États généraux de 1789
Les États généraux de 1789 sont les derniers de l'Ancien Régime français.
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Le contexte
Début 1788, tout le monde souhaite la tenue des États généraux, mais pour des objectifs, le plus souvent, incompatibles entre eux:
Les « privilégiés »
- L'aristocratie souhaite en finir avec la monarchie absolue imposée par Louis XIV et représentée de facto (comme de visu) par Louis XVI, et reprendre ainsi ses pouvoirs d'autrefois.
- Le clergé qui profite globalement du système, désire (en majorité) le maintien du statu-quo. Aux Etats-généraux la noblesse est représentée par 270 députés (dont 90 libéraux). Le clergé est représenté par 291 députés (dont 220 curés, la plupart acquises aux idées de réformes. Les priviliégiés le clergé et lanoblesse) sont majoritaires en voix aux États généraux (2 contre 1), et toute décision a des chances de leur être favorable. Mais attention, il existe déjà dans ces deux « États », d'ardents réformateurs qui ne sauraient, tarder à devenir, encore beaucoup plus engagés... (cependant, à cette époque personne ne parle (encore) de révolution).
Le Tiers
578 députés, (207 officiers et hommes de loi,, 211 hommes de loi de profession libérale parmi lesquels 160 avocats, et 110 commerçants, agriculteurs et industriels) forment le Tiers aux états généraux du 5 mai 1789. Concernant son « manque de représentation et de considération » (Beaumarchais), le Tiers est lui-même divisé sur nombre d'autres questions qui sont évoquées dans les cahiers de doléances:
- La bourgeoisie, plutôt urbaine, enrichie par le commerce ou la finance, ouverte aux Lumières voit sa force économique naissante bloquée par ses origines roturières et réclame une égalité de traitement : les nobles seuls ont accès aux postes d'officiers ou de la haute fonction publique, et sont dispensés de taxes. Ces revendications sont a mi-chemin entre social et économique.
- La paysannerie, qui vit de ses maigres récoltes en fonction des aléas du temps, et croule sous la pression fiscale qui lui est infligée: elle demande un rééquilibrage du système fiscal et son extension aux privilégiés mais aussi le droit de chasse... Tout cela pourrait se faire à l'occasion des États généraux, à la condition que le tiers état y soit mieux représenté et que le vote s'y fasse par tête plutôt que par Ordre ;
Le Roi
Le roi lui-même, confronté à une dette de l'État sans précédent, doit trouver une solution pour faire rentrer rapidement de l'argent dans les caisses. Dans son idée, la délégation de cette décision aux États-généraux lui permet de se dissocier d'une mesure qui sera à coup sûr impopulaire.
Convocation et séance d'ouverture
Le 8 août 1788, le marasme financier amène Louis XVI à convoquer les États généraux du royaume pour le 1er mai 1789. L'élection des représentants a lieu en janvier 1789 et suscite une participation très variable. Les représentants du Tiers-États sont désignés de façon indirecte. Seuls les hommes de plus de 25 ans et payant l'impôt ont le droit de voter. L'ouverture des États généraux a lieu le 5 mai dans la salle des Menus-Plaisirs à Versailles, rebaptisée pour la circonstance salle des trois ordres. Cette date marque le début de la Révolution française.
Sur 1139 députés, 291 appartiennent au clergé et 270 à la noblesse. La première séance, le 5 mai, est présidée par Louis XVI en personne, le clergé s'assied à la droite du trône, la noblesse à gauche, le Tiers-État en face. Les orateurs sont le roi, le garde des sceaux, Barentin, et le ministre des finances, Jacques Necker.
Louis XVI prononce un discours assez insignifiant, dont on ne retient surtout qu'une seule chose, il met les députés en garde contre toute innovation. Barentin, le garde des Sceaux, fait dans son discours un éloge du roi. Seul le contrôleur des finances aborde les raisons pour lesquelles les États généraux sont réunis : le déficit du budget. Mais il affirme qu'il sera aisé d'y remédier. Il ne parle pas du problème qui préoccupe le plus les députés : le vote par ordre, ou par tête, qui conditionne toute réforme.
Les dissensions
Des dissensions éclatent très rapidement sur la manière de voter. Le clergé et la noblesse souhaitent que le vote ait lieu par ordre, ce qui leur assure la majorité ; le tiers-état réclame le vote par tête, ce qui lui assurerait l'égalité et que les débats aient lieu en commun. Le 17 juin, le tiers état invite les députés des deux autres ordres à les rejoindre. Un petit nombre d'entre eux, des nobles libéraux et des clercs prochent du peuple, s'unissent au troisième ordre. Le groupe ainsi constitué se proclame Assemblée nationale, sur la motion de l'abbé Sieyès. Devant ce premier acte révolutionnaire, Louis XVI, contre l'avis de Necker, fait fermer la salle des États, que préside Bailly.
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La nouvelle assemblée nationale trouve un autre lieu de réunion à Versailles, une salle de jeu de paume, sur la proposition du Dr Guillotin. Lors de la séance dite du Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789, les députés promettent de ne pas se séparer avant d'avoir rédigé une constitution pour le pays : l'assemblée nationale constituante siègera ainsi jusqu'au 30 septembre 1791 et exerça en même temps le pouvoir législatif. Lors de la séance royale du 23 juin 1789, le roi ordonna la dispersion de l'Assemblée. Le grand maître des cérémonies alla porter l'ordre à Bailly, doyen du Tiers. Mirabeau aurait alors, selon la légende, prononcé cette phrase célèbre : « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. »
Des citoyens français appelèrent aussi à la convocation d'un « quatrième ordre : celui des pauvres journaliers, des infirmes, des indigents », etc., ou l'ordre sacré des infortunés, ce qui, à l'époque, était constitué d'un nombre important de personnes.
Une révolution bourgeoise et pacifique venait ainsi de s'accomplir, une monarchie constitutionnelle se substituant à l'absolutisme royal de l'Ancien Régime.
Cet appel fut sans suite mais donna naissance au XXe siècle siècle au terme
quart monde.
Voir aussi
Articles connexes
- Convocation des États généraux de 1789
- Présentation par ordre des 1200 députés du roi
- Assemblée nationale
- Assemblée nationale française
- Convention nationale
Bibliographie
- Edna Hindie-Lemay, La Vie quotidienne des députés aux états généraux, 1789, Hachette, coll. « La Vie quotidienne », 1989.
Liens externes
- cahiers du Quatrième Ordre de Dufourny de Villiers.
Sources
- Jean Sylvain Bailly, Mémoires d'un témoin de la Révolution, ou journal des faits qui se sont passés sous ses yeux, et qui ont préparé et fixé la constitution française, éd. Levrault-Schoell et Cie, Paris, an XII-1804 ;
- Jacques-Antoine Creuzé-Latouche, Journal des États généraux et du début de l'Assemblée nationale, Didier, Paris, 1946 ;
- Adrien Duquesnoy, Journal sur l'Assemblée constituante, Alphonse Picard & fils, Paris, 1894 ;
- Denis Goubert (éditeur), 1789 : les Français ont la parole. Cahiers de doléances des États généraux, Gallimard, coll. « Archives », 1973.
