Charlie Hebdo
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| Pays | Image manquante France_flag_large.png France France | |||
| Langue | Français | |||
| Périodicité | Hebdommadaire | |||
| Genre | Presse satirique | |||
| Diffusion | exp. | |||
| Date de fondation | 1969/1970 | |||
| Ville d'édition | Paris | |||
| Rédacteur en chef | Philippe Val | |||
| Site Web | [Pas de site Charlie Hebdo] | |||
| ISSN | 1240-0068 | |||
Charlie Hebdo est un journal polémique et satirique français. Il pratique de temps en temps l'investigation en publiant des reportages à l'étranger ou sur des domaines comme les sectes, le sport, la chasse, etc.
Charlie Hebdo a une ligne éditoriale très marquée à gauche, et dénonce notamment les partis de droite, mais aussi les positions actuelles des partis de gauche de gouvernement. Il fait volontiers usage d'un vocabulaire et de comparaisons orduriers.
Son rédacteur en chef est actuellement Philippe Val.
| Sommaire |
Histoire
Avant Charlie Hebdo
L'histoire de Charlie Hebdo commence avec Hara-Kiri.
En 1960, Georges Bernier, alias Professeur Choron et François Cavanna lancent un mensuel Hara-Kiri, « journal bête et méchant ». Choron en est le directeur de publication. Cavanna, rédacteur en chef, rassemble progressivement une équipe qui comprend Topor, Fred, Reiser, Wolinski, Gébé, Cabu. Interdit de publication dès 1961, il reparaît pour être de nouveau interdit en 1966. L'interdiction est levée six mois plus tard. Lorsqu'il reparaît, certains collaborateurs ne reviennent pas tels Gébé, Cabu, Topor, Fred. On remarque les nouveaux : Delfeil de Ton, Fournier et Willem.
1969-1981
En 1969, C'est cette équipe, rassemblée par Cavanna qui, tout en continuant le mensuel décide de faire un hebdomadaire. Gébé et Cabu reviennent. En février 1969, Hara-kiri-hebdo est lancé, il se nommera ensuite L'hebdo hara-kiri en mai 1969.
En novembre 1970, le général de Gaulle meurt, et que dix jours auparavant un incendie dans une discothèque avait fait 146 morts. L'hebdo titre en couverture « bal tragique à Colombey - un mort ». L'hebdo hara-kiri est interdit de paraître par le ministre de l'Intérieur. Faisant fi de l'interdiction, l'équipe décide que le journal doit continuer à paraître et trouve la parade en changeant son titre : Il devient Charlie-hebdo. Ce nouveau titre vient du mensuel Charlie, que Bernier et Delfeil de Ton avaient lancé en 1968. Delfeil de Ton qui en est le rédacteur en chef pendant un an y publie, les introduisant ainsi en France, les Peanuts de Charles M. Schulz et, c'est en référence à Charlie Brown, que ce mensuel « plein d'humour et de bande dessinées » s'appelle Charlie.
Charlie-Hebdo, quant à lui, continuera à paraître sous ce titre et ne reprendra pas l'une de ses appellations initiales Hara-kiri hebdo ou l'hebdo Hara-kiri.
Le directeur de publication est Georges Bernier. Le rédacteur en chef en est Cavanna. Lors des dernières années de parution c'est « toute l'équipe » qui assure la rédaction en chef et Cavanna est nommé « ange tutélaire ».
En décembre 1981, faute de lecteurs réguliers en nombre suffisant, la parution s'arrête. Ce journal n'avait pas de sources de revenu publicitaire.
1992
D'un point de vue historique il n'y a pas de continuité directe entre Charlie-Hebdo qui parait en 1992 et celui des années passées.
Même si deux dessinateurs Gébé et Cabu anciens d'Hara-kiri collaborent à La Grosse Bertha cet hebdomadaire crée en 1991 n'a pas de lien avec Hara-kiri / Charlie-hebdo, ni les éditions du Square. C'est dire qu'en faisant scission de l'équipe de la Grosse Bertha, Philippe Val, Gébé, Cabu et quelques jeunes dessinateurs talentueux n'avaient qu'un seul projet celui d'avoir leur propre hebdomadaire.
C'est alors que, confronté aux dificultés d'une telle entreprise, ils firent appel aux anciens Cavanna, Delfeil de Ton et Wolinski, sollicitant aide, collaboration. Ils acceptèrent sans hésiter. Au cours d'une réunion-repas, à la recherche d'un titre, Wolinski lança « et pourquoi pas Charlie-Hebdo ? » La proposition fut immédiatement acceptée.
Philippe Val, Gébé et Cabu apportèrent le capital pour financer le 1er numéro. Une société par actions fut créée. Ils en détiennent dans les 80% ce qui les rend quasiment propriétaires du journal et assure leur indépendance.
C'est ainsi que Charlie-hebdo nouvelle mouture est né en juillet 1992. Il bénéficia pour son lancement de la prestigieuse notoriété du Charlie-Hebdo historique, d'autant plus qu'on y retrouvait les signatures vedettes des années 70 : Cavanna, Delfeil de Ton, Gébé,Wolinski, Cabu et une maquette identique. Il fut présenté et accueilli non comme un nouvel hebdomadaire mais comme la suite, la reparution de l'ancien. On dit que le premier numéro s'est vendu à 100 000 exemplaires. Succès colossal.
De 1992 à ...
Dans ce nouveau Charlie-Hebdo, Philippe Val, Gébé et Cabu détiennent toutes les responsabilités. Philippe Val est rédacteur en chef. Gébé responsable artistique.
Sous la direction de Philippe Val, le journal mène des combats, des actions à visées politiques qui le situe dans la lignée contestataire d'extrême gauche. En cela, il se différencie de l'ancien Charlie hebdo qui sans avoir ni ligne ni appartenance politique particulière, devait au seul talent de ses collaborateurs, rédacteurs et dessinateurs, à leur humour corrosif, sa force contestataire d'une efficacité redoutable qui ne reposait sur aucune ligne politique et que la stabilité de l'équipe renforçait encore.
Signalons que le Charlie actuel, lui n'a pas cette continuité et stabilité. De nombreux collaborateurs quittent le journal (le premier fut sans doute Delfeil de Ton dès les premiers mois). Pour la plupart à lire leurs déclarations ils ont été licenciés par le rédacteur chef.
Le journal est édité tous les mercredi et publie également un certain nombre de hors-séries à fréquence variable.
Symbole de l'anticonformisme et de la gauche radicale, Charlie Hebdo, avec Hara Kiri, reste symbolique d'une presse disposant d'une liberté de ton encore inégalée en France.
2004
Décès de Gébé.
Philippe Val toujours rédacteur en chef, lui succède comme directeur de la publication.
La vente est d'environ 60 000 exemplaires.
En novembre une nouvelle rubrique, consacrée à l'influence de la science sur les enjeux de société, est mise en place.
Polémique
Professeur Choron
Georges Bernier (professeur Choron) était pour des raisons historiques propriétaire du titre Hara-Kiri et autres titres des éditions du Square. Le titre « Charlie-Hebdo » ne fut jamais déposé légalement. C'est lui qui avait été directeur de toutes les publications hara-kirienne des éditions du Square et en assurait la gestion financière. Selon Cavanna, sans lui, Hara-Kiri n'aurait jamais pu exister et les publications qui en émanèrent, dont Hara-Kiri hebdo nommé Charlie-Hebdo pour seule raison d'interdiction du premier. S'il accepta de prendre tous les risques financiers (nombreux procès- mauvaises ventes pour certains titres), il fut de par sa personnalité même un très mauvais gestionnaire.
Il ne fut pas sollicité pour la création du nouveau Charlie-Hebdo de 1992.
Sa réaction immédiate fut de :
- Lancer son propre hebdomadaire satirique nommé Hara-Kiri, qui eût peu de succès et finit par disparaître
- Intenter un procès à « Charlie-Hebdo » tout en laissant la disposition du titre à la nouvelle équipe pendant six mois.
Pour des raisons strictement juridiques, les membres de l'équipe historique ne firent pas valoir leur droit à être ensembles les détenteurs du titre. Il y fut plaidé le droit d'auteur. Gerges Bernier perdit son procès. Par décision de la 3e chambre du tribunal de grande instance de Paris, le 30 janvier 1993, Cavanna est reconnu, de droit, l'auteur du titre.
Georges Bernier s'exprima de façon virulente envers Philippe Val dans son mensuel, Zéro, et lança un autre magazine satirique nommé La Mouise, vendu par et pour des SDF.
Il n'a jamais été ni propriétaire, ni collaborateur de La Grosse Bertha, et son ressentiment ne vient pas de la scission de cette équipe, mais du fait qu'il ait été exclu du lancement du nouveau Charlie-Hebdo, de sa propre famille en fait.
Philippe Val
Le journal connaît des polémiques par rapport à sa ligne éditoriale et son fonctionnement interne :
- Certains reprochent au chansonnier devenu patron de presse Philippe Val d'être trop autoritaire, de gérer le journal avec une politique trop capitaliste et, entre autres choses, en se séparant des journalistes qui ne lui plaisent pas, en soutenant l'intervention militaire au Kosovo en 1999.
- Philippe Val, membre fondateur d'Attac, fut rayé de la liste des membres fondateurs d'ATTAC car il ne payait pas sa cotisation. Le journal PLPL est critique avec Philippe Val, ce qui lui pose quelques problèmes. Il faut dire que Philippe Val est plus proche de la gauche parlementaire que de l'extrême-gauche. Il est anti-sectes ou encore anti-théorie du complot, sa position est plus proche de celle de certains courants des Verts, voire du Parti Socialiste que de celle des membres d'Attac. Une ligne bien éloignée des positions éternellement ambigües de Choron : le reproche fait à Philippe Val est donc peut-être d'avoir transformé Charlie Hebdo en un support de presse sérieux.
- Certaines personnes de Charlie Hebdo comme Olivier Cyran ont participé et participent encore au journal CQFD. Libération a décrit CQFD comme le journal des déçus de Charlie Hebdo, qui a démenti. Cela dit, Charlie Hebdo n'est pas une chapelle, Wolinski en restait membre même quand il travaillait de front à l’Humanité (sa collaboration à Paris-Match fut d'ailleurs presque autant contestée).
- Bien qu'indépendant de toute forme de publicité, Charlie Hebdo a tout de même conclu un accord avec le journal Libération et affiche chaque semaine dans ses pages une manchette présentant les titres de ce journal.
- Certains reprochent à Charlie Hebdo une perte de mémoire de son histoire passée : Choron et d'autres rédacteurs historiques ne sont par exemple jamais cités nulle part.
- Philippe Val est particulièrement virulent envers Internet et refuse que Charlie Hebdo s'en serve pour communiquer, par le biais d'un site web par exemple. Il a fait fermer le site d'un particulier qui faisait un résumé hebdomadaire des éditions de Charlie Hebdo. En revanche, comme il mettait systématiquement son courriel en signature il y a quelques années, on peut y voir une mesure de protection de sa tranquillité : un lecteur qui ne se donne pas le mal de prendre une feuille et un stylo n'a probablement pas tant de choses à dire que cela, et au moins on ne se fait pas spammer ainsi par des robots.
- La position de Cavanna est insolite : du temps de Charlie Hebdo première manière, il déplorait souvent qu'il n'existât point de grande base centrale des données que tout un chacun pût consulter. Mais aujourd'hui que cette base existe plus ou moins avec Internet, il affirme ne pas avoir besoin d'ordinateur, qu'il voit comme un objet inutile chez les particuliers, conséquence de la société de consommation. Comprenne qui pourra...
Participants (anciens et actuels)
Dessinateurs
- Bernar
- Cabu
- Charb
- Gébé
- Honoré
- Kamagurka
- Jul
- Lefred-Thouron
- (qui quitte le journal en août 1996 lorsque son dessin sur les problèmes judiciaires de Patrick Font est refusé par Philippe Val)
- Luz
- Reiser
- Riss
- Joann Sfar
- Siné
- Tignous
- Vuillemin
- Willem
- Georges Wolinski
- Riad Sattouf
Rédacteurs
- Agathe André
- Gérard Biard
- Jackie Berroyer
- Michel Boujut
- Sylvie Caster
- François Cavanna
- Charb
- Mona Chollet
- Coluche
- Philippe Corcuff
- Olivier Cyran
- Delfeil de Ton
- Antonio Fischetti
- Patrick Font
- Gébé
- Philippe Lançon
- Luce Lapin
- Guillaume Lecointre
- Oncle Bernard
- Michel Polac
- Professeur Choron
- Siné
- Jean-Baptiste Thoret
- Philippe Val
Bibliographie
- La bande à Charlie (Charlie-Hebdo). Stock, 1976. de Jean Egen.
Liens externes
Voir aussi
- Maurice et Patapon, bande dessinée dont une aventure est publiée chaque semaine dans le journal.
