Causes de la Révolution française
| Image manquante Rév-fran0.jpg Louis XVI coiffé du bonnet phrygien |
|
Article de la série |
| Causes |
| Préludes |
| L'Assemblée constituante et ses suites (1789-1791) |
| L'Assemblée législative et la chute de la monarchie (1791-1792) |
| Commune de Paris (1792) |
| Convention nationale |
| Directoire |
| La Révolution française et le IIIe millénaire |
| Chronologie |
| Plan détaillé, liens et ressources |
Plusieurs facteurs ont permis le déclenchement de la Révolution française. Selon les historiens marxistes, la principale cause est l'inadéquation du pouvoir politique à la réalité économique : alors que la bourgeoisie détient une part croissante de la richesse et des moyens de production, le pouvoir continue d'être exercé par une minorité d'aristocrates. La Révolution serait donc liée à la lutte des classes. Il est en tout cas certain que, ayant un niveau de vie se rapprochant de celui de la noblesse, la bourgeoisie se sentait de plus en plus fondée à réclamer une part des responsabilités politiques, de façon moins occasionnelle que par l'ascension d'un Colbert au sommet de l'État.
Il est vrai que, malgré les transformations économiques liées notamment à l'essor du commerce et de l'industrie, l'organisation de la société française reste figée : les trois ordres (Noblesse, Clergé, tiers état) reproduisent à peu de choses près la situation de l'an Mil (le seigneur, le prêtre, le paysan). Cette situation anachronique est de moins en moins acceptée, et une pièce comme le Mariage de Figaro (1784) traduit bien l'exaspération qui gagne à la fois la bourgeoisie, le peuple et même la petite noblesse.
Cette exaspération est aggravée par une profonde crise économique et financière : l'État, criblé de dettes, maintient un niveau élevé d'impôts et taxes, alors que plusieurs années de disette viennent achever de ruiner la population. Cela ne suffit cependant pas : en 1788, plus de 80 % des recettes de l'État sont absorbées par le service de la dette. Les nombreux cahiers de doléances venus des provinces sont pratiquement unanimes à dénoncer la lourdeur et l'injustice des impôts. Les classes les plus aisées (Noblesse et Haut-Clergé) sont exemptées d'impôts, plusieurs tentatives de réformes ayant échouées (celles de Turgot, puis Necker, Calonne et Loménie de Brienne). Cette crise financière et le comportement hésitant de la royauté discrédite le pouvoir et agit comme un déclencheur dans une situation déjà difficile.
On ajoutera l'importance de la philosophie des Lumières, la dénonciation du pouvoir absolu de droit divin, l'exemple récent de la Constitution des États-Unis (1787), tout cela formant une sorte de mélange détonant qui n'attendait qu'une étincelle pour exploser.
