Conflit israélo-palestinien
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lettre i
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Sur les décombres de l'empire ottoman
- Lors de la Première Guerre mondiale, la Palestine est une contrée de l'empire ottoman, il n'y a que quelques juifs présents à Jérusalem. La politique étrangère de la Grande-Bretagne (GB) et ses contradictions ont des conséquences sur le début du conflit : la Grande-Bretagne a une forte influence au Moyen-Orient, elle a une présence militaire en Irak dès 1914 et occupe [Bagdad] en 1917. La Grande-Bretagne appuie la révolte arabe et leur fait la promesse d'un grand État musulman. En contre-partie, ils se battent avec les Alliés.
- Problème : en mai 1916, la Grande-Bretagne passe un accord secret « Sykes-Picot » en parallèle avec la France, qui est en contradiction avec sa promesse car il projette de diviser la région en 2 zones d'influence entre les 2 pays.
- En 1917 : déclaration Balfour : le gouvernement de Londres envisage favorablement l'établissement d'un foyer national juif en Palestine, s’il ne porte pas préjudice aux droits des populations dans le pays. Cette déclaration est la consécration du sionisme.
- Le sionisme : c'est la réponse à l'évolution du sentiment antisémite qui s'est développé au cours du XIXe siècle, en Europe et en Russie. 1896 : T. Herzl publie l'État juif, manifeste fondateur du sionisme politique. L'antisémitisme étant inéluctable, il est nécessaire d'y répondre politiquement par un foyer juif, pour leur survie. Il s'engage alors dans un travail diplomatique. La population juive n'est pas unanime sur cette position, jusqu'à la Shoah. Les critiques de milieux laïcs, assimilés portent avant tout sur la localisation de ce foyer pour les Juifs (La terre d'Israël, en Palestine est sous domination turque à l'époque.) Cela ne résoudra un problème que pour en poser un autre : la cohabitation avec les Arabes. Donc, Jérusalem doit être un centre culturel et non un centre politique. Autre critique : cela banalisera le peuple juif, en mettant l'accent sur le politique plutôt que sur le côté le religieux. 1897 : Premier congrès sioniste mondial et Herzl en devient le président. Il faut encourager la colonisation en Palestine en organisant le judaïsme en corps locaux, des mini-sociétés pour fonder les buts du sionisme. Herzl engage des négociations avec le sultan, mais c'est un échec. Il se tourne alors vers la Grande-Bretagne pour une colonie juive dans le Sinaï ou en Ouganda ; c'est aussi un échec tout en marquant un pas en avant, car les demandes juives semblent être reconnues. C'est donc une reconnaissance du peuple juif comme nation, qui a une légitime recherche de terre, et qui est un vrai interlocuteur diplomatique. Les grandes puissances hésitent, il y a une hostilité de l'Église catholique, mais les premières grandes colonies commencent en Palestine. La déclaration de Balfour est donc la consécration du sionisme politique, car elle reprend des termes du congrès, et elle a une portée internationale.
- La Grande-Bretagne a signé cette déclaration surtout pour des problèmes liés à la guerre, pour s'attirer la bienveillance des populations juives des pays alliés. De plus, elle permet de prendre pied dans le Moyen-Orient à plus long terme, et donc la Grande-Bretagne étend son influence sur les territoires autonomes. Mise en place des mandats sur la Palestine, mandats entérinés par la Société des Nations (=sorte de tutelle de la Grande-Bretagne sur ces territoires.) Tutelle aussi sur la Transjordanie tout juste créée. Le mandat repose sur une ambiguïté : la Grande-Bretagne considère que la situation doit mener à la création d'un foyer national pour le peuple juif, mais insiste sur le fait que la Palestine ne doit pas être un foyer national pour les Juifs. En fait, il ne devrait pas y avoir de domination au Moyen-Orient. La Palestine ne doit pas être ni juive, ni arabe.
Mobilisations sionistes et réactions arabes
- 1892 : création de l'agence juive pour représenter « le peuple juif tout entier » et en être le porte-parole auprès des puissances mandataires. L'agence rachète des terres en Palestine et développe l'immigration, pour renforcer la présence juive sur le territoire, pour créer un État de fait, qui soit un précédent favorable pour la réalisation des objectifs juifs. Les arabes ont contesté la déclaration de Balfour. En 1928 : institutionnalisation de revendications par des comités de grève et le haut comité arabe en 1930 pour faire face à l'agence juive. Ils revendiquent l'arabité de la Palestine, et les habitants font valoir leurs droits. En 1936, la contestation s'amplifie alors que les colonies juives se développent, alors qu'au début du XIXe, il y avait 1 Juif pour 40 Arabes ; en 1947, il y en a 1 pour 2.
- 1939 : la Grande-Bretagne veut éviter l'instabilité d'où la création d'un livre blanc pour limiter l'immigration à 75000 personnes pour les 5 ans à venir, et uniquement avec l'accord des représentants arabes, le partage en 3 zones ainsi que la suppression du mandat anglais. Ce livre blanc est refusé et il y a une politique d'immigration illégale en 1939. Mai 1942 : adoption d'un programme qui revendique la formation d'un État juif, avec une immigration illimitée et la création d'une armée juive. C'est la mise en place d'un noyau de l'État juif à venir, qu'est l'armée.
- Seconde Guerre mondiale : La pression sioniste s'accentue, pour recueillir les rescapés des camps, tandis que la Grande-Bretagne veut limiter. Cela provoque une réplique terroriste contre les Anglais. La découverte de l'holocauste provoque une opinion internationale favorable à la cause sioniste. Conjonction des vues entre l'Union Soviétique et les USA sur cette question : les USA ont des intérêts internes qui prévalent c'est-à-dire Truman considère que le réservoir des votes juifs peut être important donc il accueille favorablement les revendications sionistes. L'Union Soviétique considère le sionisme comme un moyen de faire cesser l'impérialisme anglais au Moyen-Orient.
- Mai 1946 : la Grande-Bretagne abandonne sa tentative de trouver une solution, ne veut pas imposer une solution aux 2 parties.
Les plans de partage
Commission spéciale pour gérer le problème : partage de la Palestine en 2 États, l'un juif avec 50% du territoire et l'autre arabe sur 43%, le reste étant la ville sainte et ses environs administrée internationalement. Ce plan est refusé par les Arabes, car le rapport au sol est inégal. Autre plan : État unitaire avec partage des responsabilités, mais va contre la stratégie sioniste. Approbation du premier plan par le Conseil de sécurité (à 7 voix contre 3), puis à l'Assemblé Générale de l'ONU. Ce plan prévoit un calendrier d'évacuation de la Grande-Bretagne puis 2 mois après, commencerons les 2 États. La Grande-Bretagne décide de remettre son mandat de puissance mandataire à l'ONU le 15 mai 1948. La veille : création d'un conseil provisoire d'Israël. Le 15 mai à minuit ; Israël est proclamé et reconnu par les grandes puissances.
Années 80 : blocage du mouvement palestinien. Fait nouveau : la Première Intifada.
La Première Intifada ou l'émergence de la société palestinienne
Intifada ou la « guerre des pierres ». Marque l'entrée en scène d'un acteur nouveau : la population palestinienne. Dans les premiers jours, on ne croit pas à un changement réel. Contexte de pérennisation de l'occupation par l'accélération de la colonisation et de la dépendance économique des territoires occupés. La hausse du niveau de vie des Palestiniens va de pair avec une dépendance très forte au niveau des revenus et des échanges commerciaux (profond déséquilibre). La dépendance économique creuse les disparités entre ceux qui en profitent et ceux qui en souffrent. Développement du peuple juif, réseaux d'implantation avec pour objectif la reconstitution du grand Israël, passant par un ancrage territorial. Pérennisation du peuple par l'appropriation de la terre. L'occupation et le contrôle sont de plus en plus grands : 56% des terres de Jordanie, par la prise de contrôle des propriétés de l'État jordanien et de toutes les terres qui n'ont pas été enregistrées ni cultivées. 11% du territoire de Gaza en 1988. À l'extérieur, s'est développé la thématique de libération des territoires, tandis qu'à l'intérieur : logique d'intégration. L'activisme laisse la place à une résistance passive à l'occupation. Repli sur les bases les plus traditionnelles de l'économie (rurales, familiales), autarcie, instrument de la fécondité. Il y a des initiatives dans les villes par les intellectuels qui tentent des pourparler avec les Israéliens, mais ils sont marginaux et coupés de la majorité de l'opinion et de la population. L'Intifada est un soulèvement spontané des Palestiniens de l'intérieur.
- 1er objectif : territorialiser le conflit, le ramener au centre géographique.
- 2e objectif : permettre le retour de l'OLP en terre palestinienne. Créer une liaison entre les différentes composantes de la population palestinienne. Mettre à jour un projet national commun : une entité politique souveraine à Gaza et en Cisjordanie.
- 3e objectif : impliquer les puissance extérieures et surtout les USA, dans une tentative de médiation pour le règlement global acceptable pour les 2 parties.
Voir aussi
Palestine
- Palestine, Histoire de la Palestine.
- Empire ottoman, Accord Sykes-Picot, Déclaration Balfour, Plan de partage de la Palestine.
- Bande de Gaza, Cisjordanie, Diaspora palestinienne, Réfugiés palestiniens.
- OLP, Autorité palestinienne, Yasser Arafat, Mahmoud Abbas.
Israël
- Israël, Histoire d'Israël, Histoire chronologique d'Israël, Jérusalem.
- Sionisme, Histoire du sionisme, Tsahal.
- Ariel Sharon, Shimon Peres, Yitzhak Rabin, Menahem Begin, David Ben Gourion.
Conflit israélo-palestinien
- Conflit israélo-palestinien, Conflit israélo-arabe.
- Guerre israélo-arabe de 1948, Massacre de Sabra et Chatila, Résolution 242.
- Hamas, Ligue arabe.
