Feu de forêt
Un feu de forêt (FdF en jargon pompier) est un incendie qui touche un massif boisé. Il peut être naturel (par exemple dû à la foudre) ou bien être d'origine humaine, par imprudence (barbecue, mégot de cigarette, feu d'écobuage) ou criminel.
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Dégâts
On estime que la surface brûlée chaque année est environ :
- États-Unis : 1,74 millions d'hectares (17 400 km2), soit 0,18% du territoire
- France : 30 000 hectares (300 km2), soit 0,04 % du territoire et 0,16 % de la forêt,
- Portugal :
Mécanisme
Lorsque les réserves d'eau du sol sont entre 100 et 30 %, l'évaporation de l'eau des plantes est compensée par la terre. En-dessous de ce seuil, la plante ne peut plus s'hydrater et ce sont les essences de la plante qui s'évaporent. En cas de sécheresse prolongée, on a donc d'une part une atmosphère contenant des essences inflammables, et d'autre part des plantes très sèches donc très inflammables.
Les plantes poussant sur des sols siliceux (comme le maquis) sont à ce titre moins exposées que les plantes poussant sur sol calcaire (comme la garrigue).
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Une fois déclaré, le feu peut progresser
- par le bas, en « rampant » (propagation par les broussailles, les débris organiques sur le sol) ;
- par les cimes ;
- par éléments enflammés emportés par le vent ; il peut ainsi « sauter » une zone incombustible comme une route, voire une autoroute.
Il se propage en « forme de poire », dans l'axe du vent. Dans le Sud-Est de la France, on estime qu'il progresse à environ 3 à 8 % de la vitesse du vent selon les terrains (pente, densité et nature de la végétation).
Bien que l'on soit en plein air, il peut se produire dans certains cas un embrasement généralisé éclair (EGE, ou flashover), dû à l'accumulation d'une poche de gaz de pyrolyse ; on peut ainsi voir plus de cinq hectare s'embraser instantanément. Si un vent fort pousse le feu rapidement, il dissipe également les poches de gaz et empêche un EGE ; on a donc paradoxalement des feux qui progressent très rapidement malgré un vent modéré (de l'ordre de 30 km/h).
Les EGE apparaissent en thalweg, en crêtes ou sur des plateaux. Les signes avant-coureurs sont :
- vision trouble
- sons assourdis
- difficultés respiratoires (on ne porte pas d'appareil respiratoire sur un feu de forêt) ;
- « torrefaction » du feuillage par la chaleur rayonnante.
Gestion des feux de forêt
Les feux de forêt présentent plusieurs difficultés :
- l'approche du foyer est difficile en raison du terrain accidenté et de la végétation ;
- les foyers sont très étendus, voire multiples dans le cas d'incendies criminels ;
- le feu progresse très vite et peut encercler les secours.
Le risque d'apparition de feux de forêts est particulièrement important lors des sécheresses.
Prévention
La prévention comprend des mesure telles que :
- l'entretien des massif boisés : élimination des arbres en surnombre, création de coupes, qui, à défaut d'empêcher la progression du feu, permettent la progression des engins et assurent des zones de repli ; obligation pour les propriétaires de débroussailler ;
- l'interdiction de faire des feux, assortie de mesures de sensibilisation, d'information et de répression (surveillance policière) ;
- la mise en place de vigie en période critique et le prépositionnement de moyens (tours de surveillance, réservoirs d'eau gonflables...) ;
- l'établissement de plans d'intervention et d'engagement de moyens.
On peut mesurer l'impact de l'entretien en comparant deux massifs : la forêt des Landes de Gascogne (10 000 km²) et le massif des Maures (335 km²) ; ce dernier, bien que plus petit, est sujet à des ravages bien plus importants. Dans la première forêt, les exigences d'entretien correspondent aux intérêts économique (exploitation du pin des Landes). Dans le second cas, l'entretien se heurte à des intérêts conflictuels : lobby des chasseurs qui s'oppose au débroussaillage (les sous-bois abritant des sangliers), les maires qui autorisent les construction d'habitations isolées pour attirer des capitaux, l'abandon du chêne-liège au profit du pin, plus rentable mais plus facilement inflammable…
Les organismes de surveillance météorologique (par exemple Météo France) jouent un rôle capital en signalant les moments où les risques sont maximaux (temps sec et venteux). En 1976, le Canada a développé un modèle empirique de calcul de risque ; la France s'en est inspiré pour le calcul de l'IFM (Indice forêt météo) qui quantifie le risque.
Lutte contre l'incendie
La lutte contre les feux de forêt fait appels à trois type d'intervenants :
- les forestiers, qui assurent une surveillance et peuvent procéder à des coupes préventives ;
- les sapeurs-pompiers, engagés sur le terrain ;
- les moyens aériens bombardiers d'eau.
Il est impossible d'éteindre un feu de forêt avec les moyens hydrauliques. La technique habituellement utilisée consiste à attaquer les fronts gauche et droit pour resserrer la tête et canaliser la propagation. L'attaque des front utilise soit des équipes au sol, soit des avions ou hélicoptères bombardiers d'eau. L'utilisation de bombardiers d'eau ne peut se faire que dans des zones sans personnel, le largage d'une dizaine de tones d'eau pouvant causer de graves blessures. Il y a donc une coordination radio indispensable entre les équipe au sol et les équipes aériennes. Lorsqu'une équipe au sol entend un moteur, elle lève la lance afin de signaler sa présence aux moyens aériens avec le jet d'eau et éviter les accidents.
Par ailleurs, on procède à la protection des populations en les évacuant, et à la protection des habitations, qui consiste à
- rentrer les véhicules ;
- fermer les volets et les fenêtres ;
- arroser les habitation pour éviter l'échauffement par radiation ;
- établir un « front d'eau » face au feu pour que celui-ci contourne l'habitation.
Cette manœuvre porte le nom de « défense des points sensibles » (DPS). La défense d'une habitation unique nécessite typiquement quatre véhicules, les habitations isolées dans la forêt posent donc de gros problèmes.
Certains pays, comme par exemple les États-Unis, pratiquent des contre-feux : en brûlant une partie de la végétation de manière contrôlée, on prive le feu de carburant lorsqu'il atteint la zone. Cependant, outre le fait que le feu peut « sauter » la zone, le contre-feu peut aussi échapper au contrôle des pompiers ou forestiers et devenir un nouveau foyer.
Certains pays pratiquent également des coupes en urgence, par exemple au bulldozer, dans le même but.
Feux de forêt en France
En France, la forêt représente environ 28 % du territoire (189 000 km², 18,9 millions d'hectare) ; la plus grande forêt est la forêt des Landes de Gascogne [1], elle s'étend sur 10 000 km2 (1 million d'hectares) dont la plupart se trouve dans les Landes (6 193 km², 619 300 ha), elle est plantée à 97 % de pins .
On utilise le terme Défense des forêts contre l'incendie (DFCI) ; on parle de « coordonnées DFCI » pour localiser les massifs forestiers, de « chemins DFCI » pour l'accès à ces massifs... Outre les sapeurs-pompiers, les collectivités territoriales emploient des sapeurs-forestiers (véhicules jaunes), ainsi que des bénévoles regroupés dans des Comités communaux de feux de forêt (CCFF, véhicules orange).
Les véhicules terrestres spécifiques à la lutte contre les feux de forêt sont :
- les camions citerne pour feu de forêt (CCF) : un véhicule tout-terrain (4x4) avec un dispositif d'autoprotection lorsque le véhicule est cerné par les flammes (cabine pressurisée et dispositif d'arrosage du fourgon) ;
- les camions citerne de grande capacité (CCGC) : camion articulé (super-lourd) servant de réserve d'eau pour alimenter les CCF.
Les sapeurs-pompiers disposent d'un « lot de replis » qui leur permet de se protéger un minimum s'ils sont piégés hors du véhicule. Il se compose d'une cagoule avec une cartouche filtrante (type masque à gaz), les feux de forêt s'attaquant sans appareil respiratoire isolant, et d'un « poncho » métallisé qui permet de se protéger de la chaleur rayonnées.
Sylviculture, Reboisement, Ecologie
Les feux de forêt font partie d'une dynamique naturelle dans les forêts méditeranéenes : de nombreuses plantes s'y sont adaptées, certaines ont même besoin du feu pour vivre. Ces feux causent cependant des dommages économiques importants et présentent un danger pour l'homme. Leur trop grande répétition appauvrit les sols et modifie de façon irréversible l'état biologique caractéristique de ces forêts.
Auparavant, les feux d'origine naturelle étaient moins fréquents. Les habitats de la faune et de la flore n'étaient pas fractionnés par l'implantation humaine et participaient à la recolonisation des espaces adjacents touchés par le feu. Cette régénération naturelle est freinée et appauvrie par le fractionnement des habitats. La recolonisation par les espèces est alors partielle : la biodiversité des zones dimininue avec le risque d'extinction de certaines espèces comme la tortue d'Hermann.
Ce fractionnement des habitats prend plusieurs formes (autoroutes, nouvelles habitations...), mais les causes en sont presque toujours les mêmes, l'étalement urbain (autour de Toulon par exemple) : le développement des résidences secondaires et du tourisme nécessite infrastructures et terrains, donc il y'a artificialisation des terres et fractionnement de l'habitat.
Les causes des incendies sont diverses, elles vont des systèmes de freinage des trains au mégots jetés négligemment de la fenêtre d'une voiture en passant par les barbecues sauvages et les eclats de verre faisant loupe, et surtout les incendiaires.
Mais une autre cause semble se dessiner : ce sont les modifications climatiques qui entraînent une baisse des précipitations sur ces forêts et donc une augmentation des incendies.
Les différentes essences dans l'incendie
Dans le sud de la France les essences traditionnellements présentes comme l'olivier qui est une essence coupe-feu peuvent être un rempart contre l'extension des incendies. La généralisation de la plantation de résineux comme le pin est un danger évident dans la problématique du feu de forêt.
Régénération de la forêt
Les Forestiers-Sapeurs de l'Hérault http://www.naturetforet34.com
La forêt est fragile, préservons-la ensemble. Respectez la réglementation de l'emploi du feu en forêt. Renseignez-vous à la mairie de votre domicile pour les périodes autorisées. N'empruntez pas les pistes réservées aux services de secours. Ne piétinez pas les jeunes pousses. Ne coupez pas inutilement des branches ou des fleurs qui, une fois arrachées ne repoussent pas. Evitez le bruit qui dérange les animaux. N'abandonnez pas vos objets et ramassez tous vos déchets. La forêt vous remercie de votre coopération et de votre vigilance ! http://www.patrickmaliver.com Merci de visiter notre site
Aménagement du territoire
Voir aussi
Liens internes
Liens externes
- Modélisation et Simulations Numériques de la Propagation de Feux de Forêts, J. Margerit, thèse de doctorat (5 novembre 1998)
- Plein feu sur la forêt, un document du site de Météo France (26 mars 2002)
- Approche toxicologique des fumées de feux de forêts, V. Ferlay-Ferrand, C. Picard, C. Prim
- Sdis des Landes — une approche scientifique et opérationnelle du feu, un article du site Mediaforest.net
- La DFCI dans le département de l'hérault : les forestiers-sapeurs 34
- Feudeforet.org, la DFCI Aquitaine
- Protection civile urbaine d'Éguilles
- Israel air fire defence, projet israëlien pour acheter des bombardiers d'eau
