Épistémologie

Le mot épistémologie vient du grec épistémê («connaissance », «science ») et logos (« discours »).

Le terme est employé dans trois acceptions.

L'épistémologie peut s'intéresser à établir une classification des sciences, à définir des catégories.

Sommaire

Questions épistémologiques fondamentales

Le problème du protocole d'observation

Au début du XXe siècle, certains philosophes, dans une perspective fondationaliste, se sont posés la question de savoir s'il était possible d'isoler des faits d'observation, bases de la généralisation et de la connaissance. On peut distinguer schématiquement deux points de vue :

Épistémologie générale : Théories de la validation

L'inductivisme

L'induction consiste à passer de cas singuliers à une proposition générale. Le problème est de savoir si nous sommes justifiés à croire que nous pouvons prédire un quelconque fait d'après nos théories. Par exemple, nous avons observé que le soleil, jusqu'ici, se lève le matin. Mais rien ne semble justifier notre croyance au fait qu'il se lèvera encore demain. Ce problème a été jugé insoluble par Hume, pour lequel notre croyance relève de l'habitude.

Falsificationnisme

Karl Popper critique le raisonnement par induction. Ce dernier a certes une valeur psychologique mais pas une valeur logique. De nombreuses observations cohérentes ne suffisent pas à prouver que la théorie qu'on cherche à démontrer soit vraie. A contrario, une seule observation inattendue suffit à falsifier une théorie. Ainsi, mille cygnes blancs ne suffisent pas à prouver que tous les cygnes sont blancs ; mais un seul cygne noir suffit à prouver que certains cygnes ne sont pas blancs.

Lakatos

Imre Lakatos a dépassé la thèse de Popper. Sa reflexion a été finalement plus loin. Pour lui existe deux facon de recherche(positive/négative): au niveau du heuristique positive et celle au niveau du heuristique négative. L'heuristique positive se trouve autour de l'heuristique négative et peut être modifiée, est dynamique. L'heuristique négative présente le noyau dure, une base de programme qui est inchangeable et est protégée de toute forme de modification (ceinture protectrice). Le noyau contient toutes les hypothèses fondamentales et se trouve au centre du modèle de recherche. Lakatos considère le noyau comme infalsifiable par décision méthodologique du chercheur. Ainsi, deux programmes de recherche peuvent coexister même si un des deux est dynamique et lautre stagné. Lakatos exclut les hypothèses ad hoc. Si le noyau, enrichit par les chercheurs, est détruit par des preuves scientifiques qui s'oppose, Lakatos prédit un changement du programme de recherche.

Kuhn

Mettant l'accent sur la discontinuité dans le processus de la construction scientifique, Kuhn discerne des périodes relativement longues pendant lesquelles la recherche est qualifiée de « normale », c'est à dire qu'elle s'inscrit dans la lignée des paradigmes théoriques dominants, périodes pendant lesquelles de brèfs et inexplicables changements constituent une véritable « révolution scientifique ». Le choix entre les paradigmes n'est pas fondé rationnellement. Cette posture implique que chaque paradigme permet de résoudre certains problèmes et, de là, les paradigmes seraient incommensurables.

Feyerabend

Feyerabend observait à l'exemple de la naissance de la mécanique quantique que souvent l'avancement scientifique ne suit pas de règles strictes. Ainsi, selon lui, le seul principe qui n'empêche pas l'avancement de la science est « tout est bon » et on ne devrait surtout pas critiquer une théorie simplement parce qu'elle n'utilise pas la méthode scientifique falsicationiste. (Ce qui n'empêche pas de la soumettre à la méthode falsicationiste et la critiquer si elle est falsifiée.)

Son œuvre principale, Contre la méthode, fut reçu très négativement par la communauté scientifique, car il accuse la méthode scientifique d'être un dogme et soulève la question si la communauté devrait être aussi critique de la méthode scientifique que des théories qui en résultent.

Les lois de la nature

La loi a d'abord été conçue comme une relation entre une cause et un effet. Mais face à la contingence de la nature, certains penseurs, et notamment Guillaume d'Ockham, furent amenés à formuler l'idée que l'expression de la nécessité des lois de la nature s'exprime sous la forme d'une proposition hypothétique du type : si... alors...

Épistémologie interne : Théories de l'explication

L'explication scientifique

L'unité des sciences

Thèmes épistémologiques

L'épistémologie produit un savoir sur le savoir. Elle est donc réflexive. Cet aspect fait de celle-ci une discontinuité de la philosophie, l'un des points de départ possibles, et non pas un domaine d'application parmi d'autres. Voir Cybernétique, logique épistémique.

Savoir :

Transmission du savoir : pédagogie, rhétorique et zététique.

Histoire de l'épistémologie

Aristote, Bachelard, Cercle de Vienne, Descartes, Pierre Duhem, Ian Hacking, Kant, Alexandre Koyré, Laplace (déterminisme), Guillaume d'Ockham, Poincaré, Karl Popper, Quine, Thomas Kuhn, Stengers, Ayn Rand, Edgar Morin, Jean-Louis Le Moigne.

Histoire de la physique.

Bibliographie indicative

Voir aussi

Recherche scientifique | Gnoséologie | Typologie épistémologique | Sociologie des sciences



Théorie de la connaissance

Concept · Conscience · Croyance · Dialectique · Empirisme · Épistémologie · Espace · Imagination · Jugement · Langage · Logique · Mémoire · Métaphysique · Pensée · Phénoménologie · Philosophie du langage · Psychologie cognitive · Raison · Rationalisme · Réalité · Science · Sciences cognitives · Temps · Vérité

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See also: Épistémologie, Alan Chalmers, Alexandre Koyré, Aristote, Axiome, Ayn Rand