Ferdinand de Lesseps
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Ferdinand de Lesseps (° 19 novembre 1805 à Versailles - † 7 décembre 1894 à La Chênaie, Indre) fut un diplomate et un entrepreneur français
Consul en Égypte il devient l'ami de Saïd Pacha.
Surnommé « Le Grand Français », Ferdinand de Lesseps a été le grand promoteur des deux projets de canaux les plus ambitieux de son temps, le canal de Suez puis le canal de Panama. Ce dernier projet fit perdre tant d'argent aux actionnaires qu'il fut condamné à cinq ans de prison qu'il ne purgea pas en raison de son état de santé précaire.
Ses origines
L'origine de sa famille remonterait à la fin du 14ème siècle. Ses ancêtres, venus, on le croit, d'Ecosse, s'étaient installés à Bayonne alors que la région était occupée par l'Angleterre. Un de ses arrières-grands-pères était le secrétaire de la reine Marie-Anne de Neubourg, veuve de Charles II d'Espagne, exilé à Bayonne après l'accession au trône de Philippe V.
Depuis le milieu du VIIème siècle les ancêtres de Ferdinand de Lesseps avaient suivi la carrière diplomatique, dans laquelle lui-même a occupé plusieurs fonctions de 1825 à 1849. Son oncle fut anobli par le Roi Louis XVI, et son père, Mathieu de Lesseps (° 1774 - † 1832), a été fait comte par Napoléon 1er. Sa mère, Catherine de Grévgne, était espagnole, et tante de la comtesse de Montijo, mère de l'impératrice Eugénie.
Il passe ses premières années en Italie, où son père est en poste. Il suit ses études au lycée Henri IV à Paris. De 1825 à 1827 il est vice-consul auxiliaire à Lisbonne, où son oncle, Barthélemy de Lesseps, était chargé d'affaires. Cet oncle était un vieux compagnon de La Pérouse et survivant de l'expédition dans laquelle celui-ci péri.
Sa Carrière
En 1828 Ferdinand de Lesseps est envoyé en tant que vice-consul auxiliaire à Tunis, où son père est consul-général. Il facilite courageusement l'évasion d'un certain Youssouff, poursuivi par les soldats du Bey dont il est un des officiers. Youssouff sera reconnaissant de cette protection française en se distinguant dans les rangs de l'armée française à l'heure de la conquête de l'Algérie. Ferdinand se voit ensuite confier par son père une mission auprès de comte Clausel, général en chef de l'armée d'occupation en Algérie. Dans une lettre du 18 décembre 1830 à Mathieu de Lesseps, le général écrivit : « J'ai eu le plaisir de rencontrer votre fils, qui promet de soutenir avec grand crédit le nom qu'il porte. »
En 1832 Ferdinand de Lesseps est nommé vice-consul à Alexandrie. Afin de le faire patienter pendant la quarantaine du navire qui l'a conduit en Egypte, Monsieur Mimaut, consul-général de France à Alexandrie, lui envoie plusieurs livres, parmi lesquels le mémoire écrit, selon les instructions de Bonaparte, par l'ingénieur Lapre, membre de l'expédition scientifique, concernant un canal à travers l'isthme de Suez. C'est ainsi que naît le projet du Canal dans l'imagination de Ferdinand.
Des circonstances bien particulières, facilitèrent la réalisation du projet. Mehemet Ali, qui était le vice-roi d'Egypte, devait au moins dans une certaine mesure, sa position aux recommandations faites au gouvernement français par Mathieu de Lesseps, alors consul-général en Egypte quand Mehemet Ali n'était qu'un simple colonel. Ferdinand fut donc amicalement et affectueusement accueilli par le vice-roi. Plus tard, c'est Said Pasha, fils de Mehemet, qui accorda la concession pour la construction du canal de Suez.
En 1833 Ferdinand de Lesseps est nommé consul au Caire, et peu consul général à Alexandrie, un poste qu'il a tenu jusqu'en 1837. Pendant cette période une terrible épidémie de peste sévit pendant deux années, coûtant la vie de plus qu'un tiers des habitants du Caire et d'Alexandrie. Faisant preuve d'une ardeur impertubable, Ferdinand poursuivit sa mission, allant d'une ville à l'autre suivant la présence du danger.
Vers la fin de l'année 1837 il revient en France, et le 21 décembre, il épouse Agathe Delamalle, qui lui donnera cinq fils.
En 1839 il est nommé consul à Rotterdam, et l'année suivante, transféré à Malaga, le pays d'origine de la famille de sa mère. En 1842 il est envoyé à Barcelone, et bientôt promu au rang de consul général. Au cours d'une insurrection sanglante en Catalogne, qui fini par le bombardement de Barcelone, Ferdinand de Lesseps fait preuve de courage le plus persistant en sauvant de la mort, sans distinction, des hommes appartenant aux factions rivales, et protégeant non seulement les Français en danger, mais aussi des étrangers de toutes les nationalités. De 1848 à 1849 il est ministre de la France à Madrid.
Durant cette année le gouvernement de la République lui confie à Rome la mission de négocier le retour du Pape au Vatican. Mais les résultats des élections en France remettent en cause la politique étrangère du gouvernement. Son jugement est désapprouvé. Il est appelé devant le conseil d'état, qui blâme sa conduite sans lui laisser une chance de se justifier. Plus aucune mission diplomatique ne lui sera alors confiée.
En 1853 il a perd en l'intervalle de quelques jours son épouse et sa fille. En 1854, l'accession au trône du vice-roi d'Egypte, son vieil ami, Said Pacha, donne une nouvelle impulsion aux idées qui l'avaient hanté pendant les vingt-deux dernières années au sujet du canal de Suez. Monsieur de Lesseps est invité par Said Pacha, et le 7 novembre 1854 il débarque à Alexandrie. Le 30 du même mois, Said Pacha signe la concession autorisant Ferdinand de Lesseps à percer l'isthme de Suez.
Sur ses indications, un premier plan est immédiatement dessiné par les deux ingénieurs français, Linant Bey et le Mougel Bey. Après avoir été légèrement modifié, le plan est adopté en 1856 par une commission internationale à laquelle il avait été soumis. Encouragé par ce verdict, pas plus l'opposition de Lord Palmerston, qui craint alors pour la position commerciale de la Grande-Bretagne, que les avis amusés prédisant le comblement du canal par les sables du désert, n'arrêtent de Lesseps.
Poussé par ses convictions, soutenus par l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie, il réunit par souscription plus de la moitié du capital de deux cents millions de francs nécessaires pour de fonder une compagnie. Le gouvernement égyptien souscrivit pour quatre-vingts millions.
Distinctions et récompenses
- Grand-croix de la Légion d'honneur (1869)
- Académie des Sciences (1873)
- Académie française le 21 février 1884 en remplacement de Henri Martin
