Essais nucléaires français


Tous les pays qui se sont dotés de l'arme atomique ont procédé à de multiples essais :

Soit un total de plus de 2 000 explosions expérimentales dans le monde.

Sommaire

Les premiers essais au Sahara (1960-1966)

Les essais aériens à Reggane

Un champ de tir a été crée à Reggane, au centre du Sahara et à 700 kilomètres au sud de Colomb-Béchar. Les tirs ont été effectués à partir d'une tour.

Liste des essais aériens (date, nom de code et puissance en kilo-tonne) :

Le rapport annuel du CEA de 1960 montre l'existence d'une zone contaminée de 150 km de long environ.

Les essais en galerie au Hoggar

La France doit abandonner les essais aériens à la faveur d'essais souterrain moins polluant. Le site choisi In Ecker (Sahara) se trouve au Sud de Reggane et à environ 150 km au nord de Tamanrasset. Les tirs sont réalisés en galerie, celles-ci étant creusées horizontalement dans un massif granitique du Hoggar, le Tan Afella. Ces galeries se terminaient en colimaçon pour casser le souffle des explosions et étaient refermées par un bouchon de béton. Elles devaient permettre un bon confinement de la radioactivité.

Le 7 novembre 1961, la France réalise sont premier essai nucléaire souterrain. Mais le 1er mai 1962, lors du 2eme essai souterrain, un nuage radioactif s'est échappé de la galerie de tir. C'est l'accident de Béryl (du nom de code de l'essai).

De novembre 1961 à février 1966, treize tirs en galerie ont été effectués dont quatre n'ont pas été totalement contenus ou confinés. Malgré cela, ce système donnait satisfaction mais les Accords d'Évian ayant prévu que la France devait abandonner ses expériences au Sahara, la France a dû se mettre à la recherche d'un autre site.

Liste des 13 essais souterrains au Sahara (date, nom de code et puissance) :

Le centre d'expérimentation du Pacifique (1966-1996)

Les essais aériens

Les essais aériens en Polynésie ont fait intervenir plusieurs techniques :

Au total 46 essais nucléaires aériens ont été réalisé en Polynésie.


N° - Date - Code - Localisation - Mode de tir - Objectif - Puissance

Le retour aux essais souterrains

De 1975 à 1996, la France réalise 146 essais souterrains en Polynésie. Ils ont été réalisé dans les sous-sols et sous les lagons des atolls de Moruroa et Fangataufa.

Le 13 juin 1995, Le président Jacques Chirac décide la réalisation d'une dernière campagne d'essais nucléaire dans le Pacifique. Cette ultime campagne a pour but de compléter les données scientifiques et techniques pour passer définitivement à la Simulation.

Les essais nucléaires français prennent fin le 27 janvier 1996.

La simulation (1996-?)

Depuis janvier 1994, dans le cadre de la Conférence du désarmement des Nations-Unies, des négociations ont été conduites en vue de la conclusion du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires. En 1994, le président François Mitterrand décide le développement du programme de simulation. Ce programme doit permettre à la France de garantir la pérennité de la dissuasion (fonctionnement et sûreté des têtes nucléaires) sans recourir aux essais nucléaires.

La France, qui a signé, en 1996, le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, a commencé immédiatement à démanteler le Centre d'expérimentations du Pacifique.

La simulation est possible grâce aux progrès enregistrés dans deux domaines :

En décembre 2000 est mis en service à Moronvilliers l'installation Airix. Cet outil de radiographie à rayons X permet au CEA d'examiner dans le temps très bref d'une implosion les mouvements de matières précédant le fonctionnement nucléaire d'une arme. Cette machine est le plus puissant générateur de rayons X jamais construit, elle a été fabriquée par le groupe Thomson.

En 2004, la DAM a retenu le supercalculateur Tera 10 de la société Bull. D'une puissance supérieure à 60 téraflops, il sera installé dans le centre de Bruyères-le-Châtel (Essonne) dans le courant de l'année 2005. Tera 10 sera composé de 4532 processeurs de nouvelle génération d'Intel: Itanium Montecito, disposera de 27 téraoctets de mémoire (27 000 Go) et tournera sous Linux. La configuration finale comprendra 56 serveurs d'entrées/sorties NovaScale gérant un pétaoctet d'espace disque avec une bande passante de 100 Go/s.

Sources

See also: Essais nucléaires français, Accident de Béryl, Accords d'Évian, AlphaServer SC45, Bull, CEA, Cryptanalyse, DGSE, Essonne, Hoggar