Christianisme et homosexualité

Le christianisme, à l'instar des autres grandes religions, a longtemps considéré l'homosexualité comme un péché, une offense à Dieu.

Sommaire

Répression de l'homosexualité au moyen-âge

Rapide historique de la répression

Alors que dans les sociétés pré-chrétiennes (Grèce antique et Rome antique), certaines formes d'homosexualité codifiées étaient très bien acceptées, voire valorisées dans certains cas, l'arrivée du christianisme comme religion d'État au IVe siècle en fait un crime. Au VIe siècle de notre ère, de crime contre la dignité, l'homosexualité devient un crime contre l'ordre naturel défini par Dieu et pouvant mener jusqu'au bûcher. Durant tout le Moyen Âge, l'homosexualité, considérée comme une hérésie, est combattue, notamment par l'Inquisition, sous le nom de bougrerie ; réciproquement, certains hérétiques, tels les cathares sont accusés de bougrerie, au prétexte que leurs prêcheurs vont par deux de même sexe. Ce n'est qu'en 1789, avec la Révolution française et la séparation de l'Église et de l'État, que finit la répression par l'église de l'homosexualité en France.

Fondements idéologiques

L'homosexualité masculine est spécialement stigmatisée car c'est surtout l'acte de sodomie (pénétration anale) qui était condamné par l'Église. En effet, l'acte de sodomie, même entre un homme et une femme, était une atteinte à l'ordre divin. Cette aversion du christianisme pour cette pratique est justifiée dans le christianisme en référence aux péchés qu'il impute aux villes de Sodome et Gomorrhe.

C'est l'idée que la sexualité humaine aurait pour unique justification la reproduction qui préside à la condamnation. La sodomie, et par extension l'homosexualité masculine, ont ainsi longtemps été les symboles de la perversion humaine.

L'homosexualité dans la bible

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La condamnation de l'homosexualité par les deux testaments est claire. Cependant certains passages sont discutés, notamment par des courants protestants qui cherchent à faire progresser la vision de l'homosexualité. On objectera de plus que de nombreux courants religieux ne reconnaissent pas l'ensemble de la bible comme la loi de Dieu.

Ancien testament

La condamnation dans le Lévitique

L'Ancien Testament contient une condamnation relativement explicite de l'homosexualité.

Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. (Lévitique 18.22)
Si un homme couche avec un homme comme on fait avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable, ils seront punis de mort: leur sang est sur eux. (Lévitique 20, 13)

On notera l'expression « ils seront punis de mort : leur sang est sur eux ». Cet extrait a été pris comme argument par des religieux lors de la découverte du Sida pour dire que le Sida était infligée par Dieu aux homosexuels comme punition.

On peut considérer que ces passages du Levitique doivent être remis dans leur contexte. Le Lévitique condamne le fait de coucher avec un homme « comme avec une femme », qu'on peut interpréter comme « sans lui demander son avis et à l'aide d'une relation de pouvoir ou d'oppression ». Cette condamnation ne s'appliquerait pas à l'homosexualité librement consentie. Il s'agit d'une opinion minoritaire.

L'épisode de Lot à Sodome

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Lot et ses filles, peinture à l'huile de Hendrik Goltzius 1616

L'épisode concernant Lot à Sodome (Genèse 18,19) est souvent cité comme une condamnation de l'homosexualité par la Bible.

Dieu, alerté par « le cri contre Sodome », dont le « péché est énorme », est résolu à détruire la ville pour punir ses habitants (Génèse 18:20-21). Il envoie alors deux anges vérifier si le « péché » est avéré. Ces anges arrivent à Sodome et Lot, le neveu d'Abraham, les invite à loger chez lui. Tous les hommes de la ville entourent la maison de Lot en demandant qu'il leur livre les deux étrangers pour qu'ils les « connaissent » (Génèse 19:5). Convaincu de leur crime, Dieu détruit la ville.

Dans ce passage, les habitants de Sodome disent à Lot: Où sont les hommes qui sont venus chez vous cette nuit ? Amenez-les nous pour que nous les connaissions. En fait, la traduction pourrait être abuser, voire pénétrer plutôt que connaître.

Extrait de Genèse 19 (Ancien testament, Le Pentateuque)

[...](19.5) Ils appelèrent Lot, et lui dirent : Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit ? Fais-les sortir vers nous, pour que nous les connaissions.
(19.6) Lot sortit vers eux à l'entrée de la maison, et ferma la porte derrière lui.
(19.7) Et il dit : Mes frères, je vous prie, ne faites pas le mal ! (19.8) Voici, j'ai deux filles qui n'ont point connu d'homme ; je vous les amènerai dehors, et vous leur ferez ce qu'il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu'ils sont venus à l'ombre de mon toit.
(19.9) Ils dirent : Retire-toi ! Ils dirent encore : Celui-ci est venu comme étranger, et il veut faire le juge ! Eh bien, nous te ferons pis qu'à eux. Et, pressant Lot avec violence, ils s'avancèrent pour briser la porte.
(19.10) Les hommes étendirent la main, firent rentrer Lot vers eux dans la maison, et fermèrent la porte.
(19.11) Et ils frappèrent d'aveuglement les gens qui étaient à l'entrée de la maison, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, de sorte qu'ils se donnèrent une peine inutile pour trouver la porte.
(19.12) Les hommes dirent à Lot : Qui as-tu encore ici ? Gendres, fils et filles, et tout ce qui t'appartient dans la ville, fais-les sortir de ce lieu.
(19.13) Car nous allons détruire ce lieu, parce que le cri contre ses habitants est grand devant l'Éternel. L'Éternel nous a envoyés pour le détruire. [...]
(19.23) Le soleil se levait sur la terre, lorsque Lot entra dans Tsoar.
(19.24) Alors l'Éternel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, de par l'Éternel.
(19.25) Il détruisit ces villes, toute la plaine et tous les habitants des villes, et les plantes de la terre.
(19.26) La femme de Lot regarda en arrière, et elle devint une statue de sel.
(19.27) Abraham se leva de bon matin, pour aller au lieu où il s'était tenu en présence de l'Éternel.
(19.28) Il porta ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe, et sur tout le territoire de la plaine; et voici, il vit s'élever de la terre une fumée, comme la fumée d'une fournaise.[...]


Lecture « réformiste »

Une autre lecture de ce passage existe : Sodome serait une ville où l'on n'aime pas les étrangers. Deux étrangers viennent chez Lot. Une foule vient chez lui pour exiger des rapports homosexuels forcés, ce qui serait le sort ordinaire des prisonniers de guerre. C'est parce que ces gens sont ses hôtes et non ses prisonniers que Lot les refuse aux manifestants et propose le pucelage de ses filles en rançon.

Ainsi, le récit concernant Lot ne traiterait pas en premier lieu d'homosexualité mais d'une faute contre l'hospitalité dans une ville où les pratiques sexuelles sont particulièrement libres.

Le récit du Levite à Guibea (Juges, 19)

On trouve dans le livre des Juges un épisode peu connu, très semblable à celui de Lot à Sodome. Des voyageurs arrivent dans la ville de Guibea et sont accueillis par un vieillard qui leur offre l'hospitalité. Dans la nuit, des habitants entourent la maisons et demandent à ce qu'on leur livre l'homme afin qu'ils le « connaissent ». Le vieillard refuse mais propose en échange d'abord sa fille puis la femme du voyageur, qui meurt après une nuit de viol.

Il s'en suit une guerre entre Israël et Guibea qui se termine sur la destruction de la ville.

Extrait de Juges 19 (ancien testament, Les Livres historiques)

(19.22) Pendant qu'ils étaient à se réjouir, voici, les hommes de la ville, gens pervers, entourèrent la maison, frappèrent à la porte, et dirent au vieillard, maître de la maison: Fais sortir l'homme qui est entré chez toi, pour que nous le connaissions.
(19.23) Le maître de la maison, se présentant à eux, leur dit : Non, mes frères, ne faites pas le mal, je vous prie ; puisque cet homme est entré dans ma maison, ne commettez pas cette infamie.
(19.24) Voici, j'ai une fille vierge, et cet homme a une concubine ; je vous les amènerai dehors ; vous les déshonorerez, et vous leur ferez ce qu'il vous plaira. Mais ne commettez pas sur cet homme une action aussi infâme.

Le verbe « connaître » est utilisé dans le sens de « avoir une relation sexuelle avec ». Différentes interprétations considèrent que la condamnation ne s'applique qu'à la sodomie. D'autres encore pensent qu'il ne s'agirait que de condamner des viols ou encore le manque d'hospitalité vis-à-vis des étrangers.

David et Jonathan

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Princes bibliques Jonathan et David. Circa 1300.

Par ailleurs, l'Ancien testament décrit des relations entre hommes en milieu de cour. C'est le cas pour David et Jonathan (personnages bibliques). Dans la lamentation de David sur la mort de Jonathan, on emploie le même mot aimer que celui qui décrit la relation du Bien-Aimé et de la Bien-Aimée du Cantique des Cantiques, texte qualifié de sensuel, tant au niveau littéral qu'au niveau symbolique. Quantité d'expressions décrivant l'introduction de David à la cour de Saül sont celles qui décrivent l'accueil de la jeune mariée, ce qui explique la fureur de Saül (complétant un tableau symptomatique typiquement dépressif) lorsque il est abandonné par David au profit de Jonathan.

Premier livre de Samuel (traduction Louis Segond 1910) :

(18.1)David avait achevé de parler à Saül. Et dès lors l'âme de Jonathan fut attachée à l'âme de David, et Jonathan l'aima comme son âme.
(20.3)David dit encore, en jurant : Ton père sait bien que j'ai trouvé grâce à tes yeux, et il aura dit : Que Jonathan ne le sache pas ; cela lui ferait de la peine. [...]
(20.17)Jonathan protesta encore auprès de David de son affection pour lui, car il l'aimait comme son âme.

Ce passage est la seule allusion dans la Bible à l'homosexualité qui ne soit pas assortie d'une condamnation.

Nouveau testament

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L'Apotre Paul, Rembrandt 1635

Le Nouveau Testament n'a pas réellement modifié son appréciation de l'homosexualité par rapport à l'Ancien. Il n'y est pas fait allusion explicitement dans les Evangiles, mais, dans ses épîtres, Paul de Tarse lance une condamnation claire. Il s'agit d'un comportement désapprouvé dans l'ensemble de la Bible.

Épître aux Romains

Dans l'épître aux Romains (1:26-31), Paul fait une première condamnation de l'homosexualité.

1:26 c'est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes: car leurs femmes ont changé l'usage naturel en celui qui est contre nature;
1:27 et de même les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement.
1:28 comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes,
1:29 étant remplis de toute espèce d'injustice, de méchanceté, de cupidité, de malice; pleins d'envie, de meurtre, de querelle, de ruse, de malignité;
1:30 rapporteurs, médisants, impies, arrogants, hautains, fanfarons, ingénieux au mal, rebelles à leurs parents, dépourvus d'intelligence,
1:31 de loyauté, d'affection naturelle, de miséricorde.

Épître aux Corinthiens

Dans la première épître aux Corinthiens, Paul met les homosexuels (efféminés) dans une liste hétérogène d'individus qui n'iront pas aux paradis :

Ne savez vous donc pas que les injustes n'hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni les débauchés, les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les pédérastes, ni les voleurs, ni les accapareurs, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les filous n'hériteront du Royaume de Dieu (1 Cor 6:9 - 10)

Note : Dans certaines versions expurgées, on trouve à la place de pédérastes le terme « outrageux ».

La ville de Corinthe était réputée dans l'Empire Romain pour la démesure de son immoralité. L'apôtre Paul y fonda une Eglise. La pression de la corruption ambiante atteignait ces chrétiens de Corinthe. Nombre d'entre eux n'avaient pas réellement coupé avec leur vie de débauche. Paul hausse le ton dans cette épître et fait comprendre qu'un chrétien ne doit pas jouer avec les dérèglements mentionnés.

Deux mots ont un rapport avec les troubles homosexuels. Le premier : « efféminés » ("malakos" en grec), signifiait : « doux, précieux au toucher », et par extension « efféminé » ou, dans un sens négatif, ce mot désignait « la prostitution masculine » ou « le fait de se soumettre à des obscénités contre nature ». Le deuxième mot traduit par : « homosexuels » ou « infâmes », est « arsenokoites » ("arsèn" : mâle ; « koitès » : lit) et il signifie : « un homme qui couche avec un autre homme » et aussi tout comportement homosexuel. Ce texte de Paul le met au même niveau que l'ivrognerie, les adultères, les voleurs, les idôlatres... En persistant dans ces déviations, Paul explique aux Corinthiens qu'ils ne pourront avoir part au Royaume de Dieu.

Première épître de Paul à Timothée

De même, dans la Première épître à Timothée, Paul stigmate les homosexuels (abominables, contre-nature ou qui abusent d'eux-mêmes avec des hommes selon la traduction).

Première épître à Timothée (Traduction Darby 1885)

(1.8) Mais nous savons que la loi est bonne, si quelqu'un en use légitimement,
(1.9) sachant ceci, que la loi n'est pas pour le juste, mais pour les iniques et les insubordonnés, pour les impies et les pécheurs, pour les gens sans piété et les profanes, pour les batteurs de père et les batteurs de mère, pour les homicides,
(1.10) pour les fornicateurs, pour ceux qui abusent d'eux-mêmes avec des hommes, pour les voleurs d'hommes, les menteurs, les parjures, et s'il y a quelque autre chose qui soit opposée à la saine doctrine,
(1.11) suivant l'évangile de la gloire du Dieu bienheureux, qui m'a été confié.

Lire aussi

Le débat actuel dans les Églises chrétiennes

Malgré une forte tradition de condamnation dans le christianisme, certaines Églises chrétiennes ont aujourd'hui des positions très différentes en ce qui concerne l'acceptation de l'homosexualité.

Église catholique romaine

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Le pape Jean-Paul II

L'Église catholique ne condamne pas les tendances homosexuelles ni les personnes, mais condamne les « actes homosexuels ». D'où une certaine ambiguïté. Tout en considérant ces actes comme désordonnés, l'Église appelle les hommes et les femmes au respect des personnes homosexuelles et condamne l'homophobie.

La distinction entre actes homosexuels et personnes homosexuelles est introduite dans la déclaration du Vatican « Persona Humana », publiée en 1976, qui traite de plusieurs questions sexuelles (source Gareth Moore, prêtre dominicain) :

Selon l'ordre moral objectif, les relations homosexuelles sont des actes dépourvus de leur règle essentielle et indispensable. Elles sont condamnées dans la Sainte Écriture, comme de graves dépravations et présentées même comme la triste conséquence d'un refus de Dieu. Ce jugement de l'Écriture ne permet pas de conclure que tous ceux qui souffrent de cette anomalie en sont personnellement responsables, mais il atteste que les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés et qu'ils ne peuvent en aucun cas recevoir quelque approbation.

Cette position a été répétée sous le pontificat de Jean-Paul II dans des documents comme « Homosexualitatis Problema » (1986) et « Catéchisme de l'Eglise catholique » (1992).

Cathéchisme de l'Eglise Catholique, 2357 - 2359 :

L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » (CDF, décl. « Persona humana » 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

2358 Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

2359 Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.

Églises protestantes et anglicanes

Au sein des églises protestantes, l'acceptation de l'homosexualité fait débat. Certaines églises, comme la Fraternité Remonstrante, acceptent le mariage homosexuel. Au sein de la Communion anglicane, des évêques ouvertement homosexuels ont été nommés. Mais à l'intérieur même de ces courants, des contestations sont encore cours.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

See also: Christianisme et homosexualité, 1300, 1789, Ancien Testament, Anglicanisme, Bible, Bouddhisme et homosexualité, Cathares, Corinthe