Antisionisme
L'antisionisme en soi s'oppose avant tout à la nature politique de cet État, présenté comme de nature raciale ("État juif") par ses opposants (c'est-à-dire établi selon des critères d'origine), mais n'appelle pas en soi à la destruction d'Israël. L'accusation de racisme est, elle contestée par les sionistes qui expliquent qu'Israël a accueilli des juifs de toutes origines : russo-germaniques, hispaniques, Arabes ou Kurdes expulsés des pays musulmans, Falashas africains noirs, et que le Parlement israélien comportent des députés arabes musulmans, chrétiens et druzes. En fait, c'est la discrimination entre juifs et non-juifs que la plupart des antisionistes contestent, qui est bien selon eux une discrimination établie selon des critères d'origine.
L'antisionisme se positionne également comme une pensée politique s'opposant à ce qu'elle qualifie de dogmes de l'idéologie sioniste : le fait que l'État naturel des juifs serait Israël, ou l'idée que les juifs ne pourraient s'assimiler dans d'autres pays qu'Israël.
Un certain nombre d'antisionistes soutiennent que, bien que la création initiale d'Israël ait été une erreur, il est peu réaliste de souhaiter la dissolution de cet État, et prônent plus souvent sa transformation en « un État non ethnique », ou une « démocratie laïque ». Certaines de ces propositions ne font pas d'objection à ce qu'un tel État continue à porter le nom d'« Israël ». Beaucoup de mouvements antisionistes arabes en appellent cependant à la dissolution de l'État d'Israël.
Des mouvements arabes ont soutenu ou soutiennent des positions antisionistes, comme l'OLP dans sa Charte, ainsi que le mouvement Hamas et le Djihad islamique. Les articles antisionistes de l'OLP ont toutefois été amendés du fait de pressions de la France et des États-Unis.
Dans l'esprit de certaines populations, notamment dans plusieurs pays arabes, et y compris dans des médias à grand tirage, il n'est cependant pas fait de différence entre le sionisme et les juifs : depuis la fondation de l'État d'Israël en 1948, on a pu voir utilisés de façon interchangeable les termes de « sionistes » (sahyûniyyûn), et de « juifs », « Enfants d'Israël » (Banû Isrâîl) ou « Israéliens ».
Il existe aussi un antisionisme religieux juif fondé sur des vues comme celles de Satmar Rebbe, le rabbin Joel Teitelbaum. Selon des groupes comme le Neturei Karta et Satmar, les premiers sionistes ont utilisé des méthodes contraires à la Halakha pour réaliser leurs buts. Ainsi, la Halakha interdit aux juifs de tirer avantage de l'État d'Israël ou de le faciliter de n'importe quelle façon. Le Neturei Karta va jusqu'à soutenir que les juifs ont une obligation d'aider à détruire l'État d'Israël. Il faut noter que le sionisme était à l'origine un mouvement laïc.
D'autres mouvements juifs dans les pays occidentaux s'opposent au sionisme pour des raisons politiques. Certains juifs estiment que l'assimilation de la judéité à un État est préjudiciable à l'ensemble des juifs dans le monde, puisque ceux-ci sont irrémédiablement associés à l'État qui prétend les représenter. En outre, ils affirment qu'un certain nombre d'associations qui se disent représentatives des juifs entretiennent elles-mêmes la confusion entre les juifs et le sionisme.
En Israël, les mouvements anti-sionistes sont divers parmi la population arabe mais aussi juive. Un certain nombre d'historiens, qualifiés de post-sionistes, ont remis en cause la pertinence de lois fondamentales établissant une préférence pour les juifs en Israël, tel Ilan Pappé ou Meron Benvenisti.
Thème connexe
Documents
- Yakov Rabkin, Au nom de la Torah, l'opposition juive au sionisme
Liens
- Appel Olga, appel de personnalités israéliennes dénonçant les principes idéologiques du sionisme
