Catacombes de Paris

On appelle aujourd'hui catacombes de Paris un ensemble d'anciennes galeries de carrières qui forment sous Paris intra-muros un réseau de près de trois cent kilomètres. Une petite partie (environ 1,7 kilomètre) est officiellement visitable à partir de la place Denfert-Rochereau.

Lorsque les Romains envahirent la Gaule, ils importèrent dans toutes ses villes leurs techniques de construction de bâtiments en pierre. Pour disposer de la matière première nécessaire à ces constructions, ils commencèrent l'exploitation de carrières de calcaire, gypse, etc. à proximité des villes, à chaque fois que cela était possible.

Sous Paris, ces premières carrières souterraines virent le jour sous la Montagne Sainte-Geneviève, et Paris et ses environs furent continuellement sous-creusés pendant près de dix-huit siècles.

À partir du XVIIIe siècle, de nombreux effondrements dans Paris entraînèrent l'interdiction de l'exploitation de la pierre et le renforcement des galeries passant sous la voie publique, tandis que celles sous le domaine privé étaient laissées à la responsabilité des propriétaires. À cet effet fut créée l'Inspection Générale des Carrières (IGC) en 1777 par décret du roi Louis XVI.
Le travail de l'IGC consistait à ses débuts à répertorier et consolider les vides laissés par les anciennes exploitations de calcaire ou de gypse sous Paris.

À la fin du XVIIIe siècle, pour faire face à la saturation des cimetières parisiens, la décision est prise de déplacer les ossements des fosses communes dans les carrières souterraines. On estime à près de 6 millions le nombre de dépouilles qui ont ainsi été déplacées dans une série d'ossuaires qui existent encore sous Paris.

À partir de cette époque, ce qui était une suite de petites exploitations souterraines sans cohérence, et sans communications entre elles, devint un immense réseau, qu'il était possible de visiter et de contrôler sans repasser par la surface. Pendant près de deux siècles, il ne fut visité que par le personnel de l'IGC, quelques initiés, et une poignée de malandrins qui y trouvaient refuge. Parfois, les nouvelles promotions de l'École des Mines y organisaient leur bizutages. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les catacombes ont été utilisées à la fois par l'armée allemande qui y a établi un QG de la Luftwaffe et par la résistance qui a su exploiter ses centaines de kilomètres de réseaux souterrains et peu connus par l'occupant pour ses activités.

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En 1983, le livre de Barbara Glowczewski et Jean-François Matteudi, « La cité des cataphiles, mission anthropologique dans les souterrains de Paris » popularisa l'existence des promeneurs clandestins du réseau de galeries.

Les nombreux articles qui parurent ensuite provoquèrent une hausse importante de la fréquentation, au point de devenir un phénomène de mode. Bien que s'estompant au fil des années, ce phénomène a perduré avec de nombreuses associations proches de la spéléologie, de la protection du patrimoine ainsi que des habitués des lieux.

En 2001, la fréquentation est en hausse, et la mode cataphile se retrouve souvent dans les media, vantant plus souvent le spectaculaire que la conservation du patrimoine. Les nombreux accès existants (plus de 300) sont alors très réduits mais on trouve de nombreux initiateurs sur les forums d'Internet.

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