Camp de concentration
Un camp de concentration est un lieu d'emprisonnement de masse. Ce procédé d'internement a été utilisé à diverses reprises dans l'histoire, notamment à l'occasion de guerres. Ce procédé est encore utilisé dans certains pays.
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Camps de concentration pour civils ennemis
Le statut d'un camp de concentration, bien qu'il soit admis par le doit de la guerre pour l'internement des civils ennemis, est difficile à justifier en ce sens qu'alors, l'internement constitue une mesure collective et non individuelle, qui ne sanctionne pas des actes individuels, mais une situation indépendante de la volonté de la personne internée.
De tels camps sont utilisés en tant que mesure conservatoire militaire : Si des ressortissant du pays B vivent dans le pays A lors de la déclaration de guerre entre A et B, le pays A peut considérer que les ressortissant de B sur son territoire sont des ressortissants d'un pays ennemi, qu'il importe d'interner, pour éviter qu'ils rejoignent l'armée adverse ou se lancent dans des opérations d'espionnage. Ainsi, certains responsables des camps d'internement parleront de simples prisons élargies pour recevoir un plus grand nombre d'internés prisonniers, ou même — dans certains pays et hors temps de guerre — de « structures éducatives ».
Hors état de guerre, ce genre de structure est en général l'œuvre de régimes dictatoriaux. On peut citer parmi les plus médiatisés les camps nazis, le Goulag soviétique et le laogai chinois. Les premiers camps de concentration furent créés, par les Anglais en Afrique du Sud durant leur guerre contre les Boers ( Guerre du Transval, 1899-1902) ; ils y enfermaient les femmes, les vieillards et les enfants des Boers et des membre de tribus indigènes alliées. Les Espagnols y eurent aussi recours à Cuba.
À noter que les camps de concentration ne sont apparus qu'après l'invention du fil de fer barbelé, qui permet d'enceindre de grandes surfaces pour un coût sans commune mesure avec les moyens de détention classiques tels que les prisons.
Il faut souligner le caractère moderne de cette pratique, le traitement historiquement ordinaire pour résoudre le même type de conflit étant plutôt la réduction en esclavage ou la simple mise à mort immédiate (voir génocide).
Exemples historiques
La France a utilisé des camps de concentration dès la Première Guerre mondiale, dont celui de Pontmain, pour y enfermer les ressortissants allemands, austro-hongrois et ottomans présents sur son territoire à l'ouverture des hostilités. De nombreuses îles françaises de la Manche, de l'Atlantique et de la Méditerranée ont été utilisées pour implanter de tels camps. Marcel Proust a évoqué ces camps dans « Le temps retrouvé». La France a aussi eu à nouveau recours à des camps de concentration à la fin de la guerre d'Espagne pour regrouper les réfugiés républicains fuyant le régime franquistes à Gurs, Rivesaltes, Argelès-sur-Mer et Agde, bien que ces réfugiés n'aient pas été des ennemis.
Lors de la Seconde guerre mondiale, de nouveau, le procédé a été employé pour interner les ressortissants des pays ennemis, mais dans ce cas la police française n'a pas fait de différence entre les allemands et autrichiens réfugiés en France et les partisans d'Hitler dont certains avaient organisé dans en France, dès le temps de paix, la fameuse « Cinquième Colonne ».
Les Anglais aussi ont organisé des camps de concentration de civils de l'Axe. C'est ainsi que le civils Allemands et Anglais du sexe masculin résidant aux Indes se sont retrouvés en 1940, internés au camp de Deraa Doun, sur les contreforts de l'Himalaya.
D'autres camps de concentration ont été ouverts aux États-Unis, notamment ceux destinés aux Japonais, après l'attaque de Pearl Harbor. Bien des années après le souvenir de ces rafles de civils Japonais a refait surface.
D'autre camps de concentration ont été instaurés ailleurs, entre 1940 et 1945, comme ceux du Canada destinés aux Québecquois refusant la conscription.
Les camps de regroupement de harkis après les accords d'Évian ne sont pas des camps de concentration : ils n'en n'avaient pas le caractère (les harkis, loin d'être des ennemis de la France, l'avaient au contraire servie, ils étaient de plein droit citoyens français, et ces camps ne comportaient ni régime carcéral, ni brimades), mais constituaient tout de même des camps de regroupement de la population. Leur durée d'existence, supérieure à dix ans, est allée bien au-delà de celle des simples camps de réfugiés, car les autorités françaises n'ont pratiquement rien fait pour assurer leur intégration.
Camps de concentration punitifs
Au temps de l'Europe nazie des camps de concentration ont été instaurés dans des buts non défensifs, mais ultra-punitifs.
Des camps de concentration punitifs ont été constitués par le gouvernement de Vichy en zone non occupée et en Afrique du Nord pour interner des patriotes français récalcitrants, des antifacistes d'Europe centrale. Ceux du Sud-Algérien où ont été regroupés des engagés allemands de la Légion étrangère, sous la direction d'officiers et sous-officiers vichystes, ont été soumis à un régime tellement atroce, que plusieurs internés ont demandé, pour y échapper, à être rapatriés en Allemagne nazie, où ils savaient pourtant que rien de bon ne les attendait.
L'exemple le plus connu (et sans doute le plus meurtrier) de camps de concentration est celui des camps nazis utilisés durant la Seconde Guerre mondiale. Dans ces camps, comme Dachau ou Buchenwald, les opposants politiques et les résistants de toute l'Europe qui n'ont pas été immédiatement exécutés, y ont été déportés, avec peu d'espoir d'en sortir vivants. Mais l'objectif principal de ces camps repressifs était l'esclavage des internés, leur grande mortalité n'en étant que l'accessoire.
Les camps ci-dessus ne doivent pas être confondus avec d'autres camps nazis, tels celui d' Auschwitz, qui étaient des camp d'extermination, dont le but principal était la liquidation industrielle de populations entières déportées, enfants d'abord, la fonction temporaire de travailleurs esclaves de quelques uns d'entre eux n'étant que secondaire. Il faut signler ici le cas trés voisin (industrialisation en moins) d'un camp d'extermination croate particulièrement actif de l'Etat libre Croate de Pavelitch.Dans ce camp dirigé par un Franciscain, furent exterminés une grande quantité de Serbes, de juifs croates, et bien entendu d'opposants.
Buts des camps concentration de type punitif
L'objectif d'un camp de concentration de type punitif peut être par exemple (et sans que ces différents objectifs soient exclusifs) de :
- vider un pays de sa population, pour l'empêcher de soutenir des combattants à l'occasion d'une guerre, ou pour la spolier de richesses minérales (camps de regroupement pendant la guerre d'Algérie) ;
- briser le moral d'un adversaire en le terrorisant par cette menace d'internements massifs (avec deux messages : voyez comme nous sommes terribles et plus vite vous vous rendrez, plus vite cette situation cessera et vos amis pourront être libérés) ;
- purger la population des personnes considérées comme nuisibles ;
- exploiter un grand nombre de travailleurs forcés (on parle alors de camp de travail).
Les personnes incarcérées dans de tels camps le sont souvent pour des motifs politiques, religieux, raciaux, d'une façon générale en raison d'une discrimination ou d'un soupçon à leur encontre.
Les prisonniers y sont souvent : séparés de leurs proches, gardés dans des conditions précaires et difficiles, mal nourris, forcés à travailler et maltraités par les gardiens. La mortalité y est donc élevée.
Parmi les camps de concentration nazis, la plupart étaient des camps de travail, certains devinrent des camps d'extermination.
Bagne et Katorga
Contrairement aux camps de concentration, les bagnes faisaient partie du système judiciaire ordinaire de la France et les katorgas de celui de la Russie impériale, mais en partagent les autres mêmes caractéristiques :
- confinement ;
- installations sommaires et étendues contrairement aux prisons ;
- travail forcé, en général dur et sans qualification.
Les bagnes furent installés dans les ports comme Toulon, après la suppression de la peine des galères, puis dans des territoires comme la Guyane, en Nouvelle-Calédonie.
Les katorgas furent installés en Sibérie et dans les zones peu peuplées de l'Extrême-Orient russe donnant à ces contrées une réputation de punition.
Relégation (en France)
La relégation a été créée par la loi du 27 mai 1885 et a fonctionné en Guyane jusqu'en 1939, et, ensuite, c'est l'île de Ré qui a pris la relève. Elle était automatique pour les multirécidivistes jusqu'à la loi du 3 juillet 1954, mais a subsisté — comme facultative — jusqu'en 1970, où elle a été remplacée par la tutelle pénale jusqu'en 1981. C'est cette relégation qui a inspiré la chanson de Léo Ferré et Pierre Seghers, Merde à Vauban.
Voir aussi
Articles connexes
- Camp d'extermination
- Liste des camps de concentration nazis
- Les camps de rééducation de Corée du Nord
- Le Goulag soviétique
- Le Laogai chinois
- Kapo
Bibliographie
- Blanchet (Antoine), Le camp de concentration de Pontmain, 1914-1920, mémoire de maîtrise, Université du Maine.
- Farcy (Jean-Claude), Les camps de concentration de la Première guerre mondiale (1914-1918), Les cahiers de la sécurité intérieure, n°17, 1994, p. 54-64.
- Farcy (Jean-Claude), Les camps de concentration français de la Première guerre mondiale (1914-1920), Paris, Anthropos, 1995.
