Cheval de Troie
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Dans la mythologie grecque, le cheval de Troie est un des épisodes les plus fameux de la guerre de Troie.
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L'histoire
Après avoir vainement assiégé Troie pendant dix ans, les Grecs ont l'idée d'une ruse pour prendre la ville : Épéios construit un cheval géant en bois creux, dans lequel se cache un groupe de soldats menés par Ulysse ; l'animal est ensuite abandonné comme offrande aux dieux alors que le reste de l'armée grecque fait mine de partir.
Un espion grec, Sinon, réussit à convaincre les Troyens d'accepter l'offrande, malgré les avertissements de Laocoon et de Cassandre. La cité fait alors une grande fête, et lorsque les Grecs sortent du cheval, les habitants sont pris par la torpeur de l'alcool. Les Grecs ouvrent alors les portes, permettant au reste de l'armée d'entrer et de piller la ville : tous les hommes sont tués, les femmes et les enfants emmenés comme esclaves.
Sources de l'histoire et valeur exemplaire
Cet épisode est relaté brièvement par Homère dans l'Odyssée (et non dans l'Iliade, comme on le croit souvent) : Ulysse, hôte anonyme d'Alcinoos, demande à l'aède Démodocos de chanter (VIII, 492–495) :
- « ... l'histoire du cheval
- qu'Épéios, assisté d'Athéna, construisit,
- et traquenard qu'Ulysse conduisit à l'acropole
- surchargé de soldats qui allaient piller Troie. »
Homère résume ensuite sur une vingtaine de vers le récit de Démodocos. Virgile, dans l'Énéide, s'étend plus longuement sur cet épisode.
De cet épisode légendaire, on a créé le terme « Cheval de Troie » pour parler d'un don se révelant être une malédiction, ou des mécanismes sous-jacents. On a aussi conservé la phrase « Timeo Danaos et dona ferentes (Je crains les Grecs même quand ils apportent des cadeaux) », c'est-à-dire « attention aux Grecs porteurs de cadeaux », mis dans la bouche de Laocoon dans l'Énéide.
Le rève de paix ?
Le texte d'Homère étant un poème, il est l'objet d'interprétation. En particulier, on a suggéré que le cadeau n'était pas un cheval cachant des guerriers dans ses flancs, mais un bateau porteur d'une ambassade de paix, offre que les troyens trop peu méfiants ou trop heureux de faire la paix auraient imprudemment acceptée. Après la fête, les troyens découvrent la sinistre réalité...
À l'appui de cette interprétation, on remarquera que :
- les civilisations marines grecque et viking (entre autres ?), assimile le cheval et le bateau. Ainsi, le cheval est-il l'animal de Poséidon ;
- c'est Ulysse, l'expert en paroles et tromperies, un des hommes souvent envoyés en ambassade, qui mène la danse ;
- le sacrifice d'une construction de bois par simple abandon sur une plage est une procédure assez originale pour un rite censé apporter la protection de Poséidon. l'équivalent n'apparait nulle part dans la mythologie ;
- Autant il est facile de trouver des explications rationnelles aux multiples interventions divines qui ponctuent le poème, autant il est difficile de prendre au pied de la lettre l'intervention miraculeuse des serpents qui éliminent Laocoon. En revanche, si on traduit ces serpents par des offres sournoises, qui suscitent des émeutes dans lesquels les chefs des méfiants (Laocoon) trouvent la mort, on a un scénario qui tient la route : le peuple est las de la guerre, il faut conclure.
Tourisme
Un petit musée a été construit en 1955 sur le territoire de l'ancienne ville de Troie, près des Dardanelles (de nos jours en Turquie). Il présente les restes de la ville, ainsi qu'un cheval de bois contruit pour symboliser celui de la légende.
Voir aussi
- La notion de cheval de Troie en informatique.
