Compagnie anglaise des Indes orientales

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Le 31 décembre 1600, la reine Élisabeth Ire d'Angleterre accorde une charte royale conférant pour 15 ans le monopole du commerce dans l'océan Indien à la Compagnie anglaises des Indes orientales (East India Company, connue sous le sobriquet de John Company). Dotée d'un capital initial de 72000 livres sterling partagés entre 125 actionnaires, elle allait devenir l'entreprise commerciale la plus puissante de son époque.

Basée à Londres, son influence s'est étendue à tous les continents : elle a présidé à la création de l'Inde britannique, a fondé Hong Kong et Singapour, missionné le capitaine Kidd pour combattre la piraterie, installé la culture du thé en Inde, retenu Napoléon captif à Sainte-Hélène, fait la fortune de Elihu Yale, et ses produits étaient au centre du conflit de la Boston Tea Party.

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Deux états du
drapeau de la CAIO

Son drapeau a inspiré le drapeau américain, ses chantiers navals ont fourni le modèle de Saint-Pétersbourg, des éléments de son administration survivent dans la bureaucratie indienne et c'est un des premiers exemples réussis de société par action. Cependant, la pression de la compagnie sur le Trésor du Bengale a empêché la province à faire face à une famine qui a tué des millions de personnes en 1770.

En 1609 la charte de la Compagnie est renouvellée et elle se voit octroyer le monopole du commerce avec les Indes Orientales. En 1612 elle établit sa première manufacture à Surat. Durant ses premières années, elle aura peu de succès dans le commerce des épices largement dominé par les Pays-Bas et ne pourra établir d'avant-poste durable dans les Indes orientales.

En 1615, Sir Thomas Roe est envoyé par le roi Jacques Ier auprès de l'empereur moghol Jahangir. Le but de cette mission était d'obtenir pour la Compagnie l'exclusivité de construire des usines dans certains comptoirs comme Surat. En échange elle proposait d'offrir à l'empereur des produits européens. Un traité fut donc signé et les Anglais purent développer des places fortes à Surat, Bombay, Madras et Calcutta. En 1647 la Compagnie dispose de 23 usines et 90 employés en Inde.

En 1670 le roi Charles II accorde par décrets à la Compagnie le droit d'acquérir de nouveaux territoires, de frapper de la monnaie, de commander des troupes armées et d'exercer la justice sur ses territoires. Elle va alors devenir une formidable machine de pouvoir, en Inde mais aussi en Angleterre. Lassé du lobbying politique et afin de diminuer cette influence le Parlement décide de casser le monopole de la Compagnie et permet en 1698 la création d'une compagnie rivale, l'English Company Trading to the East Indies. Cependant cette dernière ne parviendra jamais à concurrencer « l'ancienne » Compagnie et elles fusionneront en 1702.

En 1757, la victoire de Robert Clive à la bataille de Plassey pour le compte de la Compagnie pendant la guerre de Sept Ans met un coup d'arrêt aux prétentions françaises en Inde, assure la suprématie britannique sur la péninsule indienne et offre à la Compagnie le contrôle du Bengale, la province la plus peuplée et la plus profitable. Auréolé de ses nombreuses victoires militaires, et après un retour de 5 ans en Angleterre, Clive est nommé gouverneur du Bengale en 1765.

En 1773 le Parlement vote le Regulating Act qui impose à la Compagnie une série de réformes économiques et administratives. Il nomme Warren Hastings au poste de Gouverneur Général des Indes britanniques créé pour l'occasion. La Compagnie est autorisée à conserver le monopole du commerce sous certaines conditions, notamment financières, ce qui va l'entraîner petit à petit sur son déclin. En 1784 une nouvelle loi est votée afin de désormais séparer clairement la gouvernance des territoires des Indes Orientales (qui revient à la Couronne) et l'activité commerciale (qui revient à la Compagnie). Cette dernière doit donc désormais rendre des comptes à la Couronne ce qui ne l'empêche pas de continuer à se développer. Vers le milieu du XIXe siècle, la domination de la Compagnie s'étend sur la majeure partie de l'Inde, la Birmanie, Singapour et Hong Kong, un cinquième de la population mondiale passant ainsi sous son autorité. La Compagnie occupe les Philippines, fait la conquête de Java. Elle règle son problème de liquidités pour acheter le thé de Chine en y exportant de l'opium indien, les efforts de la Chine pour mettre fin à ce le commerce entraînant les deux guerres de l'opium avec la Grande-Bretagne.

Privée de son monopole commercial en 1813 et du commerce du thé de Chine vingt ans plus tard, la compagnie perdra finalement ses fonctions administratives en 1858 à la suite de la révolte des Cipayes. Au début des années 1860 toutes les possessions de la Compagnie passent sous le contrôle de la Couronne. Le 1er janvier 1874 la Compagnie des Indes Orientales est dissoute par décret.

Voir aussi

See also: Compagnie anglaise des Indes orientales, 1600, 1602, 1609, 1612, 1615, 1621, 1647