Axiome du choix

Sommaire

Énoncé

« Etant donnée une famille d'ensembles non vides, il existe une fonction qui à chacun d'entre eux associe un de ses éléments. »

( Ce qui se traduit formellement par : Pour tout ensemble C inclu dans P(E) ( P(E) étant l'ensemble des parties d'un ensemble E ), il existe une fonction f:C \to E telle que : \forall X \in C, f(X) \in E )

Il existe d'autres formulations, dont les suivantes :

Particularités

Cet axiome fait partie des axiomes optionnels et controversés de la théorie des ensembles. En effet, l'existence d'un objet défini à partir de l'axiome du choix n'est pas une existence constructive, c’est-à-dire que l'axiome ne décrit aucunement comment construire l'objet dont on affirme l'existence. Ainsi, dire qu'il existe une base de l'espace vectoriel des fonctions continues ne permet en aucune façon de dire comment décrire une telle base. De ce point de vue, l'axiome du choix peut paraître d'un intérêt limité et c'est pourquoi certains mathématiciens se montrent plus satisfaits d'une démonstration s'ils peuvent éviter d'avoir recours à cet axiome du choix. Mais la plupart des mathématiciens l'utilisent sans réticence particulière.

L'axiome du choix est indépendant de la théorie ZF (le jeu d'axiomes non controversés de la théorie des ensembles). On appelle théorie ZFC, la théorie ZF munie en plus de l'axiome du choix.

Anecdote

Bertrand Russell disait à propos de l'axiome du choix : Pour choisir une chaussette plutôt que l'autre pour chaque paire d'une collection infinie, on a besoin de l'axiome du choix. Mais pour les chaussures, ce n'est pas la peine.

Explication :

Il semble cependant qu'il faille tempérer le pessimisme de Russell : http://math.dartmouth.edu/~doyle/docs/three/three.pdf

Exemples de construction d'ensembles où l'axiome du choix est nécessaire

Formes faibles de l'axiome de choix

Il existe des formes faibles de l'axiome du choix que le mathématicien utilise couramment, la plupart du temps sans s'en apercevoir à moins d'être logicien ou « constructiviste », et qui servent à « construire » des suites. Ils sont absolument indispensables pour l'exposé usuel des fondements de l'analyse.

Axiome du choix dénombrable

Cet axiome, abrégé en « AD », est la restriction de l'axiome du choix aux familles dénombrables :

« Etant donnée une famille dénombrable d'ensembles non vides, il existe une fonction qui à chacun d'entre eux associe un de ses éléments. »

Il est par exemple utilisé pour démontrer qu'une fonction f définie sur R est continue en 0 ssi f(xn) tend vers f(0) pour toute suite (xn) tendant vers 0. Il permet aussi de démontrer qu'un produit dénombrable d'espaces compacts est compact, ou encore le théorème de Hahn-Banach pour un espace de Banach séparable.

Axiome du choix dépendant

Cet axiome, abrégé en « DC », assure que, si R est une relation sur un ensemble non vide E vérifiant

\forall x \in E\ \exists y \in E\ xRy,

il existe une suite (xn) d'éléments de E telle que

\forall n\ x_nRx_{n+1}.

L'axiome DC implique l'axiome AD, sans que cela soit évident. Il est par exemple utilisé dans axiome de fondation et plus généralement relation bien fondée pour établir l'équivalence de deux définitions.

Voir aussi

Pour plus de détails : Théorie axiomatique des ensembles.

Résultats liés à l'axiome du choix :

Une étrange conséquence de l'axiome du choix : Le Paradoxe de Banach-Tarski

See also: Axiome du choix, Algorithme, Axiome, Axiome de fondation, Bertrand Russell, Bon ordre, Ensemble, Ensemble inductif, Espace de Banach, Espace séparable