Chirurgie plastique
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La chirurgie plastique s'applique par définition à traiter la peau et les parties molles.
| Sommaire |
Domaines dépendants de la chirurgie plastique
Tumeurs de la peau et des tissus mous
- Tumeurs bénignes (exérèse de naevus)
- Tumeurs malignes (carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire, mélanome...)
- Tumeurs intermédiaires (dermatofibrosarcome de Darier et Ferrand)
- Angiomes
Infections et nécroses de la peau et des tissus mous
- Infections aigues (dermohypodermites, fasciites nécrosantes, gangrène)
- Infections chroniques (hidrosadénite suppurée, kyste pilonidal)
Reprise de cicatrices
- Cicatrices inesthétiques
- Cicatrices hypertrophiques (chéloïdes)
Reconstructions / Changement d'aspect
- Du sein notamment (suite à une mastectomie, pour une hypertrophie mammaire, cure de ptose - cf. seins qui tombent de manière inesthétique suite à une perte de poids importante ou après plusieurs grossesses)
- Faciale (après traumatismes par exemple)
- Abdominale (après grossesses, perte de poids importante, malformation de type diastasis des musclas abdominaux)
- Comblement de pertes de substance (après exérèse de tumeurs ou post chirurgie délabrante)
Soins aux brûlés
- Pansements en stérile pour les brulés en attente de greffe de peau
- Greffes de peau pour remplacer celle brulée
- Retouches de la peau greffée (section des brides éventuelles qui limitent les capacités de mouvements)
Chirurgie de la main
Domaine partagé avec la chirurgie orthopédique.
- Reconstruction de pouce amputé
- Kyste des doigts
- Traitement du syndrome du canal carpien
Chirurgie esthétique
Notez que la chirurgie esthétique n'est qu'une des nombreuses applications de la chirurgie plastique et qu'elle ne représente qu'un faible pourcentage de l'activité de nos chers hôpitaux publiques et universitaires...
- Plastie mammaire, abdominale, fessière...
- Chirurgie du visage : lifting, oreilles décollées, nez...
Liste d'activités non exhaustive...
Techniques chirurgicales
Pour remplir ses fonctions la chirurgie plastique s'appuie sur plusieurs techniques :
La cicatrisation dirigée
Les pertes de substances (comprenez "morceaux de chair" ayant disparu) causée par la chirurgie ne sont pas systématiquement remplacées pour plusieurs raisons possibles. On laisse alors la peau se reformer seule aidée simplement par quelques pansements qui protègent la zone en cours de cicatrisation conrte d'éventuelles infections et dans une faible mesure ces pansements peuvent diriger la cicatrisation.
Les greffes cutanées
Les greffes le plus souvent pratiquées sont les auto-greffes, c'est à dire que la peau est prélevée sur le patient et utilisée sur ce même patient. On dispose de plusieurs épaisseurs de coupe possible pour la peau.
- La greffe de peau mince : on prélève à l'aide d'une sorte de rasoir géant l'épiderme (la couche la plus superficielle de la peau) uniquement. La cicatrisation se fera à partir des cellules basales de l'épiderme.
- La greffe de peau mince en filet : idem que précédemment mais au lieu de poser la peau directement sur l'endroit à couvrir, on perfore le greffon de peau afin de lui donner un aspect de maille qui sera ainsi extensible.
- La greffe de peau totale : cette fois c'est toute l'épaisseur de la peau qui est emportée, le prélèvement se fait par section au bistouri d'une certaine surface de peau. La surface donneuse est alors suturée (on referme la plaie créée en suturant les 2 bords de la plaie) car elle ne peut plus cicatriser d'elle même. Le bout de peau récupéré est alors débarrassé de la graisse de l'hypoderme afin que le greffon ait le plus de chance d'adhérer à la surface reçeveuse.
Les lambeaux
Les lambeaux sont des déplacements de peau et/ou de tissu mou et des structures vasculaires les alimentant vers un site receveur.
- Les lambeaux translation : la peau est sectionnée jusqu'a une certaine profondeur de manière à conserver son réseau vasculaire. Puis par rotation ou translation du site donneur sur le site receveur, on comble une perte de substance. Cette technique n'est applicable qu'à des lambeaux de peau et non aux lambeaux de parties molles.
- Les lambeaux pédiculés : idem que précédemment, à la différence que là la peau, les tissus mous sous jacents voire les muscles plus en profondeurs peuvent être déplacés en prenant comme point de rotation l'axe vasculaire (artère + veine) alimentant le lambeau.
- Les lambeaux libres : cette fois le lambeaux et son pédicule vasculaire sont individualisés et transportés sur un site receveur situé à distance du site donneur et le lambeau est branché sur la un axe vasculaire situé dans la région receveuse.
Illustration : le lambeau chinois (chinese flap pour les intimes) qui est utilisé pour les reconstruction de la face. Il consiste à prélever un lambeau sur l'avant bras, en prélevant la peau les tissus sous jacents et l'artère et la veine les alimentant, à les brancher sur des artères et veines du cou et à suturer les lambeau de manière à combler une perte de substance sur la face. On peut lors de cette opération combler la perte de substance de l'avant bras par un greffon de peau totale provenant du ventre, ce qui nous fait au total, une mini plastie abdominale avec greffe de peau totale, lambeau libre et chirurgie vasculaire... On est loin de Nip Tuck.
Traitement des grands brûlés
On entend par grand brûlé une personne ayant plus de 50% de la surface corporelle brûlée de manière superficielle ou plus de 15% brûlé de manière profonde. Ces cas sont des urgences vitales pour plusieurs raisons :
- Ces patients ont des pertes hydriques très importantes car la peau brûlée n'est plus imperméable que ce soit pour les entrées ou les sorties de substances
- Ces patients sont privés d'une barrière essentielle à la protection face aux organismes pathogènes (bactéries)
La première urgence est de rétablir l'équilibre hydro-électrolytique en leur évitant la déshydratation et la fuite des sels minéraux. Puis vient le temps de la greffe de peau. En premier lieu, on greffe sur le patient de la peau d'origine animale, qui sera rejetée par les défenses immunitaires de celui ci mais qui servira durant un temps de pansement biologique. Ce temps sera exploité pour faire de la culture cellulaire, en effet des cellules de peau du patient sont prélevées et envoyées dans le seul labo capable de faire de la culture "industrielle" de peau situé aux Etats-Unis. Puis une fois la surface de peau requise cultivée, le patient est greffé avec cette peau cultivée en labo et reconnue comme du "soi" par les défenses immunitaires du patient. Le résultat n'est en rien miraculeux, on ne rétablit que la fonction de barrière de la peau. L'aspect esthétique et fonctionnel (capacité de mouvements) sont moins probants...
