Chant grégorien
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Dans la musique occidentale médiévale, le chant grégorien est un genre musical sacré, essentiellement vocal et monodique, et appartenant au courant du plain-chant.
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Origines du chant grégorien
- Le chant grégorien doit son nom au pape Grégoire Ier — dit « Grégoire le Grand » — qui, à la fin du VIe siècle, a ordonné et amorcé la diffusion d'un répertoire liturgique commun à travers tout l'occident, afin de contribuer à la mise en place du nouvel ordre religieux chrétien. Ce mouvement impératif d'uniformisation du chant sacré, soutenu par les successeurs de Grégoire Ier et par diverses autorités politiques — les Carolingiens, notamment — s'est propagé du VIIe siècle à la fin du Moyen Âge, en accompagnant l'implantation du christianisme en Europe. La diffusion du chant grégorien s'est largement appuyée sur les institutions monastiques, qui, par la pratique quotidienne du répertoire romain, et par la copie — ou compilation — manuscrite des textes religieux, constitueront les principaux piliers de cette réforme sans précédent.
- Le chant grégorien est habituellement considéré comme le point de départ de la musique occidentale savante, appelée musique classique. Cependant, il faut se garder de considérer que celui-ci est né ex nihilo : en effet, les modes, les échelles, les mélodies même, faisaient sans doute partie des traditions orales appartenant aux nombreux groupes sociaux établis sur l'ancien empire romain — traditions gréco-romaines, celtiques, judéo-chrétiennes, germaniques, etc. L'autorité religieuse a, en fait, défini une norme de musique acceptable dans le cadre de l'office divin, préservant la sainteté et la dignité de celui-ci, en favorisant la contemplation et en bannissant strictement tout débordement sensuel ou tout aspect profane incongru.
Caractéristiques du chant grégorien
Le chant grégorien est un chant sacré anonyme, habituellement interprété par un chœur exclusivement composé de voix d'hommes, et destiné à soutenir le texte liturgique en langue latine, noté sur le graduel — appelé antiphonaire.
- Le rythme suit le débit du texte parlé.
- Le chant grégorien est chanté a cappella, c'est-à-dire, sans intervention instrumentale.
- Il s'agit d'un chant homophone — ou chant monodique — c'est-à-dire, une musique excluant les simulanéités sonores : toutes les voix qui l'exécutent chantent donc « à l'unisson ».
- Du point de vue du système mélodique, le chant grégorien est de type modal et diatonique. Les chromatismes en sont généralement exclus, ainsi que les modulations et l'emploi de la sensible. Les différentes échelles utilisées, avec leurs degrés et leurs modes, sont appelées modes ecclesiastiques, ou échelles modales, ou modes anciens — par opposition aux échelles utilisées postérieurement en musique classique tonale.
Notation du chant grégorien
Au départ, seul le texte liturgique est noté sur le graduel. Les mélodies sont exclusivement transmises oralement.
- Au VIIIe siècle, apparaissent les neumes. Il s'agit d'un ensemble d'accents, généralement notés au-dessus du texte, et permettant au chantre de « retrouver » une mélodie primitivement mémorisée « d'oreille », mais sans mesure précise des intervalles.
- À partir du XIe siècle, on assiste aux prémisses de la notation solfégique qui connaîtra plusieurs formes successives jusqu'à la Renaissance, où, en ce qui concerne le chant grégorien, elle se figera sous sa forme définitive : la « notation carrée » sur portée de quatre lignes.
Pratique du chant grégorien
Le chant grégorien reste pratiqué dans quelques monastères. En France, on peut citer les abbayes de Solesmes et Saint-Wandrille. Ainsi, dans l'Occident chrétien, le chant grégorien est pratiquement le seul genre de musique qui puisse faire état d'une pratique continue depuis plus de mille ans.
Nombre de ces chants sont liés aux événements de l'année liturgique :
- Ad Te Levati (premier jour de l'année liturgique)
- Ave Regina (du 2 février à Pâques)
- Justus (fête de saint Joseph)
- Attente Domine (Carême)
- Pueri Hebraeorum (Rameaux)
- Christus Factus Est (Jeudi saint)
- Tenebrae Factae Sunt (Vendredi saint)
- Sicut Servus (Veillée pascale)
- Regina Caeli (Pâques)
- Spiritus Domini (Pentecôte)
- Alleluia veni sancte spiritus (Pentecôte)
- Virgo prudentissima (Assomption)
- Placare (Toussaint)
- Rorate Caeli (Avent)
- Hodie Christus Natus Est (Noël)
Voir aussi
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