Clarinette
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La clarinette est la forme moderne d'un instrument de musique à anche simple que l'on trouve partout dans le monde et depuis l'Antiquité. Le chalumeau du Moyen Âge européen est son ancêtre. La clarinette est à perce cylindrique, ce qui la distingue du hautbois et du saxophone, tous deux à perce conique.
La clarinette est inventée aux environs de 1690 par Johann Christoph Denner (1665-1707) à partir du chalumeau, en ajoutant une clé d'importance majeure, appelée aujourd'hui clé de 12e.
Heinrich Bärmann, parfois appelé le « père de la clarinette moderne » (1784-1847) retourne le bec, positionnant l'anche sur la lèvre inférieure.
Un clarinettiste, Ywan Muller, soliste du théâtre italien à Paris, (1786-1854) y apporta des perfectionnements et fit connaître la clarinette à 13 clés en 1812.
La clarinette fut amenée à son degré de perfectionnement actuel par un facteur d'instruments français (Louis Auguste Buffet) en collaboration avec le clarinettiste Hyacinthe Klosé (1808-1880), professeur au conservatoire de Paris ; tous deux adaptèrent le principe des anneaux mobiles que l'allemand Theobald Boehm avait imaginé pour la flûte. C'est le système Boehm, utilisé par tous les clarinettistes du monde entier, exceptés les Allemands et les Autrichiens, qui se servent pour la plupart du système Oeuler.
La clarinette est l'instrument à vent qui possède la plus grande étendue ou tessiture : 3 octaves plus une sixte mineure soit 45 notes, mais les professionnels sont capables de produire des notes supplémentaires dans l'aigu.
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Les différentes clarinettes
La clarinette se décline en plusieurs tailles. Du grave à l'aigu :
- La clarinette contrebasse en si bémol (deux octaves en-dessous de la clarinette en si bémol), utilisée presque uniquement en ensemble de clarinettes ;
- La clarinette contralto en mi bémol (une octave et une quinte juste en-dessous de la clarinette en si bémol), utilisée également en ensemble de clarinettes et de plus en plus en orchestre ;
- La clarinette basse en si bémol (une octave en-dessous de la clarinette en si bémol), très utilisée en contemporain et dans le jazz ;
- La clarinette alto en mi bémol (une quinte juste en-dessous de la clarinette en si bémol), très appréciée en musique de chambre ;
- Le cor de basset en fa (une quarte juste en-dessous de la clarinette en si bémol, pour lequel a été écrit à l'origine le concerto pour clarinette et orchestre de Mozart), il a été très usité à la fin du XVIIIe siècle ;
- La clarinette turque en sol (jouée pour les musiques turques et grecques principalement) ;
- La clarinette en la de basset (clarinette en la avec une extension à l'ut, fabriquée uniquement pour l'exécution du concerto pour clarinette de Mozart dans sa version originale), en grande désuétude aujourd'hui, elle est très rare ;
- La clarinette en la (une seconde mineure en-dessous de la clarinette en si bémol, au son un peu plus rond), encore très jouée aujourd'hui, son timbre est très approprié à la musique de chambre ;
- La clarinette en si bémol (la clarinette la plus usitée), utilisée dans tous les styles de musique, c'est avec cet instrument que l'on débute, elle alie brillance et éloquence ;
- La clarinette en ut (do)(une seconde majeure au-dessus de la clarinette en si bémol, en désuétude car son timbre est un peu vulgaire et sa justesse perfectible), utilisée comme instrument d'étude pour les jeunes enfants en raison de sa petite taille ;
- La petite clarinette en ré (une tierce majeure au-dessus de la clarinette en si bémol)(fabriquée presque uniquement pour l'exécution des concertos pour clarinette en ré de Molter), en grande désuétude car son répertoire est très limité; généralement, les musiciens préfèrent transposer les passages de clarinette en ré pour les jouer à la petite clarinette en mi bémol ;
- La petite clarinette en mi bémol (une quarte au-dessus de la clarinette en si bémol), encore très utilisée aujourd'hui, son timbre est très caractéristique, un peu criard ;
- La petite clarinette sopranino en la bémol (une septième mineure au-dessus de la clarinette en si bémol), presque plus fabriquée, sinon pour l'exécution des bandas (musique militaire italienne), et aujourd'hui pour la musique contemporaine, car sa sonorité criarde intéresse les compositeurs.
Un prototype de clarinette octocontrebasse a été fabriqué par Léon Leblanc. Plus grave encore d'une octave que la clarinette contrebasse, elle sonnait comme un jeu d'orgue de 32 pieds. Mais le projet, très ambitieux de part la taille de l'instrument, a été abandonné.
Il existe également des clarinettes en métal, très utilisées dans les années 1930 dans le jazz américain, modèle différent de la clarinette turque.
Anatomie de la clarinette
Clarinette en Si bémol (idem pour clarinettes en la, en ut, en ré et en mi bémol)
La clarinette en si bémol est généralement réalisée en ébène (sauf le bec), en plastique pour certains modèles d'étude et (nouveauté) en une matière composite qui évite les désagréments du bois tout en en conservant la sonorité. Les clés sont en maillechort (alliage à base de nickel) nickelé, parfois argenté, ou plus rarement doré. Elle se compose de 6 éléments assemblables (de haut en bas) : le bec, l'anche fixée dessus, le barillet, les deux corps (un pour la main gauche, et un autre pour la main droite) et le pavillon.
Le bec
Le bec (ou embouchure) est l'élément dans lequel l'instrumentiste vient souffler. Il est généralement fait en ébonite,en plastique voire en verre (appelés « becs cristal »). C'est sur le bec que l'on vient fixer l'anche à l'aide de la ligature.
Les becs sont classés selon leur matériau de fabrication, leur ouverture (taille de l'ouverture laissant passer l'air sous l'anche) et la longueur de la table.
Classement selon le matériau :
- les becs en ébonite sont les plus fréquemment utilisés pour tous types de musique ;
- les becs en verre (rares) sont généralement réservés à la musique classique, car ils ont une sonorité plus nette ;
- les becs en plastique, de qualité sonore médiocre, sont généralement réservés aux instruments d'étude.
L'anche
L'anche est la partie vibratoire de l'instrument. Elle est faite en roseau et est placée sur le bec au moyen d'une ligature en métal ou en plastique, ou d'une cordelette sur les modèles allemands.
Les anches sont généralement vendues taillées selon un classement de dureté (jouant sur l'épaisseur de l'anche), mais beaucoup de musiciens professionnels taillent ou retaillent eux-même leurs anches.
Le barillet
Le barillet, situé sous le bec, est une pièce qui a pour rôle principale l'accord de l'instrument. La plupart des clarinettistes se munissent de plusieurs barillets afin de pouvoir en changer selon les conditions (notamment de chaleur et d'humidité) et c'est sur la longueur de cette pièce et son écart avec les pièces adjacentes que se joue l'accord en très grande partie (on tire pour accorder l'instrument plus grave, on pousse pour l'accorder plus aigu).
Les corps de la main gauche et de la main droite
Les deux corps situés entre le barillet et la pavillon de l'instrument portent les trous, les anneaux et les clés. Les doigts de l'instrumentiste bouchent les différents trous en fonction de la note voulue, et les clés sont les touches de l'instrument, sur lesquelles le musicien appuie en fonction de la note voulue.
Le pavillon
Le pavillon est la pièce terminale de la clarinette. C'est par le pavillon que le son de certaines notes (les notes bouchées: mi, fa, sol, la grave ainsi que si, do, ré, mi aigu) sort de l'instrument. Cette pièce a une forme évasée pour permettre une bonne diffusion du son.
Clarinettes alto, cor de basset, basse, contralto et contrebasse
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Il y a pour les modèles graves de clarinettes quelques différences (hormis les proportions) avec les autres clarinettes. D'abord, le bocal est en métal et courbé. Ensuite, le pavillon, lui aussi est en métal et courbé, avec le plus souvent une béquille pour pouvoir poser l'instrument sur le sol. Enfin, les modèles graves ont en plus le mi bémol dans le grave, voire l'ut pour le cor de basset et certaines clarinettes basses.
Styles musicaux (liste non exhaustive)
Le classique
Instrument d'orchestre, de nombreux compositeurs l'ont élevé au rang de soliste à partir de la période classique et de l'école de Mannheim jusqu'aux contemporains. Les pièces les plus connues du répertoire sont :
- concertos pour clarinettes en ré de Molter
- concerto pour clarinette de Johann Stamitz (le premier)
- des concertos pour une ou deux clarinettes de Karl Stamitz (fils du précédent)
- des concertos pour une ou deux clarinettes de Franz Krommer
- des concertos de Ludwig Spohr
- concerto de Wolfgang Amadeus Mozart, un quintette avec clarinette, un trio avec alto et piano (dit « des quilles ») et des solos importants dans l'opéra « la Clémence de Titus »
- un trio avec piano et violoncelle de Ludwig van Beethoven
- 2 concertos, un concertino, un quintette avec cordes, une série de variation pour quintette avec cordes et le Grand duo concertant avec piano, de Carl Maria von Weber
- Fantasiestücke avec piano de Robert Schumann
- 2 sonates avec piano, un trio avec violoncelle et piano, un quintette avec cordes de Johannes Brahms
- sonate avec piano de Camille Saint-Saëns
- trois pièces pour clarinette solo d'Igor Stravinsky
- sonate avec piano, sonate pour deux clarinettes (la et si bémol) de Francis Poulenc
- quatre pièces avec piano d'Alban Berg
- concerto de Carl Nielsen
- trio « Contrastes » avec violon et piano de Béla Bartók
- « Quatuor pour la fin du temps » avec violon, violoncelle et piano d'Olivier Messiaen
- « Domaines », en version pour clarinette solo et en version avec ensemble, « Dialogue de l'ombre double » avec électronique de Pierre Boulez
- « Sequenza » de Luciano Berio
- « Ombra » pour clarinette contrebasse de Franco Donatoni
Le klezmer
La clarinette a supplanté le violon dans la musique yiddish (klezmer).
Une référence en la matière : Giora Feidman.
Le jazz
La clarinette est un instrument qui se prête bien au jazz, bien qu'elle soit moins utilisée que le saxophone à cet égard. Elle a été notamment utilisée en jazz musique de la Nouvelle-Orléans. L'un des plus grands clarinettistes de jazz est sans doute Sydney Bechet. On citera également le très célèbre solo de clarinette qui débute la Rhapsody in Blue de George Gershwin. On peut citer également : Mezz Mezzrow, Benny Goodman, Louis Sclavis, Sylvain Kassap, Maxim Saury, Michel Portal, Jean-Christian Michel... Le saxophoniste Art Pepper a laissé également quelques enregistrements à la clarinette. Le saxophoniste Eric Dolphy est également connu pour avoir popularisé la clarinette basse dans le jazz.
Autres musiques
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Une clarinette turque
La clarinette est très présente dans la musique traditionnelle turque, parfois soit sa forme occidentale, parfois sous forme d'une clarinette en métal qui la fait ressembler à un saxophone soprano ; la perce reste néanmoins cylindrique contrairement à celle du saxophone, et le son reste celui d'une clarinette.
Fonctionnement
Voici étape par étape le processus de production du son :
- Une bouffée d'air rentre dans le corps de la clarinette par le bec. L'anche, est comprimée contre le bec à cause de la dépression ansi provoquée ce qui empêche l'admission d'une nouvelle bouffée d'air.
- La surpression se déplace dans le corps de l'instrument et arrive au 1er trou ouvert.
- La surpression sort de l'instrument par le trou ouvert et reflète une sous-pression qui revient vers le bec
- La sous-pression arrive au bec qui est fermé par l'anche. Elle est ainsi renvoyée vers le trou.
- Quand elle y arrive, l'air extérieur rentre par le trou car « la nature a horreur du vide » ! Cela reflète une surpression vers le bec.
- La surpression arrive au bec et ouvre l'anche.
Une note de 440 hz (un la) est produite quand ce cycle est répété 440 fois par seconde.
Liens externes
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