Armée républicaine irlandaise

L'appellation Armée républicaine irlandaise ou IRA (Irish Republican Army) a été dans l'histoire revendiquée par plusieurs organisations paramilitaires irlandaises, souhaitant libérer l'Irlande de la tutelle du Royaume-Uni. Le nom se réfère généralement aujourd'hui à l'IRA provisoire (Provisional IRA), qui s'est séparée dans les années 1960 et cherche à rattacher le Nord et la République d'Irlande et à libérer le Nord (parfois improprement appelé Ulster alors qu'il n'en forme qu'une partie) de la domination des Britanniques et des Protestants (ces derniers étaient à l'origine des calvinistes écossais installés par le pouvoir royal).

Elle a agi pendant de nombreuses années par la voie armée (terroristes ou résistantes, selon les points de vue), mais elle semble privilégier depuis quelques années la voie du dialogue par l'entremise de sa branche politique, le Sinn Féin dirigé par Gerry Adams.

Des groupes se réclamant de l'appellation IRA véritable (Real IRA) ont continué la lutte armée (comme l'attentat d'Omagh en 1998 qui a fait 29 morts), mais semblent devoir s'éteindre après avoir été décimés par les arrestations.

Histoire

Pendant la guerre civile (1919-1921), l’IRA emploie des stratégies de guérilla (embuscade, raid, sabotage, etc.) pour forcer Londres d’accorder l’indépendance de l’Irlande : Londres vote l’Ireland Act établissant un État Libre d’Irlande doté du statut de dominion (1921), mais six comtés de l’Ulster (Irlande du Nord) demeurent au sein du Royaume-Uni. Rapidement, l’IRA se divise : les partisans supportent ce plan de paix et les autres s’y opposent. Ceux-ci entreprennent une guerre civile qui s’achève en 1923 lorsqu’ils décident de poursuivre la lutte uniquement sur le plan politique.

Quand l’État libre d’Irlande devient une République indépendante (1948), l’IRA mène une nouvelle lutte terroriste (bombe, assassinat, attentat, etc.) en Irlande du Nord et en Grande-Bretagne. Le but est d’intégrer l’Irlande du Nord à la République d’Irlande. Ce combat dure jusqu’en 1962, date à laquelle l’IRA annonce un cessez-le-feu et semble devoir dispaître. Cependant la violente repression des marches des droits civiques en Irlande du nord à la fin des années 1960 aboutit à la reconstitution de l'IRA. Celle-ci reprend ses activités terroristes pour exiger le retrait des soldats britanniques se trouvant en Irlande du Nord (1969). Elle commet plusieurs actes terroristes majeurs : Belfast est le théâtre de 22 attentats en l’espace de 75 minutes, faisant 9 morts et 130 blessés (Bloody Friday, 1972); Lord Mountbatten, cousin de la reine Élisabeth II, est assassiné (1979); l’hôtel Brigton où sont réunis la première ministre Thatcher et ses ministres est bombardé (1984). Ce conflit qui poursuit jusqu’aux années 1990 fait plus de 3000 victimes.

Incapable de convaincre Londres de retirer ses soldats, l’IRA annonce un cessez-le-feu (1994). Le Sinn Féin commence à entreprendre des négociations de paix avec la Grande-Bretagne. La paix est cependant précaire (reprise des attentats, 1996-1997). Un accord de paix du « Vendredi Saint » (avril 1998) est conclu à Belfast et il est approuvé par référendum en Irlande du Nord et en République d’Irlande. Ce plan prévoit la création d’une nouvelle Assemblée réunissant les protestants et les catholiques et la coopération entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Le nouveau gouvernement dirigé par un protestant est mis en place en Irlande du Nord (1999). Toutefois, les tensions entre les protestants et les catholiques au sujet du fonctionnement des institutions politiques et le refus de l’IRA de désarmer font planer des incertitudes sur l’avenir de la paix.

Voir aussi

See also: Armée républicaine irlandaise, 1916, 1919, 1923, 1948, 1962, 1969, 1972, 1979, 1984