Blasphème
Peuvent être, par exemple, considéré comme des blasphèmes:
- nier un attribut divin, voire l'existence du dieu,
- s'approprier un attribut ou un objet consacré,
- pénétrer dans certains lieux,
- injurier ou abimer une représentation du dieu,
- mentir, se parjurer.
Blasphème viens du latin blasphemia qui viens lui-même du grec blasphêmia qui signifie « médisance » ou « calomnie ».
Dans les sociétés où le pouvoir est entre les mains des religieux, le blasphème, qui par définition met en danger leur pouvoir, est sévèrement réprimé, parfois même par torture, la privation de sépulture ou la mort. C'est le cas aujourd'hui de l'Iran par exemple, ou le blasphème est réprimé par la peine de mort.
Dans les sociétés démocratiques, le blasphème existe tout autant sous une forme non religieuse. Il se matérialise sous la forme des sujets tabous ou des sujets qui fâchent, à savoir les sujets qu'il est interdit d'aborder. Dans tous les cas, la définition du blasphème est liée au pouvoir.
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Les cas limites
Religions
Les religions ont parfois toléré - à la différence des pouvoirs - des blasphèmes dérivés qui avaient été neutralisés par substitutions de syllabes ou de mots : Jarnibleu! pour J'renie Dieu! (le confesseur d'Henri IV, l'abbé Coton, avait tout de même obtenu qu'il dise Jarnicoton!), Palsambleu! pour Par le sang d'Dieu!. Certaines provocations ont un sens plus ambigu : une croix la tête en bas est-elle un blasphème ou un rappel du supplice de l'apôtre Pierre ? Trois croix côte à côte constituent-elles un détournement à la manière d'Andy Warhol, ou une représentation symbolique du Golgotha, etc.
Que penser d'un foulard islamique qui serait taillé dans un drapeau des États-Unis, ou qui représenterait un cochon (animal impur selon cette religion) ? Est-il blasphématoire vis à vis de la religion juive que le pape et les cardinaux portent des calottes sur la tête semblables à des kippas ? Autant de cas d'école...
Politique
En Chine impériale, il était considéré comme attentatoire à la personne (sacrée) de l'empereur, et donc blasphématoire, d'utiliser les couleurs réservées de la famille impériale, qui étaient le jaune et le rouge.
Représenter ou afficher le swastika hitlérien est considéré par certaines personnes comme blasphématoire. Le swastika indien (orientée dans l'autre sens) ne pose pas de problème... sauf chez les personnes qui ne voient pas la différence. Le représenter dans d'autres couleurs que celles de base (noir sur rond blanc encadré de rouge) aurait sans doute été considéré blasphématoire par des nazis convaincus. C'est aujourd'hui, en particulier si les couleurs sont fluorescentes, un symbole ambigu. Bref, le blasphème réside parfois plus dans l'œil du censeur que dans la chose représentée elle-même.
Citations
"J'aime mieux l'athée qui blasphème que le sceptique qui ergote !" (Gustave Flaubert / 1821-1880 / Bouvard et Pécuchet / 1881)
"Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la Terre et ne croyez point ceux qui parlent d'espoirs supraterrestres. Autrefois le blasphème envers Dieu était le plus grand blasphème. Mais Dieu est mort; et avec lui sont morts les blasphémateurs. Ce qu'il y a de pire maintenant, c'est le blasphème envers la Terre, c'est d'estimer les entrailles de l'"Impénétrable" plus que le sens de la Terre..." (Friedrich Nietzsche / 1844-1900 / Ainsi parlait Zarathoustra)
"Un de mes plus grands plaisirs est de jurer Dieu quand je bande; il me semble que mon esprit, alors mille fois plus exalté, abhorre et méprise bien mieux cette dégoûtante chimère." (Marquis de Sade / 1740-1814 / La Philosophie dans le boudoir / 1795)
