Dualisme
Le mot dualisme apparaît au 17ème siècle pour désigner une doctrine religieuse qui admet deux principes coéternels, un principe du bien et un du mal.
Le mot dualisme recouvre plusieurs sens très différents, l'un des plus répandus étant la croyance en deux divinités correspondant à des principes antagonistes, comme dans le mazdaïsme ou le manichéisme. Le christianisme combat vigoureusement l'idée même de dualisme des principes, et ne s'en tient pas toujours aux seuls combats d'idées : ses luttes contres les manichéens et les cathares vont en attester.
Un sens similaire est celui de l'existence de principes différents et indépendants pour l'âme et le corps. Platon, dans la mesure où l'application de ce mot n'est pas un anachronisme, était défenseur de cette séparation de nature entre corps et âme. Le dualiste le plus célèbre sur ce plan est Descartes.
Le dualisme est aussi une structure sociale d'un pays en developpement caractérisée par la juxtaposition, dans de nombreux domaines, d'un secteur moderne et d'un secteur traditionnel.
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Question de Bertrand Russell
Supposons l'indépendance d'un monde matériel qui obéit à la causalité et d'un monde mental ou spirituel régi par d'autres causes, par exemple le libre arbitre. Il est bien un moment où il vont devoir communiquer : si le libre arbitre décide Pierre à lever le bras, doit-on en conclure que dans le monde matériel et sans qu'il y ait eu la moindre interférence la causalité va précisément faire que par coïncidence il lève justement le bras ? Ce libre arbitre ressemblerait fort alors au roi du Petit Prince qui ne se risquait à donner un ordre que lorsqu'il était certain que celui serait obéi même s'il ne l'avait pas donné. Cette objection est donnée par Bertrand Russell dans son ouvrage Science et religion.
Problème du dualisme par une expérience de pensée
(elle se trouve dans la compilation établie par Dennett et Hofstadter « Vues de l'esprit » (The mind's I).
Supposons un homme qui vit dans de graves souffrances mais, pour des raisons morales, ne veut pas se suicider (sa famille a par exemple besoin de son salaire). Il apprend un jour qu'on a mis au point une drogue permettant de ne tuer que l'âme, en laissant intact le corps. Ainsi, toutes les fonctions continuent à être remplies extérieurement comme avant, à ceci près qu'il n'existe plus d'âme à l'intérieur du corps. L'homme se décide, en achète une dose, et décide de se l'administrer à la nuit tombée. Ainsi, son corps continuera à assurer les devoirs qui sont les siens, pendant que son âme sera libérée.
Il ignore que des amis à lui, connaissant ses souffrances et son dilemme moral, ont déjà décidé de lui administrer la drogue à son insu, et cela le soir même.
La question est maintenant de savoir si après avoir absorbé le contenu de sa dose, notre homme va se dire : Ce produit ne marche pas : je ne ressens aucun changement !. Si tel n'est pas le cas, le dualisme semble réfuté. Si le cas se produit bien, il n'a plus de raison particulière d'être supposé.
