Charles de Valois
- Roi d'Aragon
- Comte de Valois de 1286 à 1325
- Comte d'Alençon
- Comte de Chartres
- Comte d'Anjou de 1290 à 1325
- Comte du Maine de 1290 à 1313 (Charles III)
Généalogie
Il est le fils de Philippe le Hardi et Isabelle d'Aragon. Il est le père entre autres de
Biographie
Il a été marié trois fois : à Marguerite d'Anjou, la fille du roi de Naples Charles II, dont il a deux fils - notamment le futur Philippe VI - et quatre filles, puis à Catherine de Courtenay, qui lui donne quatre enfants, et enfin à Mahaut de Saint-Pol, dont il a quatre enfants dont Blanche de Valois qui sera femme de l'empereur Charles IV.
Moyennement intelligent, démesurément ambitieux et passablement avide, Charles de Valois collectionne les principautés. Il est comte de Valois, d'Alençon et de Chartres, et par son mariage comte d'Anjou et du Maine. Mais il est fils, frère, beau-frère et gendre de rois ou de reines (de France, de Navarre, d'Angleterre et de Naples), en attendant d'être de surcroît, après sa mort, père de roi.
Il rêve donc de mieux et court toute sa vie après une couronne qu'il n'obtiendra jamais. En 1280, le pape le reconnaît roi d'Aragon (sous la vassalité du Saint Siège), comme fils de sa mère, en concurrence avec le roi Pierre III d'Aragon qui après la conquête de l'île de Sicile est un ennemi de papauté. Charles épouse Marguerite de Sicile, fille du roi napolitaine pour Sicile supporte par le pape. Grâce à cette Croisade d'Aragon entreprise par son père contre l'avis du futur Philippe le Bel, il a cru gagner un royaume et n'a gagné que le ridicule d'avoir été couronné avec un chapeau de cardinal en 1285, ce qui lui vaut le sobriquet de roi du chapeau. Il n'osera jamais user du sceau royal qu'il s'est fait faire à cette occasion et devra renoncer au titre.
Sa principale qualité est d'être un bon chef de guerre. Il commande en Flandre avec efficacité en 1297. Le roi en déduira un peu vite que son frère peut conduire une expédition en Italie.
Charles songe ensuite à la couronne impériale et épouse en 1301 Catherine de Courtenay, impératrice titulaire, petite-fille héritière du dernier empereur latin de Constantinople, Baudouin II. Mais il lui faut la connivence du pape, qu'il achève en allant avec une armée secourir Charles II d'Anjou. Nommé vicaire pontifical, il se perd dans l'imbroglio de a politique italienne, se compromet dans un massacre à Florence et dans de sordides exigences financières, gagne la Sicile où il consolide sa réputation de pillard et rentre en France déconsidéré en 1301-1302.
Charles reprend à convoiter une couronne quand meurt l'empereur Albert de Habsbourg en 1308. Son frère l'y encourage, qui ne souhaite pas prendre lui-même le risque d'un échec et pense probablement qu'un homme de paille sur le trône impérial serait une bonne chose pour la France. La candidature avorte avec l'élection de Henri VII, empereur des Romains. Charles continuera de rêver à la couronne orientale des Courtenay.
Il n'en bénéficie par moins de l'affection que Philippe le Bel, qui a souffert du remariage de son père, porte à son seul frère germain et il se trouve de ce fait placé à des responsabilités qui dépassent largement son talent. C'est Charles de Valois qui dirige en 1311 l'ambassade royale aux conférences de Tournai avec les Flamands ; il s'y brouille avec Enguerrand de Marigny, qui l'éclipse ouvertement. Le frère du roi de pardonnera pas l'affront et sera le plus acharné contre Marigny après la mort du roi.
La mort prématurée de Louis X en 1316 laisse à Charles de France l'espoir d'un rôle politique, mais il ne peut empêcher son neveu Philippe de France de prendre la régence en attendant d'être le roi Philippe V. À la mort de celui-ci en 1324, nul ne songe au comte de Valois.
En 1324, il commande avec succès l'armée de son neveu Charles IV en Guyenne.
Il meurt le 16 décembre 1325.
Deux de ses fils lui survivent : l'aîné Philippe, futur roi de France sous le nom de Philippe VI et le cadet Charles, comte d'Alençon.
