Auto Union
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Auto Union, la naissance
- Au début des années 1930, alors que Mercedes affiche une santé florissante, les petits constructeurs allemands souffrent gravement de la crise.
Jörgen Skafte Rasmussen, PDG de DKW, a alors l'idée, en août 1932, de fédérer quatre vieilles marques automobiles allemandes sous le sigle Auto Union AG. En fait ce processus de concentration avait été amorcé en 1928 lorsque la Société Motorenwerke J-S Rasmussen AG (en fait DKW) de Zwickau en Basse-Saxe, absorba une entreprise voisine, Audi.
- L'idée de Rasmussen, exposée en CA du 20 juillet 1932 était la suivante : « Aujourd'hui, du fait de la crise, nos petites voitures se vendent mal. Nos usines trop indépendantes se font même parfois concurrence. Il faut les regrouper et avec elles nos techniques, nos réseaux mais surtout nos hommes et notre savoir faire. De plus puisque nos petites voitures ont perdu leur clientèle, fabriquons en donc de plus puissantes, des grosses berlines mais aussi des voitures de courses. Et l'ogre trouvera à qui parler. »
NB. l'ogre était en fait Mercedes. Ce consortium de quatre marques regroupe :
Audi
- Le nom d'une des marques les plus renommées d'Allemagne est la traduction en latin du patronyme de son fondateur August Horch. En 1899, après trois ans d'apprentissage à la société Benz, de Manheim, ce dernier avait fondé la société A. Horch & Co. Motorwagen Werke, entreprise de construction d'automobiles dont le siège fut fixé en 1903, à Zwickau en Basse-Saxe. En juin 1909, alors même que cette firme avait acquis une certaine renommée, Horch fut brusquement évincé de la direction de la société qui portait son nom. Victime d'un désaccord avec le directeur commercial, le prétexte en était que les nouvelles...
- Fondée en 1910 par August Horch. (1849/1915) usines à Zwickau en Basse-Saxe; Siège social : idem.
-modèle phare : la « 14/35 HP », produite de 1912 à 1921. Ce modèle qui disposait d'un excellent rapport poids/puissance connut, dans sa version course, l'Alpensieger, de nombreux succès sportifs. La période des grands succès fut sans conteste celle qui coïncida avec la présence personnelle et constante de Horch, génie de la mécanique tout comme Porsche. Au succès technique mérité de ses voitures, il ajoutait son omniprésence par une participation assidue aux compétitions tant comme conducteur enthousiaste qu'entraîneur d'une équipe de pilotes dont faisaient partie d'ailleurs ses propres ingénieurs. Il unissait à ces qualités celles de constructeur sérieux et d'excellent ingénieur. À un journaliste qui lui en faisait la remarque, il répondit: « Certainement, dommage cependant que je ne sois pas aussi doué pour les basses intrigues des conseils d'administration » (voir Horch & Co ci dessous) De 1911 à 1914, la société Audi participa à la Coupe des Alpes, alors terrible course d'endurance de 2400 km qu'elle remporta trois années de suite, en 1912, 1913 et 1914! Même, le simple fait de ne pas avoir eu de pénalisations en 1911, fut ressenti comme une première victoire et donna à Audi, son image de constructeur sportif.
DKW
- Fondée en 1917 par Jörgen Skafte Rasmussen (1849/1915), usines à Zwickau en Basse-Saxe. Siège social à Zschopau, en Basse-Saxe.
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- DKW qui signifiait à l'origine: « Dampf-Kraft-Wagen » (véhicules mus par la vapeur) fut rapidement popularisé sous le slogan : « Das kleine Wunder » (la petite merveille).
Son modèle phare fut la P15, produite de 1928 à 1939. Cette voiturette était livrable en deux versions : un roadster et un cabriolet deux places. Elle était équipée à l'origine d'un moteur très particulier, le Pfaffrath, (dont la conception remontait à 1921). C'était, un bi-cylindre deux temps d'une cylindrée de 600 cm³. Elle connut par la suite de nombreuses versions et de nombreuses motorisations. Ce moteur Pfaffrath passa du 2 cylindres au 4 cylindres et fut (sans retenue et même sans vergogne) appelé le « 4 = 8 » dans les catalogues de l’époque. Car pour DKW la puissance développée par un quatre cylindres deux temps étaient identiques à celle d’un huit cylindres quatre temps... Assurément cet argument purement commercial ne tient pas devant une étude technique, un tant soit peu sérieuse... Ce disant, le moteur Pfaffrath quatre cylindres fut proposé dans les cylindrées et puissances suivantes : -780 cm³ (alésage/course 60 X 68) 20 ch à 3200 t/min, -980 cm³ (alésage/course 68 X 68) 25 ch à 3500 t/min, -1054 cm³ (alésage/course 70 X 68.5) 32 ch à 3800 t/min (à partir de 1935). Malgré certains aspects remarquables (puissance, légéreté, facilité d'entretien,…) il avait trois inconvénients : le bruit du deux temps, des reprises difficiles génératrices d'à-coups et surtout une forte consommation d'essence. Au point que DKW signifiait dorénavant, dans l'esprit du public: « Der Kunde Weint », (le client pleure)...
Horch & Co
- Fondée en 1899 par August Horch (1849/1915), usines et siège socail à Zwickau en Basse-Saxe. Elle disparut officiellement en 1956.
- Le succès des quatre cylindres concrétisée oar le modèle culte de Horch la 4 cylindres, fut produite de 1905 à 19.. .
C'est avec cette voiture, la première équipée d'un moteur à soupapes en tête que Stöss, avocat à Zwickau gagna l'une des courses internationales les plus prestigieuses de l'époque, la Herkomer en 1906. August Horch a imposé d'emblée la philosophie de la marque. « Je me suis efforcé en toutes circonstances, de ne construire que des voitures solides et de qualité », tel était son leitmotiv. La marque Horch demeura liée à son nom aussi longtemps qu'elle exista. Le quatre cylindres de Zwickau n'existait tout d'abord qu'en deux modèles, l'un de 22, l'autre de 40 ch, avec des cylindrées respectives de 2,6 et 5,8 litres. Les voitures se distinguaient par le luxe de leur équipement et la robustesse de leur technique.
- La débacle de la six cylindres. Horch joua de malchance avec une six cylindres : une expérience qui se solda par un échec. Ses voitures ne résistèrent pas non plus à la forte pression des aspirations du public à d'autres succès sportifs à sensation. Répéter l'exploit de la course du Herkomer s'avéra impossible. Intrigues et querelles ébranlant la direction et le conseil d'administration firent le reste.
- La traitrise :
Le 16 juin 1909, alors même que sa firme avait acquis une certaine renommée, victime d'un désaccord avec Fritz Seidel, le directeur technique et Heinrich Paulmann le directeur commercial, Horch fut brusquement évincé de la direction de la société qui portait son nom. Le prétexte en était que les nouvelles six cylindres n'avaient pas remporté de victoires dans les grandes épreuves de 1907, mais en réalité le différend avait des racines plus profondes : Horch fut mis en minorité au conseil d'administration. Après le départ de Horch, Seidel, responsable de fabrication, et Heinrich Paulmann, directeur technique, vécurent longtemps sur l'héritage Horch qu'ils venaient de s'accaparer. Pour plus de sûreté, ils s'empressèrent de déposer plus de 13 marques de fabrique (ce nombre passa même à 26 avant le 10 janvier 1910) reprenant le nom de Horch - dont : Originalhorchwagen, Autohorch, Horchoriginal, Horchuk, Horchol, Horcher, etc. On avait même fait protéger le nom de A. Horch. Horch avait, pour sa part négligé tout cela et n'avait donc plus aucune chance de diriger une nouvelle entreprise en son nom. Même la devise d'August Horch « Bon et fort » demeura le fer de lance de Seidel et Paulmann.
- Vers un nouveau départ: moins d'un mois plus tard, Horch fondait une nouvelle usine Horch qui fut inscrite le 16 juillet 1909 au registre du commerce sous la forme d'une SARL. Horch avait réuni en 72 heures le capital requis, soit 20 000 DM. Son départ fut l'objet d'une polémique dans la presse et, quelque temps plus tard, d'un procès en justice qui provoqua une véritable sécession. August Horch, suivi de techniciens et d'ouvriers fidèles fonda, un mois seulement après ces événements, la société August Horch Automobil Werke au capital de 20.000 marks, et s'établit géographiquement très près de la société A. Horch & Co. Motorwagen Werke. La quasi homonymie des deux raisons sociales donne une idée de l'âpreté de la bataille qui s'ensuivit. Finalement, suite à une mise en demeure du tribunal de Leipzig, la nouvelle société dut changer son nom en Audi.
Wanderer Verke AG
- Fondée en 1899 par Jörgen Skafte Rasmussen, (1878/ 1964), usines à Chemnitz en Basse-Saxe; Siège social : idem.
Spécialisé dans la production de motos et de voiturettes. Son modèle phare fut la « la Puppchen (la poupée) », produite de 1912 à 1927. Avant d'être absorbée, elle revendit tous ses brevets à NSU Jörgen Skafte Rasmussen est donc l'homme qui fédéra l'« Auto-Union ». Mécanicien c'était un grand ami d'August Horch et d'un autre ingénieur, un certain Ferdinand Porsche qui d'ailleurs travaillait chez lui. Lors de la fusion, en 1932, outre le patrimoine industriel c'est sans doue le plus beau « cadeau » que la Wanderer fit au nouveau groupe. Les trois hommes qui avaient les mêmes passions, un peu le même caractère, fougueux, indépendants, francs, peu doués pour l'intrigue, se comprenaient et s'estimaient mutuellement. Cependant comme l'a dit plus tard, Otto Hahn: « Si Horch et Rasmussen étaient de vrais génies de la mécanique, Porsche en était le dieu ».
