Beur
Le mot beur a été crée en inversant l'ordre des syllabes du mot arabe : a-ra-beu donne beu-ra-a, puis beur par contraction. C'est donc un mot du verlan, qui a la particularité d'avoir été « verlantisé » lui-même, donnant rebeu, aujourd'hui utilisé pratiquement dans le même sens. Ces deux mots désignent largement les descendants des émigrés d'Afrique du Nord installés en France. Ce sont des mots d'argot qui ne portent pas en soi de connotations péjoratives.
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Immigrés de deuxième génération
Les beurs étant souvent des enfants d'immigrés, on utilise parfois le terme d'« immigrés de deuxième génération », par opposition aux « primo-arrivants », par exemple dans l'Éducation nationale française. (Les seconds sont ceux qui n'ont aucune maîtrise de la langue française, et parfois aucune habitude scolaire, et dont les problèmes sont très différents des premiers.)
Les associations anti-racistes rejettent souvent le terme d'« immigrés de deuxième génération » parce que, selon elles, si une personne est née en France, elle n'est pas immigrée. Elles décèlent dans cette appellation l'ambiguité de la politique et de la société française qui, d'une part, considère les beurs comme des citoyens français à part entière, assujettis aux devoirs citoyens comme les impôts ou bien, jusqu'à récemment, le service militaire, et qui d'autre part les rejette souvent aux marges de la sociétés à cause des phénomènes de racisme larvé (comme la ségrégation à l'embauche, à l'accès au logement ou à l'entrée dans les discothèques, voire des contrôles de police abusifs ; on parle alors couramment de « délit de faciès »).
L'expression « immigré de deuxième génération », même si elle est ambiguë, recouvre cependant une réalité plus large que le mot beur, puisque les enfants des immigrés de l'Afrique sub-saharienne y sont inclus, est il semble que certaines institutions comme l'Éducation Nationale aient besoin de tels termes pour décrire une réalité à laquelle ils sont confrontés.
Culture beur
Les beurs, qui ont tous des origines des pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), auraient créé un ensemble de comportements, de modes de vie, un genre de musique (rap ou raï), des modes vestimentaires, des films cultes, une littérature, cinéma, musique, humour beurs etc., qui constituerait la culture beur, pouvant exprimer parfois le mal-être de certains de ces Français que les clichés décrivent comme « partagés entre deux cultures », ainsi que les difficultés rencontrées dans leurs relation avec leur famille, souvent encore très marquées par leur pays d'origine, et la société française encore profondément imprégnée de réflexes coloniaux (dans la colonie les Maghrébins étaient des « indigènes », avec des droits et une citoyenneté inférieurs par rapport aux Européens des colonies). Il subsiste de ce passé une continuité des représentations et un réflexe de discriminations générales à l'embauche, au logement, aux loisirs, aux contrôles renforcés au faciès, au racisme larvé ou revendiqué par une majorité (voir sondage annuel sur le racisme). Discriminations que la société allie, non sans hypocrisie, à l'injonction faite aux beurs de s'"intégrer"! Le nombre de Français beurs diplômés au chômage est 4 fois plus important que la moyenne nationale des autres Francais à diplômes équivalents.
Personnalités ou groupes reflétant la culture beur
- Smaïn
- Rachid Taha
- Zebda (signifie dire « beurre »)
- Djamel Debbouze
- Rap : IAM
Filmographie
- Salut cousin !, Merzak Allouache (1996)
- Mémoires d'immigrés, l'héritage maghrébin, documentaire de Yamina Benguigui (1998)
Expressions
- « Black, blanc, beur » : expression apparue dans les années 1990, pour désigner la France multi-ethnique (par comparaison au drapeau bleu, blanc, rouge) ;
