Étymologie

L'étymologie est une discipline diachronique de la linguistique, qui étudie l'origine des mots. Elle s'appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l'évolution sémantique des termes envisagés.

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Étymologie du mot

Étymologie est un mot composé savant grec, ἐτυμολογία / etumología, lui-même formé sur les radicaux ἔτυμος étumos « véritable » et de la base -λογια -logia (dérivée de λόγος « discours, raison »), qui fournit les noms de disciplines. C'est donc, à l'origine, l'étude de la vraie signification d'un mot. Cette définition naïve doit cependant être dépassée : l'étymologie étudie l'origine des mots.

On considère que les mots d'une langue peuvent, d'un point de vue diachronique, avoir principalement trois origines :

Changements sémantiques

Le sens des mots hérités ou empruntés change au cours du temps, de telle sorte que l'on parle du « sens étymologique » (qui coïncide souvent avec le sens propre) d'un terme quand on veut souligner une différence entre le sens actuel et le sens ancien.

Parfois, cette différence va jusqu'au renversement complet. C'est par exemple le cas du mot français rien qui, étymologiquement, signifiait « quelque chose » (du latin res, comme dans « chose publique », « république », res publica). Comme la majorité des seconds termes de négation en français (pas, guère, jamais, plus, personne, aucun), il avait à l'origine une signification positive. Facultatif, il servait seulement à préciser le sens de la particule négative ne. Ne pas aller quelque part, c'est ne (pas) faire un pas. Personne, c'est « une personne », aucun signifie étymologiquement « quelqu'un » (cf. castillan alguno ou alguién), et ainsi de suite.

Souvent, il reste des traces du sens ancien dans des archaïsmes ou des expressions idiomatiques : « trois fois rien », « un petit rien »...

La langue parlée moderne, qui se soucie peu d'étymologie a éliminé la particule ne. En chargeant la seconde particule de représenter à elle seule l'ensemble de la négation, elle a renversé complètement sa signification.

Doublets populaires et savants

Quand, dans une langue, un même étymon a été hérité et emprunté ultérieurement, les deux mots obtenus sont nommés doublets. On en trouve un grand nombre en français : la plupart des mots français proviennent en effet du latin ; certains se sont transmis depuis le latin vulgaire en se modifiant phonétiquement, ce sont les mots hérités ; le même étymon a parfois aussi été emprunté postérieurement, dans le vocabulaire savant ; les deux mots issus du même seul étymon latin mais ayant suivi deux voies différentes se nomment respectivement doublet populaire et doublet savant. Leurs sens sont la plupart du temps différents, le doublet savant gardant une acception plus proche du sens étymologique. Ainsi le mot latin potionem donne potion dans la langue savante, mais poison dans la langue populaire !

C'est aussi le cas pour l'étymon fabrica(m) :

D'autres doublets importants, dans l'ordre vulgaire / savant (étymon latin) : orteil / article (articulum), chose / cause (causam), froid / frigide (frigidum), moule / muscle (musculum), métier / ministère (ministerium), tôle / table (tabulam), etc.

Il faut donc distinguer entre les mots hérités de la langue-mère qu'est le latin, et ceux qui ont été empruntés.

Consulter Doublet lexical pour d'autres informations

Sources d'emprunts du français

La langue française a emprunté de nombreux mots à d'autres langues :

Articles connexes

See also: Étymologie, Allemand, Anglais, Arabe, Castillan, Diachronie, Doublet lexical, Emprunt lexical, Espagnol