Bataille de Midway

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Dauntless divebomber at the Battle of Midway

Bataille de Midway
ConflitSeconde Guerre mondiale - Guerre dans le Pacifique
Date5 juin 1942
LieuAu large de l'île de Midway
Issuevictoire alliée décisive
Combattants
États-Unis Japon
Commandants
Frank J. Fletcher,
Raymond A. Spruance
Chuichi Nagumo,
Isoroku Yamamoto
Forces en présence
3 porte-avions,
environ 50 navires de soutien
4 porte-avions,
environ 150 navires de soutien
Pertes
1 porte-avions,
1 destroyer,
307 marins
4 porte-avions,
1 croiseur,
2 500 marins

En 1942, les japonais de Isoroku Yamamoto veulent détruire la flotte américaine. En perdant la bataille de Midway le 5 juin 1942, l'amiral Yamamoto doit renoncer à une attaque contre l'atoll de Midway et voit le cours de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre du Pacifique se transformer.

Cette bataille intervient seulement un mois après la bataille de la Mer de corail. Elle mêla les compétences, l'audace et la chance en parts égales. L'attaque contre l'atoll de Midway, ainsi qu'une feinte organisée par une force japonaise limitée vers l'Alaska, devait attirer dans un piège la flotte des porte-avions américains qui avait été épargnée lors de l'attaque-surprise contre Pearl Harbor, devait venger le bombardement de Tokyo pendant le raid de Doolittle, deux mois auparavant, devait renforcer significativement la ligne de défense Est du Japon, détruire la flotte américaine du Pacifique et autoriser une future invasion de Hawaii.

Les historiens n'ont pas su déterminer si une telle victoire aurait permis aux japonais de se ruer sur la côte Ouest de États-Unis devenue essentiellement sans défense. Mais il est clair que la stratégie américaine qui incluait le déploiement d'une force considérable dans l'Atlantique Nord (soit de l'autre côté du monde) aurait dû être singulièrement révisée. Le Japon n'avait peut-être pas l'intention de s'emparer de territoires américains et se serait peut-être contenté de conquêtes régionales. Mais la transformation radicale de l'équilibre stratégique du monde aurait pu avoir des conséquences notables sur la suite de la Seconde Guerre mondiale et sur le théâtre européen (au moins un allongement de la guerre et peut-être une victoire nazie).

Sommaire

Avant la bataille

Midway en elle-même n'avait pas un rôle stratégique notable dans le plan japonais : ils se concentraient sur les iles Samoa, Fidji et l'Australie qui représentaient l'extension naturelle de leurs conquêtes dans le Sud Est du Pacifique. De plus, étant la base américaine la plus proche du territoire japonais, sa possession ne pouvait qu'être défendue âprement.

Comme à l'accoutumée, le plan de l'amiral Isoroku Yamamoto était ingénieux et déterminé. Fidèle à la doctrine stratégique de la marine impériale japonaise, il devait pour partie amener la flotte américaine dans une situation gravement affaiblie. La force principale de Yamamoto suivait ses porte-avions à distance pour pouvoir s'attaquer à tout support apporté à l'atoll de Midway. Ce plan avait probablement été compliqué par la nécessité de réagir rapidement au raid de Doolittle sur Tokyo en avril. Ce bombardement n'avait guère produit de dégâts, mais il avait démontré de manière frappante que le sol japonais n'était pas à l'abri de la guerre. Il s'était révélé d'une importance psychologique considérable.

US intelligence

L'espionnage de la marine américaine (US Naval Intelligence) avec l'aide des britanniques et des hollandais avait essentiellement percé une partie des codes utilisés par la marine japonaise (JN-25, un code de cryptage) depuis quelque temps déjà. Malgré la modification de ce code juste avant l'attaque contre Pearl Harbor, les progrès de son décryptage étaient rééls, au point d'envisager d'utiliser les informations ainsi obtenues pour arrêter les opérations japonaises.

Toutefois, un élément du code (l'emplacement AF) restait inconnu. Certains pensaient qu'il s'agissait de Midway, mais il y avait controverse et il pouvait s'agir des iles Aléoutiennes. Il n'y avait malheureusement aucun moyen de clore le débat avec les seuls éléments cryptographiques. Un jeune officier, Jasper Holmes, à la station Hypo, fit une suggestion brillante pour lever le doute. Il demanda au commandant de la base de Midway d'annoncer—en clair—à la radio qu'il y avait une urgence sanitaire—l'eau potable venait à manquer à cause d'un accident à l'usine d'épuration. Un message codé par JN-25 ne tarda pas à noter qu'AF avait un problème d'eau potable et que les forces d'attaques devaient en tenir compte. La conclusion logique immédiate était donc qu'AF et Midway ne faisait qu'un et que l'opération militaire à venir s'y déploirait.

Toutefois, le décodage de JN-25 était très lent et ce n'est qu'à la dernière minute que l'amiral Chester Nimitz eut assez d'éléments pour mettre en place un piège contre les forces qui allaient attaquer Midway. Il rappela les porte-avions de Fletcher du Sud Ouest du Pacifique et les chantiers navals de Pearl Harbor réparèrent en temps record le Yorktown—gravement endommagé pendant la bataille de la Mer de corail—lui permettant de rejoindre la nouvelle bataille navale.

En 72 heures seulement, le Yorktown fut transformé d'une épave à peine flottante en un porte-avions opérationnel (même s'il restait significativement affaibli). Son pont d'envol était rebouché plus que réparé, sa structure interne était étayée et ses avions étaient remplacés par ceux de la base navale. Il faut admettre que pour disposer de son troisième et dernier porte-avions, l'amiral Nimitz ignora totalement toutes les règles et procédures. Par exemple, les réparations n'étaient pas encore finies quand le navire appareilla au son de « California, Here I Come » (Californie, me voici).

Pendant ce temps, à Truk, le Shokaku attendait un groupe d'avions pour remplacer ses pertes et le Zuikaku, légèrement endommagé, attendait ses réparations. L'équilibre des forces eut été très différent si les États-Unis n'avaient aligné que l'Enterprise et le Hornet, sous les ordres de l'amiral Raymond A. Spruance, face aux Soryu, Hiryu, Akagi et Kaga.

La bataille proprement dite

Alors que les deux forces envoyaient des avions de reconnaissance pour localiser l'ennemi, à l'aube du 4 juin, les avions des portes-avions japonais bombardèrent la base de Midway faisant d'importants dégats. Des bombardiers à long rayon d'action, y compris des B-17, lancèrent plusieurs attaques contre les japonais sans grand effet et les chasseurs qui décolaient de Midway n'eurent que peu d'effet. Les forces américaines conduites par le contre-amiral Spruance (le vice amiral Frank Jack Fletcher avait le commandement général depuis le Yorktown, mais Spruance disposait de la meilleure connaissance de la situation opérationelle), avait l'avantage considérable de connaître les intentions de l'ennemi grâce au décodage des communications de la marine japonaise. Quand les avions japonais eurent rejoint leurs porte-avions, l'amiral Chuichi Nagumo décida de les ré-armer avec des bombes pour une deuxième frappe sur Midway. Pendant leur préparation, les navires américains furent détectés. Nagumo en décida de modifier l'armement des avions pour organiser une attaque contre la force navale américaine. C'est ainsi que les porte-avions japonais étaient particulièrement vulnérables quand se présenta l'attaque américaine : torpilles et bombes empilées sur les ponts, tuyaux de carburant partout autour des avions toujours en cours de ravitaillement en faisait des cibles fragiles et facilement inflamables.

Spruance lança une attaque depuis ses propres porte-avions USS Enterprise et Hornet contre leurs adversaires japonais. Les tirs anti-aériens et les chasseurs japonais détruirent 35 des 41 avions torpilleurs Devastator du Hornet. Cette action réduisit sensiblement le nombre de Zeros au point que les bombardiers en piqué Dauntless de l'Enterprise purent attaquer presque sans aucune opposition. En cinq minutes, trois porte-avions ajaponais étaient en feu, abandonné ou inutilisable : l’Akagi, le Kaga et le Soryu.

Les avions qui décolèrent du dernier porte-avions (le Hiryu) frappèrent le Yorktown et le laissèrent gravement endommagé ; mais il survécut à cette première attaque, puis à une seconde, pour n'être finalement coulé par un sous-marin japonais que le 7 juin alors qu'il dérivait. Le même sous-marin coula également le destroyer Hammann à qui avait été confié la défense du Yorktown. Avec la perte du Yorktown, le commandement passa des mains de l'amiral Fletcher à celles de l'amiral Spruance — au crédit duquel sera porté la victoire. Les avions de l'Enterprise à leur tour mirent le feu au Hiryu et endommagèrent le destroyer Isokaze. Après cela, Spruance, coordonna des attaques depuis les porte-avions et Midway contre les navires japonais restant coulant les croiseurs japonais Mogami et Mikuma.

Suites

Les forces américaines se retirèrent rapidement après une victoire décisive. La perte de quatre porte-avions porta un coup d'arrêt à l'expansion de l'empire japonais dans le Pacifique et le mit en position défensive seulement six mois après l'attaque contre Pearl Harbor. L'amiral Yamamoto avait fait la prédiction à ses supérieurs que le Japon aurait le dessus pendant six mois à un an avant d'être débordé par les ressources américaines. Il avait été terriblement exact.

Cinéma

La bataille de Midway apparait plusieurs fois au cinéma. Le film le plus connu est assurément Midway de 1976, mis en scène par Jack Smight, qui représente les événements de manière plutôt fidèle.

Archéologie

Le 19 mai 1998, Robert D. Ballard et une équipe de scientifiques et de vétérans de Midway (y compris des participants japonais) réussit à localiser et à photogrpahier le Yorktown. Le navire est dans un état toujours remarquable pour un vaisseau coulé 54 ans auparavant. Les superstructures, l'équipement et même une grande partie de la peinture y est toujours visible.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

See also: Bataille de Midway, 1942, 1998, 19 mai, 5 juin, Alaska, Anglais