Bataille de Cannes
| Bataille de Cannes | |||||||||||||||||
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| Conflit | Deuxième guerre punique | ||||||||||||||||
| Date | 2 août, 216 av. J.-C. | ||||||||||||||||
| Lieu | Apulie dans le Sud-Est de l'Italie | ||||||||||||||||
| Issue | Écrasante victoire carthaginoise | ||||||||||||||||
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| Sommaire |
Déroulement de la campagne
- Après leur défaites du Tessin, de la Trébie et surtout du lac Trasimène, les Romains avaient adopté une politique de temporisation mise en œuvre par le dictateur Fabius Maximus, dit Cunctator pour cette raison. Mais aux élections suivantes, sur fond de conflit entre la plèbe et les patriciens, les consuls sont divisés : Paul Émile est partisan de poursuivre la tactique de harcèlement du Cunctator, mais Varron est partisan d'une offensive rapide. Tite-Live signale que la tactique attentiste commençait à payer et que l'armée carthaginoise était presque à bout de vivres et avait les plus grandes difficultés à se ravitailler. C'est Varron, le moins bon général de la paire consulaire qui commande à Cannes. Sa confrontation au génie militaire d'Hannibal donne un exemple de bataille classique (au sens propre, c'est-à-dire qu'il est encore étudié dans les écoles militaires) et démontre les insuffisances des légions romaines.
- Les consuls étant élus chaque année, ils n'avaient pas le temps de se former au commandement militaire. Rome avait donc mis en place une tactique éprouvée et simple, où le succès de la bataille reposait peu sur la valeur du général et essentiellement sur la discipline et la valeur des soldats romains, qui étaient citoyens et défendaient leurs biens.
La bataille de Cannes (aujourd'hui Canne della Battaglia) se déroule en effet à proximité de l'Aufide en Apulie à quelques dizaines de kilomètres des premières colonies romaines. La disposition des troupes était toujours la suivante :
- les légions romaines au centre : étant les mieux équipées, elles constituent le point fort du dispositif ;
- les légions alliées les flanquant à droite et à gauche : étant moins bien équipées, elles forment un point faible ;
- et la cavalerie, flanquant le tout et protégeant les ailes.
- À l'intérieur des légions, les troupes étaient disposées en trois lignes, d'âge et d'équipement croissant. Là encore, les légions étant composées de citoyens payant leur équipement, les jeunes et les pauvres avaient un armement léger, alors que les plus vieux et les citoyens aisés étaient bien cuirassés. Les riches pouvant se payer un cheval formaient la cavalerie. Au cours de la bataille, après un harcèlement de l'adversaire par des troupes légères, la première ligne s'avançait pour enfoncer les lignes ennemies. Si elle était repoussée, elle reculait en bon ordre derrière la troisième ligne et c'est la deuxième qui prenait le relais.
Déroulement
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Ayant observé cette tactique, Hannibal décida de l'exploiter. Il plaça son infanterie légère au centre, épaulée par l'infanterie lourde et la cavalerie. Quand les Romains attaquèrent, il les laissa s'enfoncer dans son dispositif, faisant reculer son infanterie plus faible. Les Romains se retrouvèrent bientôt en fer à cheval, avec les fantassins carthaginois en face d'eux mais également à leur droite et à leur gauche. Hannibal les laissa s'enfermer dans la nasse, le consul pensant exploiter un avantage. De son coté, la cavalerie numide, bien supérieure, mit en déroute son homologue romaine et put achever l'encerclement.
Bilan
Selon Tite-Live (Histoire romaine XXII-49), « On chiffre les pertes à 45 000 fantassins et 2 700 cavaliers, citoyens et alliés en nombre à peu près égal; parmi eux, les deux questeurs des consuls Lucius Atilius et Lucius Furius Bibaculus, 29 tribuns militaires, d'anciens consuls, d'anciens préteurs ou édiles, entre autre Gnaeus Servilius Geminius et Minucius qui avait été maître de cavalerie l'année précédente et consul quelques années plus tôt; en outre, 80 sénateurs ou magistrats ayant rang de sénateurs : enrôlés volontaires ils servaient comme simples soldats dans les légions. On dit qu'il y eut 3 000 prisonniers parmi les fantassins et 1 500 parmi les cavaliers. » Le consul Paul Émile aussi trouve la mort au combat, mais Varron parvint à s'échapper.
Hannibal s'en tira avec 6 000 tués.
Rome aurait dû théoriquement capituler, mais ce n'était pas dans le caractère tenace des Romains : Rome refusa par exemple de racheter ses prisonniers (500 deniers pour les cavaliers, 300 pour les fantassins et 100 pour les esclaves). Elle reprit sa tactique de temporisation et reconquit patiemment le terrain perdu. Hannibal, avec une armée trop faible pour prendre Rome de siège, occupa ensuite pendant plus de dix ans le Sud de l'Italie, avant d'être rappelé en Afrique en 203 av. J.-C.
Voir aussi
Bataille de la Trébie
Bataille du Tessin
Hannibal Barca
