Compagnonnage
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Les origines du compagnonnage sont noyées dans le temps. Sans remonter aux pyramides, il pourrait, selon des indices plus sérieux, prendre souche sur les collegia romains qui organisaient les métiers de la construction.
Sous le nom de devoir, Le compagnonnage est attesté dès l'époque des cathédrales. Il détient les secrets de métier pour protéger l'emploi et en assure la transmission à ceux qui en sont dignes en leur donnant également une formation morale sous forme d'un bagage symbolique. Il organise enfin une assurance mutuelle reposant sur la notion de solidarité.
Au XVIe siècle, le compagnonnage subit une scission liée à la Réforme. Il en résultera une rivalité entre devoirs qui occasionnera d'âpres luttes pour contrôler des territoires.
Le titre de Compagnon est attribué à l'ouvrier qui, après avoir rempli son temps d'apprentissage (rémunéré) et réalisé un chef-d'œuvre, entame un tour de France au cours duquel il poursuivra sa formation auprès divers patrons tout en confrontant ses connaissances. Au cours de son périple il trouvera partout une cayenne et une mère pour l'accueillir tandis que le rouleur du lieu lui assure le gîte et l'embauche.
Mal aimé de l'Ancien Régime, le compagnonnage préfigure le syndicalisme par certains aspects, bien que la filiation ne soit pas prouvée. Il contrebalançait le pouvoir corporatif ou confraternel des patrons et des marchands et il joua certainement un rôle dans les prémices de la Révolution française bien qu'il eut aussi à pâtir de la tourmente dès 1791 avec la loi Le Chapelier.
Le compagnonnage reprend force et vigueur sous la Restauration tandis que des compagnons comme Agricol Perdiguier cherchent à le régénérer pour abolir les rivalités passées. Ces efforts ne pourront cependant pas anticiper le bouleversement apporté par la révolution industrielle et l'avènement du grand capitalisme.
Cependant, le compagnonnage à survécu et suscite aujourd'hui l'admiration. Il transmet toujours — bien plus que des tours de mains aujourd'hui dévoilés — des valeurs morales et l'amour du travail bien fait.
Nombre de symboles du compagnonnage repris plus tard par la franc-maçonnerie prouvent leurs origines communes.
Voir aussi
Compagnon
Compagnons
Compagnons du Devoir
Compagnons du Devoir de Liberté
Bibliographie
- Musée du Compagnonnage (Tours), Fragments d'histoire du Compagnonnage, compte-tendus de conférences données au musée, 6 volumes parus depuis 1998
Liens externes
- La Fédération Compagnonnique des métiers du Bâtiment
- L'Association Ouvrière des Compagnons du Devoir
- L'Institut Européen de formation des Compagnons du Bâtiment
- Confédération des Enfants de Salomon
