Commedia dell'arte

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Le terme italien commedia dell'arte, utilisé dans de nombreuses langues dont le français, signifie théâtre interprété par des gens de l'art, des comédiens professionnels.

Ce type de théâtre populaire italien est apparu vers 1545 avec les premières troupes de comédie avec masque . Les représentations ont alors lieu sur des tréteaux, les acteurs improvisant leur texte à partir d'un canevas (scénario réglé d'avance).

Le comique était principalement gestuel (pitreries). Certains personnages étaient obligatoires.

Sommaire

Personnages

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Arlequin
ou d'ancien serviteurs comme Scaramouche, Brighella ...

Certains personnages de la Commedia dell'Arte sont restés extrêmement célèbres et sont passés dans d'autres cultures théâtrales. Polichinelle est à l'origine du Punch anglais, le Capitan se retrouve dans le Tengu japonais, Pedrolino est le frère jumeau du Pierrot français, on retrouve également Arlequin dans L'Île des esclaves de Marivaux, par exemple, ...

Origines

La Commedia dell’Arte s'est développée en Italie dans le cours du XVIe siècle. Elle s'est répandue dans toute l'Europe, devenant très populaire en France, où elle était jouée par des acteurs de la Comédie-Italienne du théâtre de l'Hôtel de Bourgogne où les comédiens italiens s'installèrent en 1680. La dénomination Commedia dell'Arte distinguait le théâtre des acteurs professionnels de celui pratiqué à la cour par des hommes de lettres et courtisans et de celui des religieux. Les compagnies professionelles étaient composées d'artistes et d'acrobates. Ces compagnies ne mettaient pas en scène des textes d'écrivains mais, se basant sur un canevas, ils représentaient des événements inspirés du quotidien, enrichis de numéros acrobatiques, danses et chants.

Le canevas traçait sommairement l'action et les personnages d'une comédie ou d'une tragédie. Quelques passages, certains éléments des dialogues, monologues, lazzi ou transitions étaient déjà appris et répétés, ils pouvaient être employés sans changements au moment opportun, le reste, surtout la partie textuelle, était improvisé.

Les troupes

Les compagnies théâtrales, surtout celles qui jouaient en province, n'avaient pas de plateau fixe et voyageaient de pays en pays en transportant leurs tréteaux, elles devaient savoir attirer le public et le convaincre d'assister aux représentations. Les canevas, par conséquent, permettaient à une compagnie théâtrale experte de mettre en scène des situations de l'actualité locale en quelques heures.

Les quelques textes écrits l'étaient en vers et ne passèrent à la prose qu'avec Goldoni. Les comédies se basaient sur des personnages bien reconnaissables et des caractères stéréotypés, avec une gestuelle emphatique, dialogues improvisés, interludes musicaux et bouffonerie, pour satisfaire un vaste public de différente conditions sociales et culturelles. Tous les acteurs, à l'exception du couple d'amoureux et des servantes portaient le masque. Avec les mêmes masques très typés, chaque compagnie construisait des centaines de situations différentes.

Contrairement à ce qui arrivait aux compagnies de théâtre classique, celles de la Commedia dell'Arte employaient des actrices professionnelles au lieu de faire interpréter par des hommes les rôles féminins. Les troupes de Commedia étaient généralement composées de trois femmes et sept hommes, les plus riches avaient un poète maison, profession exercée par Carlo Goldoni.

Évolution

La popularité de la Commedia, en Italie comme à l'étranger, fut extraordinaire. Au XVIIe siècle, les gouvernements d'Espagne et de France cherchèrent à censurer et à réglementer cette forme théâtrale. En France le « Recueil de Gherardi » constitue le témoignage le plus intéressant sur ce que fut ce théâtre. Gherardi était l'Arlequin de la troupe autorisée et privilégiée par Louis XIV. En Angleterre, l'influence de la Commedia forgea les caractères des marionnettes de Punch, mélange d'Arlequin autoritaire et de Polichinelle, et sa femme Judy. En France la Commedia inspira les plus grands dramaturges, que ce soit Molière, qui partagea une salle pendant un temps avec les « Comédiens Italiens du Roi » parmi lesquels figurait le fameux Scaramouche (Tiberio Fiorelli) ou Marivaux.

Au XVIIIe siècle, en Italie, Carlo Goldoni donne un nouveau souffle à la Commedia. Goldoni oblige ses acteurs à se référer au texte écrit, à renoncer aux pitreries faciles, éliminant peu à peu les masques, en conférant aux personnages une individualité toujours plus marquée. Il a transformé la Commedia dell'Arte en comédie de caractère, cependant que Carlo Gozzi reste dans la tradition ayant recours à des arguments aux accents pathétiques et satiriques, se référent à des personalités et coutumes contemporaines.

Le XIXe siècle (à l'exception de Maurice Sand, fils de George) oublie quelque peu cet art ancestral, en France cependant la famille Deburau reprend les personnages de Pierrot et Colombine et les fait entrer par le mime dans le répertoire théâtral français.

Au XXe siècle, lorsque Dario Fo rencontra Franca Rame, fille d'une famille de comédiens itinérants qui possédaient encore les canevas ancestraux, il adapta au monde moderne ces témoignages d'une ancienne culture maintenant éteinte.

See also: Commedia dell'arte, 1545, 1680, Acteur, Arlequin, Arts du spectacle, Canevas, Carlo Goldoni, Colombine