Bhagavad-Gîtâ

Elle conte l'histoire de Krishna, avatar de Vishnou, identifié comme une manifestation du Brahman et d'Arjuna, un prince guerrier, en proie au doute et qui refuse la bataille car elle entraînera la mort de membres de sa famille. L'histoire se déroule au commencement de la grande guerre de Bharata. Le poème se compose de sept cents distiques, divisés en dix-huit chapitres. Les indianistes occidentaux s'accordent à penser que sa composition date du IIe siècle av. J.-C.

Non loin d'Hastinâpura, Arjuna et Krishna sont au milieu du champ de bataille de Kurukshetra, entre les deux armées rangées de chaque côté d'eux. Arjuna doit souffler une conque pour annoncer le début des combats. Voyant des amis et des parents dans les deux camps, Arjuna est désolé à la pensée que la bataille fera beaucoup de morts parmi ceux qu'il aime. Il se tourne vers Krishna pour demander conseil.

Krishna l'instruit alors sur un grand éventail de domaines, à commencer par la foi hindoue en la réincarnation de tous les êtres, signifiant par là que les vies perdues dans la bataille ne le sont pas véritablement. Krishna continue à exposer un grand nombre de sujets spirituels, parmi lesquels plusieurs yogas - ou chemins de dévotion - différents. Dans le onzième chapitre, Krishna dévoile à Arjuna qu'il est, en fait, un incarnation du dieu Vishnou.

À un niveau plus profond, la guerre est une métaphore pour les confusions, les doutes, les craintes et les conflits qui préoccupent toute personne à un moment ou un autre de sa vie.

La Gîtâ s'adresse à cette discorde en nous et enseigne les yogas qui permettent de l'apaiser, le bhakti yoga la voie de la dévotion du Dieu personnel, le jnana yoga ou la voie de la connaissance, le karma yoga ou voie de l'action juste et le raja yoga, la voie de la méditation. Selon Krishna, la racine de toutes les douleurs et de tous les troubles est l'agitation de l'esprit provoquée par le désir. La seule manière d'éteindre la flamme du désir, indique Krishna, c'est de calmer l'esprit par la discipline des sens et de l'esprit.

Cependant, le refus total de l'action est considéré comme étant aussi nuisible qu'une totale indulgence. Selon la Bhagavad-Gîtâ, le but de la vie est de libérer l'esprit et l'intellect de leurs complexités et de les concentrer sur la gloire de l'âme. Ce but peut être réalisé par les yogas d'action, de dévotion et de connaissance. Le texte finit par un chant exposant la doctrine du renoncement, qui permet d'échapper au saṃsāra, le cycle des renaissances.

La Bhagavad-Gîtâ frappe par son unité de style, contrairement au reste du Mahâbhârata.

La première traduction anglaise, par Charles Wilkins date de 1785. Elle est suivie par une traduction latine, par Schlegel, en 1823, allemande en 1826 par Von Humbolt, en français en 1846 par Lassen,s en grec en 1848 par Galanos.

Voir aussi

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Wikisource propose le texte de la Bhagavad-Gîtâ en français.

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See also: Bhagavad-Gîtâ, 1785, 1823, 1826