d'androgyne directement issu des théories de Swedenborg. Séraphitus-Séraphita, aimé en tant qu'homme par Minna et en tant que femme par Wilfred, fait preuve d'une érudition et de capacités intellectuelles largement supérieures à la moyenne ; se réalisant dans l'amour humain, concret, il n'est cependant pas un ange descendu sur terre, mais un homme parfait, c'est-à-dire un être « total ».
L'androgyne décadent
Dans les romans et les nouvelles appartenant au mouvement décadent du XIXe siècle, la figure de l'androgyne est récurrente, mais sous la forme d'un hermaphrodite morbide, voire satanique, qui ne connaît d'existence que sensuelle. On a affaire à une « dégradation du symbole ».
Voir aussi
Sar Péladan, Swinburne, Charles Baudelaire, Huysmans, Aleister Crawley.
Bibliographie
- Mircéa Eliade, Méphistophélès et l'Androgyne, 1962.
