Conflit israélo-arabe
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lettre i
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Chronologie
- 1948-49 Guerre israélo-arabe de 1948
- 1956 Crise du canal de Suez
- 1967 Guerre des Six Jours
- 1973 Guerre de Kippour
- 1982 Guerre du Liban
- 1987 Première Intifada
- 2000 Seconde Intifada
Origines du conflit
De nombreux facteurs ont fait de la Palestine le lieu du conflit que nous traitons :
- L'antisémitisme qui règnait en Europe au XIXe siècle (particulièrement en Pologne et en Russie, où des massacres de juifs se sont répétés, mais aussi en France avec l'affaire Dreyfus) a entraîné la naissance du sionisme (mouvement nationaliste juif qui prône le retour à Sion, c'est-à-dire à Jérusalem, pour y ressuciter l'antique État d'Israël, dont les juifs avaient été chassés par la force).
Le grand journaliste Théodore Herzl a joué un rôle déterminant dans le développement de ce mouvement, grâce à son livre L'État Juif. Ce mouvement s'est aussi étendu aux pays musulmans, où la situation des juifs, considérés comme sujets de seconde zone ("Dhimmis"), était souvent précaire.
Le mouvement sioniste ne concernait qu'une partie des juifs, ceux qui voyaient dans le judaïsme une nation. Quant aux autres juifs, ils considérent le judaïsme comme une religion, et leur pays natal (France, Allemagne, Angleterre, etc.) comme leur seule patrie.
- La déclaration Balfour de 1917 qui, toujours pendant la première guerre mondiale, promet la création d'un « Foyer national juif » en Palestine. Cette notion qui n'impliquait pas nécessairement un État était extrêmement vague. Mais elle supposait nécessairement la possibilité pour les juifs d'y trouver asile.
- La désintégration de l'empire ottoman. Allié des puissances centrales durant la première guerre mondiale cet empire fût vaincu et, conformément aux accords secrets Sykes-Picot de 1916, la France et l'Angleterre se partagèrent les dépouilles de l'empire ottoman, ainsi l'Angleterre obtint-elle la Palestine, la France la Syrie-Liban, etc.
On peut voir dans ces trois facteurs les origines du conflit israëlo-arabe. En effet, les accords de 1916 allaient permettent à l'Angleterre et à la France d'étendre leurs empires coloniaux au Moyen-Orient, en 1920 par les différents traités de paix. De plus, conformément à la déclaration Balfour de 1917, les Juifs commencent à immigrer en plus grand nombre en Palestine, surtout dans les années trente à cause de la politique antisémite d'Hitler.
L'Angleterre, fut chargée de régler cette question puisqu'elle reçut le mandat palestinien de la SDN, pour lui permettre d'appliquer la déclaration Balfour, sur le Foyer national. Mais elle dût alors faire face d'une part au sionisme juif et donc à l'immigration des sionistes et d'autre part à la volonté d'indépendance des Arabes de Palestine (en effet on mentionnait déjà dans la Charte de la Société des Nations (SDN) l'autodétermination des peuples).
Le problème devient si complexe après la seconde guerre mondiale, à la suite de la « Shoah », que l'Angleterre ne parvint pas à le résoudre et confia en 1947 la question palestinienne au Comité politique des Nations Unies. À la suite d'une enquête en Palestine et dans les camps l'O.N.U. adopta en 1947 un plan de partage de la Palestine en deux États indépendants, l'un Juif et l'autre Arabe, et un territoire de Jerusalem sous controle de l'O.N.U. L'Agence juive accepta le plan de partage, mais celui-ci fut rejeté par les États arabes. Aussi, en 1948,à la fin du mandat anglais, lorsqu'Israël proclama son indépendance, ce pays fût immédiatement attaqué par plusieurs États arabes, ce qui entraîna la première guerre israëlo-arabe, dont procède le conflit actuel.
15 mai 1948 : reflet d'une société juive qui s'est organisée pendant le mandat, s'est dotée de toutes les fonctions d'État sauf la souveraineté. De l'autre côté : population arabe sans conscience nationale.
Du « foyer national » à l'État d'Israël
Pendant la période mandataire la population juive s'est organisée en Palestine, le mouvement Ychouv. 1922 : création de l'agence juive pour la Palestine, devient un des principaux organes de la Palestine juive, c'est un gouvernement potentiel. 1935 : cette agence est élue. Ben Gourion en est le président. Il sera Premier ministre du gouvernement provisoire. En parallèle, Ychouv crée des écoles, des hôpitaux, un syndicat et toute une structure sociale se crée. Adhésion à 80% des travailleurs à ce syndicats. Nombreuses entreprises, établissement d'un système économique sans réels contacts avec la société arabe. Dans les années 1930 : création d'une force armée semi-clandestine qui compte 45 000 hommes en 1947. Structuration de tous les organes nécessaires à la viabilité d'un État pendant le mandat anglais.
La dislocation de la Palestine
Mobilisation sous le mandat pour lutter contre le foyer national juif en Palestine, mais la mobilisation se fait surtout au sein d'associations islamo- chrétiennes. Réactions très différentes de celles de la population juive par rapport au mandat. Les populations demandent à la Société des Nations (SDN) « la formation d'un gouvernement national parmi ceux qui résidaient en Palestine depuis avant la guerre, musulmans, chrétiens, et juifs. » Refus de la SDN. Les populations arabes refusent alors toute participation aux institutions mandataires car sinon se serait une légitimation de ce foyer. Refus d'une agence arabe équivalente, boycott d'un conseil consultatif élu pour négocier auprès de la Grande-Bretagne. Acceptation seulement d'un mufti, figure religieuse, à la tête d'un conseil musulman suprême à Jérusalem. 1936 : Haut comité arabe présidé par ce mufti. Les mobilisation arabes n'ont pas pour objectif de créer un mouvement national, contrairement aux populations juives. La situation est différente aussi parce qu'il n'y a pas d'identité nationale, donc la mobilisation se structure avant tout autour de solidarités traditionnelles, pas autour de l'idée d'un État futur. Les clivages entre notables en clans rivaux, entre notables ruraux et urbains, non communication entre les notables et les masses populaires. Même quand il y a des partis politiques, ils ne font que couvrir ces clivages traditionnels. Au milieu des années 30, il y a une radicalisation de la mobilisation ; à partir des campagnes il y a une rébellion important de la campagne de Galidée sous la direction d'un chef local : Al Quassan. La révolte ne se fait pas au nom d'une identité nationale, mais au nom de l'islam, révolte rurale et populaire. La mobilisation gagne ensuite les villes, et il y a un appel à la grève générale jusqu'à la cessation de l'immigration juive. La structure politique existante soutient ces grèves, puis appelle à son arrêt. Appel en accord avec les souverains des pays voisins (Transjordanie, Irak, Arabie saoudite), pour volonté de ménager la force mandataire (faire confiance à la Grande-Bretagne, dans les années 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale.). La lutte est une lutte politique arabe pour la Palestine et non pas une lutte palestinienne. 15 mai 1948 : les populations arabes en Palestine refusent cette décision unilatérale, d'où création d'un gouvernement de toute la Palestine sous la direction du mufti. Ce gouvernement fait appel aux États arabes, car n'a pas de structures ni d'armée. Les forces armées de la ligue arabe franchissent les frontières dès le lendemain de la création d'Israël. L'Égypte cherche à s'assurer le contrôle des territoires proches de ses frontières, surtout les territoires côtiers. La Transjordanie veut s'emparer de la Cisjordanie voire même de Jérusalem. Ce qu'il faut retenir de tous ces éléments c'est que dès le premier conflit, la population palestinienne est réduite à une simple force d'appoint, prisonnière des Arabes. Échec militaire de la ligue arabe et signature de convention bilatérales d'armistice. La Palestine est alors divisée en 3 :
- La bande de Gaza administrée par l'Égypte qui contrôle le gouvernement de toute la Palestine.
- Un bout pour Israël.
- La Cisjordanie et Jérusalem Est sont annexées en 1950 par le roi de Cisjordanie qui devient le roi de Jordanie. Ceci suite à un vote de notables palestiniens. Il comble un vide administratif et offre la nationalité jordanienne aux Palestiniens en Jordanie. Accords en l'absence des Palestiniens. Arabisation du conflit, conflit israélo-arabe. Question de la Palestine en terme de réfugiés, dont 65% vont dans des camps de Cisjordanie et de Gaza, et les autres partent en Syrie, au Liban et en Transjordanie. La libération de la Palestine devient un élément de mobilisation des foules, devient un mythe autour de la destruction d'Israël. Il n'y a pas eu de Palestine donc sa libération, c'est la libération du territoire. Destruction d'Israël pour libération de la Palestine. 1958 : création de la République Arabe Unie (RAU), pour fusionner l'Égypte, la Syrie et le Yémen Nord. Le grand mufti de Jérusalem lance une campagne pour l'intégration de la Palestine dans la RAU. Il pousse la ligue arabe dans la reconstitution de l'identité palestinienne. L'Irak répond en proposant l'instauration d'une république palestinienne à Gaza et Cisjordanie + une armée de libération de la Palestine. Ce positionnement inquiète Nasser et va pousser à ce que le sommet de la ligue arabe accepte l'établissement d'une entité palestinienne en 1963 + en 1964 : rôle dans organisation de libération de la Palestine à Jérusalem (OLP). Volonté de l'Égypte de concurrencer les créations irakiennes. L'OLP n'a aucune base populaire, c'est le produit du jeu arabe, pas palestinien. Les Arabes de Palestine ne sont pas apathiques mais sont plutôt engagés dans des partis pro-arabes, pas pour la libération de la Palestine. La mobilisation passe par l'arabisme. 1965 : un mouvement clandestin revendique une opération commando contre Israël. Ce mouvement est le bras armé du Fatah, fondé au Koweït en 1959 par des Palestiniens venus d'Égypte, attirés par la prospérité des pays pétroliers. Ils sont soit des travailleurs de catégorie supérieure, soit des avocats, donc ils sont intégrés économiquement au Koweït, qui vont ressentir leur marginalisation politique. Ce sont les premier mouvement et ils sont à l'extérieur de la Palestine. La mobilisation autour des mouvements de lutte palestiniens va se faire surtout après la défaite de 1967. C'est la Guerre des Six Jours : l'État hébreu occupe une partie de l'Égypte, de la Syrie, la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est. Défaite totale des régimes arabes. Crise de légitimité car n'arrivent pas à contrer les offensives israéliennes. Années 60 : forte augmentation des combattants car frustration. Euphorie mobilisatrice, foisonnement des groupes, multiplication des scissions dans les groupes. Il est nécessaire que les mouvements en faveur de la Palestine s'unifient. Il est opté pour une intégration des différents groupes dans l'OLP. 1968 : OLP devient le chapeau des groupes, lieu d'enjeu et d'équilibre entre les différents groupes. Équilibre conflictuel. Dans l'OLP, le Fatah joue un rôle d'arbitre puis de mise en œuvre politique menée par l'OLP. Donc, l'OLP n'est pas une organisation homogène, mais c'est le chapeau de différentes organisations en conflit permanent. L'OLP adopte une charte à sa création : droit du peuple palestinien à exercer son droit à l'autodétermination et sa souveraineté. 1969 : adopte un programme qui insiste sur la société libre et démocratique en Palestine, en coexistence entre chrétiens, juifs et musulmans. Pour la première fois, on parle du peuple palestinien, donc un projet spécifique est dégagé des pays arabes. Une nouvelle communauté palestinienne suppose la possibilité de reprendre possession de l'espace palestinien : reprise de possession symbolique avant tout, sans exigence en terme territorial, plutôt retour à un âge d'or. L'espace est abstrait, sans revendication concrète des territoires. Revendication de l'élimination de l'État juif. Comme le mouvement s'est développé en dehors des frontières historiques de la Palestine, il y a une forte dichotomie entre l'intérieur et l'extérieur. L'OLP est très mal représentée à l'intérieur jusqu'au milieu des années 70. De plus+, l'OLP hésite à revendiquer clairement la Cisjordanie, car ce serait une exigence envers la Jordanie, d'où conflits entre Palestiniens de là-bas et pouvoir jordanien. Enfin, on garde l'idée de l'arabité de la Palestine et il faut être soutenu par tout l'élan émotionnel arabe et par les masses arabes. Situation paradoxale pour l'OLP qui veut garder son autonomie, diriger la lutte pour les Palestiniens mais qui reste dépendante des pays arabes, de leur soutien et des territoires arabes. Il faut attendre 1974 pour qu'un sommet arabe reconnaisse l'OLP comme le seul représentant du peuple palestinien. La structuration de l'identité palestinienne s'est réalisée sur un mode négatif, et parce qu'elle a été victime d'une colonisation.
Une position arabe ambiguë
Les Palestiniens s'exilent beaucoup dans les pays arabes. Ces États les acceptent comme réfugiés. Ils ont peur que ces populations entraînent des déséquilibres économiques et politiques, et donc à part la Jordanie, ces États confinent les réfugiés dans des camps dans des situations précaires. Les mouvements de libération de la Palestine mettent en œuvre des guérilla contre Israël à partir des États arabes. La résistance palestinienne a construit ses bases militaires, en plus de la constitution d'État dans l'État, donc les Palestiniens ont plus de mal à se faire accepter par les pays hôtes qui craignent des représailles d'Israël. Septembre 1970 : le roi de Jordanie chasse les combattants palestiniens après des combats meurtriers. Ce septembre noir porte un coup dur à la résistance palestinienne qui doit se replier sur le Liban. Cela pose le problème de qui est-ce qui représente les Palestiniens de Jordanie : l'OLP ou le roi ? Évolution en 1974 : décisions par l'OLP d'instaurer une autorité indépendante, nationale et combattante sur toutes les portions du territoire palestinien qui seront libérés. C'est donc l'apparition de l'autorité nationale. Premier pas vers la revendication d'un État palestinien, sans fixer les frontières pour autant. (donc projet encore flou.) Mais il est clair que l'OLP lutte pour la reconnaissance d'une souveraineté politique sur les territoires occupés par Israël. L'OLP est reconnue comme l'unique représentant légitime du peuple palestinien. Donc, le conflit sanglant est un élément de + dans la précision de la revendication palestinienne. Les combattants repliés au Liban sont pris au piège de la libano-libanaise. Il y a une structuration militaire au Liban + un embryon de société nationale organisée. La société palestinienne est de plus en plus encadrée, il y a des unions, des organismes, il y a un fond national palestinien, des ateliers de production, gestion de cellules d'entraide aux familles de combattants, gestion d'hôpitaux. Ces différentes structures sont nécessaires à la constitution d'un futur État palestinien au Liban. D'autant plus possible qu'ils ont une liberté d'action et que l'OLP bénéficie de la manne pétrolière. Les structures étatiques libanaises sont faibles, et le fractionnement communautaire est fort. L'OLP profite de ces limites de l'État libanais pour assurer son développement. Dans un second temps, le Liban s'avère être un piège, car les combattants sont pris dans les conflits internes au Liban. La question palestinienne a contribué à radicaliser et à précipiter les affrontement libanais. En 1969 en 1973, le Liban s'est confronté aux résistants palestiniens. Éclatement de la guerre et la coalition palestino-islamo progressiste qui affronte les milices de la droite chrétienne. L'OLP est allié de la Syrie mais retournement de la Syrie donc l'OLP se retrouve prise entre Israël et la Syrie. 1982 : invasion du Liban par l'armée israélienne pour briser les structures palestiniennes. Les Palestiniens perdent leur avantage sur le territoire libanais et sont enlisés dans un conflit différent du conflit avec Israël. C'est la fin de la présence palestinienne au Liban et destruction de leurs infrastructures. Comme ils n'étaient déjà plus présents en Cisjordanie, il n'y a plus de présence palestinienne aux frontières. L'état-major de l'OLP s'éloigne pour s'implanter à Tunis. La rupture est encore plus grande entre l'élite de la résistance et la population palestinienne. Il existe des conflits internes à l'OLP : un positionnement pour continuer la lutte armée ; et un autre positionnement pour rechercher une solution politique. La solution politique doit passer par le rapprochement avec les pays arabes comme l'Égypte et la Jordanie. Ce serait un retour en arrière pour les autres.
Bibliographie
Voir aussi
Palestine
- Palestine, Histoire de la Palestine.
- Empire ottoman, Accord Sykes-Picot, Déclaration Balfour, Plan de partage de la Palestine.
- Bande de Gaza, Cisjordanie, Diaspora palestinienne, Réfugiés palestiniens.
- OLP, Autorité palestinienne, Yasser Arafat, Mahmoud Abbas.
Israël
- Israël, Histoire d'Israël, Histoire chronologique d'Israël, Jérusalem.
- Sionisme, Histoire du sionisme, Tsahal.
- Ariel Sharon, Shimon Peres, Yitzhak Rabin, Menahem Begin, David Ben Gourion.
Conflit israélo-palestinien
- Conflit israélo-palestinien, Conflit israélo-arabe.
- Guerre israélo-arabe de 1948, Massacre de Sabra et Chatila, Résolution 242.
- Hamas, Ligue arabe.
