Extrême droite
Extrême droite désigne habituellement un large ensemble de mouvements et de partis politiques qui défendent des valeurs et des idées classées à droite, c'est-à-dire conservatistes dans les domaines religieux, économique, sociaux, au nationalisme plus ou moins affirmé, allant du racisme au bellicisme, mais en leur donnant une formulation radicale ou en recourant à des méthodes violentes, et en récusant tout ou partie des valeurs démocratiques.
Les partisants de l'extrême droite se défendent de cette appellation et décrivent ce terme comme péjoratif.
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Les mouvements et partis d'extrême-droite
Le terme d'extrême-droite, est très ambiguë, car sous ce qualificatif est usuellement rangé un grand nombre de mouvements, de courants et de partis qui ont relativement peu de choses en commun, et qui sont souvent, d'ailleurs, antinomiques, adversaires, voire ennemis. Ce terme est, de fait, utilisé pour trois types de mouvements :
- Un ensemble de groupuscules identitaires, réellements extrêmistes et pouvant être violents.
- Des mouvements qualifiés de « réactionnaires », selon la définition marxiste du terme, présumés partisans d'un retour à un présupposé « ordre ancien ».
- D'autres, définissent, plus simplement, l'extrême-droite comme l'ensemble des mouvements et des partis siégant, lorsqu'ils ont des élus, à l'extrême-droite de l'hémicycle (à droite et en haut des gradins).
Ainsi, les différents courants de philosophie politique qui ont été définis comme inhérents à ces mouvements et ces partis, et classés arbitrairement à l'extrême-droite, renvoient soit au nationalisme, au populisme, au monarchisme (dans sa majorité), au fascisme, ou même aux religions.
De ce fait, l'extrême-droite est composée de courants très divers, parmi lesquels on cite usuellement :
- Les partis populistes, nationalistes et souverainistes : Front National, Mouvement National Républicain, UDC Suisse, FD danois, FPÖ autrichien, le Vlaams Blok flamand, etc.
- Les monarchistes, partisans du pouvoir royal réel, ou du moins, dans les républiques, d'un rétablissement de la royauté : en France, les royalistes sont divisés entre orléanistes et légitimistes :
- Les orléanistes (libéraux) ;
- Les légitimistes (monarchistes)
- Note : il peut sembler curieux, par exemple, de voir ranger tous les mouvements royalistes dans l'extrême-droite et donc supposés partisans de « politiques réactionnaires » et d'un supposé « ordre ancien », alors qu'aujourd'hui en Europe occidentale, plus de la moitié des pays ont choisi la royauté comme régime politique, que cela n'empêche pas leurs peuples d'appeler librement au pouvoir tous les partis et mouvements qu'ils désirent, et ceci de façon entièrement démocratique.
- Les partis néo-fascistes :
- Republikaner d'Allemagne et d'Autriche.
- Les Nationaux-socialistes ou nazis : groupes néo-nazis se réclamant du Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands de Adolf Hitler et prônant la suprématie de la « race aryenne ».
- les racistes : le Ku Klux Klan prône lui aussi la suprématie de la « race aryenne » mais dans une perspective libertarienne. D'autres partis prônent la suprématie de la race noire aux États-Unis ou au Zimbabwe.
Depuis peu, y sont aussi rajoutés :
- Les partis religieux comme les extrémistes chrétiens, les partis religieux sionistes en Israël (Shaas, Kipot srugot, A'Hihud Ha'Leumi), ou les partis islamistes.
- Les nationaux-bolchévistes formés d'anciens pontes des nomenklatura soviéto-socialistes et qui font une reconversion politique dans le nationalisme, tel le Parti Communautaire National-européen (PCN), ou le parti de Slobodan Milošević, etc.
L'extrême-droite dans les divers pays
Extrême droite allemande
En Allemagne, il existe au moins trois partis d'extrême-droite :
- le NPD (« Parti national démocratique », environ 5 000 membres, 9,2 % des voix lors des élections en Saxe en 2004) ;
- la DVU (« Union du peuple allemand », 6,1 % des voix lors des élections du Brandebourg 2004) - voir les articles allemand ou anglais ;
- Die Republikaner (« les Républicains »), 1,9 % des voix lors des élections européennes de juin 2004.
Actions de l'extrême-droite allemande
- Réunions et discours : le 31 juillet 2004, entre 300 et 400 skinheads, à l'initiative de mouvements allemands, avaient loué les salles du club de football d'Hipsheim (en Alsace, Bas-Rhin). Les participants avaient déployé des drapeaux frappés de la croix gammée et de l'aigle impériale, et proféré des chansons et slogans nazis.
- 13 février 2005 : à l'occasion des commémorations du bombardement allié de Dresde en 1945, entre 3 000 et 5 000 manifestants d'extrême-droite ont manifesté devant le parlement de Saxe. 70 personnes ont été interpellées à la suite d'affrontements.
Angleterre
- British National Party (BNP, Parti national britannique)
Extrême-droite danoise
- Entre 2001 et 2004, le pays était gouverné par Anders Fogh Rasmussen du parti Libéral (Venstre), qui bénéficiait de l'appui du parti populiste d'extrême droite (Dansk Folkparti). Il a été réélu en 2005. Lors de ces élections, les mouvements qualifiés d'extrême-droite ont progressé en obtenant 24 sièges au parlement et en totalisant 13,2 % des voix.
Extrême-droite française
Genèse
En France, l'apparition d'une extrême droite remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle - coïncidant avec la fin de la monarchie. Parmi les idées caractéristiques des mouvements d'extrême droite, ont figuré à titre divers notamment le monarchisme, l'antiparlementarisme, l'antisémitisme, le nationalisme. Les mouvements d'extrême-droite actuels en Europe, en raison de leur hostilité à l'immigration, sont souvent accusés de racisme et de xénophobie par leurs adversaires.
L'extrême droite partage la haine d'un ennemi commun, d'un bouc émissaire qui a changé au cours du XXe siècle : elle fut d'abord antisémite et antidémocratique. Après la révolution bolchévique d'octobre 1917, elle combat en plus le communisme. L'apogée des idées d'extrême droite intervient pendant les années 1930 et 1940. Après la chute du régime nazi et du régime de Vichy, l'extrême droite ajoute à ses thèmes l'anti-américanisme.
Groupes d'extrême droite en France
En 2004, d'après les renseignements généraux français, il existerait 2 500 à 3 500 militants ou sympathisants des différents groupes d'extrême droite. Les groupes les plus importants se trouvent en Alsace, en région PACA, en Ile-de-France.
On peut distinguer cinq types d'extrêmistes, dont les idées ne sont pas tout à fait identiques : les ultranationalistes, les identitaires, les hooligans, les skinheads, et les néonazis. Le ministère de l'Intérieur a recensé 65 actes violents perpétrés par ces groupes en 2004.
Les principales organisations d'extrême droite en France :
- Extrême droite identitaire :
- Groupe Union Défense (GUD), mouvement de jeunes auquel avait adhéré Maxime Brunerie, qui avait tenté d'assassiner le président de la République le 14 juillet 2002. Il succède à Occident.
- Terre et peuple
- Bloc Identitaire
- Extrême droite ultranationaliste :
- l'Œuvre française
- la Garde franque
- le Cercle franco-hispanique
- Extrême droite pétainiste :
- Extrême droite néonazie :
- Truppenkameradschaft, nostalgique des Waffen-SS.
- Elsass Korps
- Combat furtif-Werwolf défendant la « Patrie alsacienne »
Actions politiques de l'extrême droite française
- Création de l'association « SOS enfants d'Irak », proche du FN : site SOS Enfants d'Irak
- Création de l'association « Solidarité des Français », association d'entraide aux SdF d'origine européenne, proche du Bloc Identitaire : site Association SDF
- Création du « Rock Identitaire Français », courant musical proche des milieux identitaires : site Coq Gaulois
- Création du « Comité d'Entraide aux Prisonniers Européens », qui aide les nationalistes emprisonnés, proche du Bloc Identitaire : site CEPE Liberté
- Création de diverses agences de presse alternatives parmi lesquelles : site Novopress et site Altermedia
Les nombreuses profanations de cimetières et d'édifices religieux faites tout au long de l'année 2004 pourraient être attribuées à des personnes, mentalement instables et influençables, proches de groupes d'extrême-droite, mais sans lien direct entre ces groupes et ces actions.
Pologne
- le parti politique Prawo i sprawiedliwość (Droit et justice, PiS) a nombreux caractéristiques de l'extrême-droite. Par exemple, en 2005, le maire de Varsovie, Lech Kaczyński, a interdit la Parade d'egalité du mouvement de libération gaie du 11 juin 2005 en exprimant son homophobie. Suite à la Parade qui malgré tout a eu lieu, il a critiqué les actions de la police contre les manifestants anti-gais du Młodzież Wszechpolska qui avaient jeté des pierres, des bouteilles, des pavés et des oeufs contre les participant-e-s de la parade, blessant deux personnes qui ont été hospitalisées - de fait, il a justifié ces violences.
- Image manquantele Młodzież Wszechpolska est un groupe d'extrême droite qui existe depuis 1922 (de façon discontinue). Lors de la Parade d'egalité du mouvement de libération gaie du 11 juin 2005, ses membres ont jeté des pierres, des bouteilles, des pavés et des oeufs contre les participant-e-s de la parade. De plus, ils ont chanté et crié des slogans nostalgiques de l'Holocauste, par exemple, « Auschwitz-Birkenau, tralalalala ! » [1]
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Bibliographie
- Les mouvements d'extrême droite en France de 1940 à 1944 par François Duprat - Éditions de l'Homme Libre, 1999, 324 pages
- Les mouvements d'extrême droite en France de 1944 à 1971 par François Duprat - Éditions de l'Homme Libre, 1998, 196 pages
- La droite nationale en France de 1971 à 1975 par François Duprat - Éditions de l'Homme Libre, 2002, 168 pages
- L'histoire contre l'extrême droite. Les grands textes d'un combat français par Vincent Duclert, Mille et une nuits, 2002, Les petits libres, 121 pages, ISBN : 2842057120.
- La Nouvelle Extrême droite par Christophe Bourseiller, Editions du Rocher, 2002, Documents, 235 pages, ISBN : 226804419X.
Liens externes
- Petit dictionnaire pour lutter contre l'extrême-droite par Martine Aubry et Olivier Duhamel, collection de lieux communs, de politiquement correct et d'idées préconcues.
Voir aussi
Ku Klux Klan | extrême droite nationaliste | Les penseurs d'extrême droite | parti politique | mouvements politiques | Idées politiques | Milli Görüş | racisme
