Catastrophe aérienne
Les catastrophes aériennes (en anglais crashes) sont très spectaculaires et laissent souvent très peu de survivants. Parmi les types de catastrophes aériennes on peut distinguer les accidents d'avion (au sol ou en vol) des attentats. Ces drames sont dans les deux cas largement médiatisés.
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Statistiques
Les compagnies aériennes insistent sur les statistiques qui présentent l'avion comme le moyen de locomotion le plus sûr. Cependant, cette argumentation s'appuie sur une comparaison fondée sur le nombre d'accidents par kilomètres parcourus. Les avions parcourant de très longues distances, fréquemment plusieurs miliers de kilomètres et à des vitesses très élevées, les accidents apparaissent alors comme très marginaux, en comparaison par exemple de la marche à pied ou de l'automobile, dont l'usage est fait sur de plus faibles distances.
Mais lorsque la comparaison s'appuie sur le nombre d'accidents par durée du trajet ou le nombre d'accidents par utilisation d'un moyen de locomotion (quelle que soit la distance parcourue), l'avion ne détient plus la première place, bien au contraire.
En moyenne, on déplore 2 accidents mortels par million de vols ou dit autrement 1 accident mortel par million d'heures de vol (la durée moyenne d'un vol étant de 2 heures). Cette valeur est stable depuis plusieurs années. Devant l'augmentation constante du trafic aérien, on peut prévoir qu'en valeur absolue le nombre d'accidents doit également augmenter. On estime généralement qu'en 2010, il y aura un événement tragique par semaine au niveau mondial.
Historique
Les catastrophes et accidents aériens sont étroitement liés au développement de l'aéronautique.
Premier accident aérien et d'aérostat : le 15 juin 1785, Jean-François Pilâtre de Rozier s'écrase près de Boulogne-sur-Mer avec son ballon en tentant la traversée de la Manche.
Otto Lilienthal meurt après s'être écrasé avec son planeur, le 10 août 1896, au bout de son 2500e vol.
Premier accident d'avion : le 17 septembre 1908, à Fort Myer (en Virginie). Le Wright Flyer III s'écrase et tue deux personnes (alors que le vol du premier avion de Clément Ader n'avait eu lieu que le 9 octobre 1890 et que les Frères Wright n'avaient fait voler leur premier avion que le 17 décembre 1903).
Les ballons puis les avions emportant au fur et à mesure de plus en plus de passagers, les accidents mortels sont devenus des catastrophes.
Faits marquants
Catastrophe aérienne la plus grave : le 27 mars 1977, deux Boeing 747 se sont percutés sur l'aéroport de Ténérife faisant 583 victimes. Cette catastrophe est liée à des ambiguïtés de l'anglais, langue de l'aviation civile internationale depuis 1951 (les détails sont fournis dans l'article Désastre de Ténérife).
Catastrophe aérienne terroriste la plus grave : quatre avions d'American Airlines et de United Airlines, détournés dans le cadre d'un attentat suicide, se sont écrasés contre les tours du World Trade Center à New York, contre le Pentagone à Washington et en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. Cette catastrophe a officiellement fait 2 752 morts (dans les avions, les gratte-ciel et au sol).
Liste de catastrophes aériennes
- 3 décembre 1928 : à Rio de Janeiro, un hydravion dans lequel avait prit place l'élite intellectuelle du Brésil pour saluer à son arrivée au pays natal le « père de l'aviation », Santos-Dumont, s'abîmait dans l'océan à proximité du paquebot Cap Arcona.
- 3 novembre 1950 : le Malabar Princess, un avion d'Air India, s'écrase sur le massif du Mont-Blanc (48 morts).
- 24 janvier 1966 : un Boeing 707 d'Air India s'écrase sur le massif du Mont-Blanc avec à son bord 117 passagers, dont Homi Bahabha, le père de la bombe nucléaire indienne.
- Le 11 juillet 1973, un Boeing 707 de la compagnie Varig s'écrase dans la plaine de Saulx-les-Chartreux, près de l'aéroport d'Orly. 124 morts, 11 survivants.
- 3 mars 1974. Forêt d'Ermenonville, au Nord de Paris. Un DC10 de la Turkish Airlines s'écrase peu après son décolage, faisant 346 morts. L'ouverture intempestive d'une porte de la soute a bagage (retrouvée a loin de l'épave) entraina sous l'effet de la depressurisation l'effondrement du plancher provoquant de graves degats aux systemes de commande.
- 27 mars 1977 : la collision au décollage entre deux Boeing 747 des compagnies KLM et Pan American, sur l'aéroport de Ténérife (Canaries), provoque la mort de 583 personnes (cf. Désastre de Ténérife).
- 28 août 1988 : au cours d'un meeting aérien sur la base aérienne américaine de Ramstein, en Allemagne, 3 avions de la patrouille acrobatique italienne les Frecce Tricolori se percutent et s'écrasent sur les spectateurs, faisant 70 morts et des centaines de blessés.
- 20 septembre 1989 : un DC10 de la compagnie UTA s'écrase dans le désert du Ténéré, faisant 171 morts.
- 20 janvier 1992 : un Airbus A320 s'écrase sur le Mont Saint-Odile, faisant 94 morts.
- 4 octobre 1992 : un Boeing 747 cargo de la compagnie El Al (vol LY 1862) s'écrase sur un immeuble de la banlieue d'Amsterdam, faisant 43 morts.
- 17 juillet 1996 : accident du vol TWA 800 au-dessus de Long Island, faisant 230 morts dont le guitariste français Marcel Dadi et le jeune artiste-peintre français Sylvain Delange (1961-1996).
- 25 juillet 2000 : le Concorde du vol 4590 d'Air France, en feu, s'écrase sur un hôtel à Gonesse, tuant ses 109 passagers et membres d'équipage ainsi que 4 personnes au sol.
- 11 septembre 2001 : un quadruple attentat aérien fait officiellement 2 752 morts aux États-Unis.
- 1er juillet 2002 : près de Ueberlingen (Allemagne), un Tupolev 154 de la compagnie Bashkirian Airlines entre en collision avec un Boeing 757 cargo, faisant 71 morts.
- 27 juillet 2002 : enfreignant les consignes de vol et de sécurité, le pilote russe d'un Sukhoï SU-27 effectue des acrobaties au-dessus de la foule lors d'un meeting aérien à Lviv (Ukraine). Accrochant un arbre lors d'un passage à basse altitude, l'avion s'écrase, faisant 85 morts et plus d'une centaine de blessés.
- 3 janvier 2004 : Un Boeing 737 appartenant à la compagnie aérienne égyptienne Flash Airlines s'abîme en Mer Rouge, à une dizaine de kilomètres des côtes, peu après son décollage de l'aéroport de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, entraînant la mort de 148 personnes, essentiellement de nationalité française.
- 24 août 2004 : un double attentat aérien fait officiellement 87 morts en Russie.
- 3 février 2005 : Un Boeing 737 de la compagnie Kam Air s'écrase en Afghanistan faisant 96 victimes.
Que se passe-t-il en cas de catastrophe aérienne ?
Dans un premier temps, les secours se portent sur les lieux pour essayer de trouver des survivants. Le plus souvent, ils ont été alertés par le contrôle aérien qui a été témoin de l'événement, mais pas toujours. Les secours mettent en général en place un plan d'urgence spécifique (plan Sater en France) prennant en compte les difficultés particulières et le grand nombre de victimes (en général toutes décédées).
Le plus tôt possible, un ou plusieurs organismes d'enquête se portent sur les lieux pour :
- rechercher la ou les boîtes noires ;
- analyser les éléments d'information disponibles et enquêter sur les causes de la catastrophe.
Quasi-systématiquement, les enquêteurs appartiennent à trois grandes catégories :
- le bureau d'enquête local (pour la France, le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) de la DGAC) ;
- le bureau d'enquête d'un ou plusieurs pays concernés (par exemple, le BEA quand le vol provenait de France ou revenait en France et s'est écrasé dans un pays tiers). Dans ce cas, le bureau local reste maître de l'enquête ;
- la division « gestion des accidents » soit de la compagnie aérienne soit du constructeur aérien concerné soit d'une ou plusieurs compagnies d'assurance. Ces organismes sont systématiquement intéressés à disposer du maximum d'informations prises à la source et apportent des compétences techniques mises au service du bureau d'enquête local.
La compagnie aérienne et les autorités civiles du lieu de la catastrophe organisent l'accueil et l'information des parents de victimes (ou des victimes supposées). Cela est aujourd'hui généralement fait avec l'aide de psychologues rodés aux situations de choc extrême que représentent l'annonce de la disparition brutale d'un parent ou d'un ami.
Les résultats de l'enquête (qui peut prendre plusieurs mois ou plusieurs années) sont ensuite exploités dans plusieurs directions :
- indemnisation des victimes par les assurances et recherche des responsabilités ;
- correction éventuelle de défauts inhérent aux avions en cause ;
- correction éventuelle de défauts des procédures utilisées ;
- ...
Divers
Liens externes
- Le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses : http://www.bea-fr.org
- La Direction Générale de l'Aviation Civile : http://www.aviation-civile.gouv.fr/
- Base de données (anglophone) sur les accidents d'avion : http://www.planecrashinfo.com/
- Site très complet sur les catastrophes aériennes, vidéos, photos, enregistrements boites noires ( anglophone ) : http://www.airdisaster.com/
- Miscommunication between pilots and air traffic control de R. Kent Jones (en anglais). Ce document met en lumière que le choix de l'anglais en 1951 par l'OACI s'est fait au détriment de la sécurité des passagers. Les phrases standardisées utilisées par les contrôleurs aériens aux États-Unis d'Amérique peuvent être mal comprises, en raison d'ambiguïtés, de mauvaises dénominations et d'illogismes. La conclusion de l'auteur, pilote lui-même, est que l'incapacité de la langue anglaise à n'être pas ambiguë doit conduire l'OACI à changer de langue.
Voir aussi
Aviation Civile - Catastrophe - Planeur de Gimli
