Existentialisme
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L'Existentialisme est un courant philosophique et littéraire mettant en avant la liberté individuelle, la responsabilité ainsi que la subjectivité. L'existentialisme considère chaque homme comme être unique qui est maitre de ses actes et de son destin.
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Introduction
L'existentialisme affirme le primat de l'existence sur l'essence, selon la célèbre définition sartrienne : « l'existence précède l'essence ». Cette définition fonde la liberté et la responsabilité de l'homme, puisque celui-ci existe sans que son être soit définit en aucune manière.
On a coutume de considérer Søren Kierkegaard comme le premier existentialiste, et de distinguer un existentialisme athée (Edmund Husserl, Martin Heidegger, Jean-Paul Sartre...), et un existentialisme chrétien (Søren Kierkegaard, Gabriel Marcel, Karl Jaspers).
L'existentialisme a été marqué par Hegel et Nietzsche. Il a marqué outre les philosophes cités ci-dessus Maurice Merleau-Ponty, Simone de Beauvoir, Hannah Arendt, Hans-Georg Gadamer (herméneutique), Jürgen Habermas.
Après la deuxième guerre mondiale, un courant existentaliste littéraire a compté, outre Sartre, Albert Camus et Boris Vian. À noter qu'il s'agit d'un courant littéraire ; d'un point de vue philosophique, Albert Camus était contre l'existentialisme, et Boris Vian était pataphysicien.
Principaux concepts de l'existentialisme athée
L'existence précède et construit l'essence
L'existentialisme athée déclare qu'il y a un être qui ne peut être défini avant son existence, et que cet être, c'est l'homme. Cela veut dire que l'homme apparaît dans le monde, existe et se définit après. Si l'homme ne peut être défini au commencement de son existence, c'est qu'il est d'abord rien, devient ensuite, et devient tel qu'il choisit de se faire.
Puisqu'il n'y a pas de Dieu pour le concevoir, pour lui donner une âme prédéterminée, puisqu'à l'aube de son existence, l'homme n'est rien, son avenir lui appartient, ce qu'il est, ce qu'il sera lui appartient. L'homme détermine lui même son essence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait, le résultat de son projet d'être. Il n'est pas ce qu'il a voulu être, car vouloir entend une volonté consciente, mais il est le résultat de ses choix, il est donc responsable de ce qu'il est.
Au dela de la responsabilité individuelle, l'homme est responsable devant l'humanité. L'homme en se définissant à travers ses choix, choisit de donner un certain modèle, une certaine image de l'homme. Il engage ainsi, par ses choix, l'ensemble de l'humanité. Si, par exemple, je choisis de ne pas me battre pour un monde meilleur, l'image que je crée de l'homme est l'homme résigné. L'acte individuel engage toute l'humanité puisqu'en me choisissant, je choisis l'homme.
L'homme étant existant d'abord, et, ensuite, étant être-construit-par-ses-choix, on ne peut l'expliquer par une nature immuable, il n'est pas déterminé. Sans Dieu, pas de morale ou de valeurs transcendantes à l'homme, pas de morale ou de valeurs préexistantes à l'homme : point de justifications ni d'excuses, l'homme est seul, il choisit ses valeurs seul, il est donc libre, irrémédiablement libre.
La liberté
La liberté est une conséquence directe du fait que l'existence précède l'essence de l'homme. En effet, on déduit de cela que la destinée de l'homme (part majeure de son essence) n'est pas fixée à sa naissance, comme l'affirme une idée généralement admise (prédiction de l'avenir, lecture dans les cartes...). L'homme doit donc construire lui-même son destin : en d'autres termes, il est "libre", dans le sens où personne ne lui impose le sens qu'il donne à sa vie.
Cependant, dans l'existentialisme est un humanisme, Jean-Paul Sartre ne discute pas de la liberté dans le sens général, mais seulement dans le sens où l'homme n'a pas de destin fixé. Par exemple, Sartre ne parle pas de la paresse, ou encore des sensations corporelles, qui, dans la tradition platonicienne, oppriment l'homme (faim, soif, désir sexuel...)
La responsabilité
Dans l'existentialisme athée, le concept d'amour du prochain de la tradition chrétienne disparaît devant la liberté individuelle. Mais les fondateurs de l'existentialisme ont quand même cherché à résoudre les problèmes sociaux que cette disparition pose.
Dans l'existentialisme est un humanisme, Sartre explique que l'homme, par ses choix, définit lui-même le sens de sa vie (l'existence précède l'essence). Et l'homme définit en outre par ses choix le sens de la vie en général, c'est-à-dire qu'il engage symboliquement l'humanité dans la voie qu'il choisit. Sartre explique par exemple que l'homme qui se marie considère le mariage comme un choix intéressant, donc que, selon lui, tous les hommes devraient en faire de même : tout le monde devrait être marié. De même, l'homme qui arrête sa voiture au milieu de la route signifie par là qu'il invite l'humanité entière à bloquer la circulation. Or, il ne le souhaite pas (sans doute par calcul égoïste) et ne le fait donc pas.
Remarque : On notera que le choix de l'exemple du mariage n'est pas anodin dans l'oeuvre de Sartre. Il a vécu toute sa vie avec Simone de Beauvoir en concubinage.
Historiquement, cette idée s'oppose le principe de relativisme cher aux écrivains du 18e siècle (Voltaire, Rousseau, Diderot, Condorcet...). Il n'est pas inutile de préciser que l'existentialisme est né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, où l'acceptation de toutes les idées ou idéologies commence à être remise en cause.
L'angoisse
Le désespoir
La mauvaise foi
La mauvaise foi est d'abord fuite devant la liberté. Si notre conscience est d'abord un fait (sans ce fait, elle disparaît, dans le sommeil par exemple), c'est un fait certifié avant que son essence ne le soit (l'existence précède l'essence). La conscience n'a pas de fondement déterminé dans le monde. Elle devra constamment justifier cette place sans fondement qu'elle occupe dans le monde. Mais toute justification ne peut qu'être arbitraire : une conscience ne pourra justifier sa situation dans le monde qu'en étant de mauvaise foi. Se prendre pour objet, telle est la conscience qui est de mauvaise foi. Faire de la conscience un en-soi, telle est la mauvaise foi, conséquence nécessaire de notre contingence. Par exemple, il est contingent de naître bourgeois ou ouvrier. Ce n'est pas choisi. La mauvaise foi consistera à jouer le bourgeois ou le garçon de café, à en faire mon être. Je joue à être alors que ce n'est pas un être. Je joue à être bourgeois comme le cendrier et un cendrier. Mais le cendrier est en-soi. C'est une chose, ce que n'est pas la conscience.
