François de Grossouvre

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Sommaire

Biographie

François Durand de Grossouvre, médecin de formation, naît le 29 mars 1918 à Vienne dans l'Isère.

À l'âge de 5 ans, il perd son père, le banquier Maurice Durand de Grossouvre, mort en 1923 des conséquences d'une exposition au gaz moutarde pendant la Grande Guerre.

Élevé en France chez les Jésuites, il fait ensuite ses études de médecine à Lyon, obtient son diplôme de docteur en médecine et devient externe des hôpitaux de Lyon (1942). Il fut pendant un temps membre du Service d'ordre légionnaire (SOL), dirigé par Joseph Darnand, mais en 1943 quitte le SOL pour rejoindre le maquis de la Chartreuse (près de Grenoble) et participe aux combats du Vercors. À la Libération, il sera établi qu'il était infiltré au Service d'ordre légionnaire (SOL) en tant qu'agent de l'Organisation de la résistance armée (ORA). Sous le nom de code de « Monsieur Leduc », il devient le chef du réseau stay-behind « Arc-en-ciel », installé par l'OTAN en France, dans le cadre de l'opération Gladio.


Il se marie avec Claude Berger en 1943, dont il aura six enfants. Il s'impose à la tête des sociétés de sa belle-famille Le Bon sucre (1944-63) et A. Berger et Cie (1949-63). Il est parallèlement conseiller du commerce extérieur de la France (1952-67), vice-président de la Chambre de commerce franco-sarroise (1955-62), puis exploitant agricole.


Il se lie d'amitié avec François Mitterrand rencontré lors d'un voyage en Chine en 1959, s'éloigne progressivement du milieu industriel (sa proximité avec le leader du [Parti Socialiste] le rend suspect aux yeux de ses pairs), achète une propriété dans l'Allier (non loin de la Nièvre, fief électoral du futur président) qu'il exploite et où il peut se donner à ses deux grandes passions, l'équitation et la chasse. Il prend un pied-à-terre à [Paris] et s'active dans l'ombre de [François Mitterrand].


Tout naturellement, il est nommé dès juin 1981 chargé de mission auprès du Président de la République, qui lui confie les problèmes de sécurité et les dossiers sensibles, notamment ceux liés au Liban, à la Syrie, à la Tunisie, au Maroc, au Gabon, aux pays du Golfe, au Pakistan et aux deux Corée.

Il est également président du Comité des chasses présidentielles (fonction qu'il conservera jusqu'à son décès), chevalier de l'Ordre de Malte et ambassadeur de l'Ordre souverain de Malte auprès du Maroc.

En juillet 1985, il quitte officiellement ses fonctions de chargé de mission et devient conseiller international des avions Marcel Dassault (1985-86). Il garde son bureau élyséen et son appartement quai Branly (voisin de celui d'Anne et Mazarine Pingeot), tout en prenant progressivement ses distances avec l'Elysée suite aux agissements de certains proches de François Mitterrand.


Le 7 avril 1994, il est retrouvé mort, d'une balle de .357 Magnum, dans son bureau du Palais de l'Élysée.

Cette mort violente, la première qui ait eu lieu officiellement à l'Elysée, a fait la une des journaux. La version officielle fut très contreversée dans les jours qui suivirent et ensuite dans plusieurs livres.

Les investigations sur la mort de François de Grossouvre

Les faits connus

Le soir du 7 avril 1994, François de Grossouvre devait se rendre dîner chez un ancien premier ministre gabonais. En homme raffiné (on le surnommait le duc de Guise...), il fait envoyer à 18 heures un bouquet de fleurs à la maîtresse de maison avec un petit mot ("je me réjouis d'être avec vous ce soir"). A 20 heures, un gendarme venu lui apporter un télégramme découvre François de Grossouvre mort assis dans son fauteuil, son arme personnelle à la main, un Manurhin MR 73 de calibre 357 Magnum. Bizzarement, personne n'aurait entendu le coup de feu à l'Elysée, pas même le gendarme en faction sous sa fenêtre, alors que l'arme utilisée est de très gros calibre, qu'il y a "du sang jusqu'au plafond" (écrit le docteur Gubler dans "Le grand secret")....

La thèse du suicide (version officielle)

L'enquête judiciaire, écourtée (il n'y a notamment pas eu d'expertise balistique), conclut au suicide malgré des indices troublants : le rapport d'autopsie précise que le corps présentait « une luxation avant de l'épaule gauche et une ecchymose à la face », alors que le corps de François de Grossouvre a été retrouvé assis dans son fauteuil. De même, le rapport de police va « oublier » de préciser la disparition de toutes ses archives.

Pour étayer la thèse du suicide, les proches du pouvoir vont aller dire dans la presse que François de Grossouvre était dépressif, ne supportant pas le fait de veillir et vivant mal sa progressive mise à l'écart... C'est ce qu'écrira notamment le Docteur Gubler dans son livre "Le grand secret". Mais cela sera démenti par le médecin traitant et des amis de F. de Grossouvre.

La version de l'assassinat

Le journaliste Jean Montaldo, dans la presse, puis dans son livre "Mitterrand et les 40 voleurs", et le capitaine Paul Barril mettront en doute la version du suicide de François de Grossouvre. Dans son livre Guerres secrètes à l'Élysée (qui lui valut d'être condamné le 27 mai 1997 par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir diffamé Gilles Ménage, ex-directeur adjoint de cabinet du président François Mitterrand), Paul Barril rappelle certains faits troublants, dont :

Interrogations

Les derniers mois de sa vie, F. de Grossouvre invitait régulièrement des journalistes pour leur faire des confidences sur les dérives du pouvoir mitterrandien, et il rédigeait des mémoires que ce dernier redoutait. "Ministre de la maison privée du Président", il connaissait tous les secrets de la Mitterrandie...

Un autre mobile possible serait lié au Rwanda. La coïncidence de la date de sa mort avec celle de l'attentat contre le président Rwandais (le soir du 6 avril 1994), et sa connaissance des relations de la France avec l'Afrique ont suscité des commentaires et des interrogations. La journaliste Colette Braeckman, spécialiste des affaires africaines du journal Le Soir de Bruxelles (qui a introduit les éléments qui permettent d'envisager, parmi d'autres hypothèses, une participation française à cet attentat), a appris que l'une des dernières paroles de Grossouvre aurait été "Les cons ils n'ont pas fait ça". Le capitaine Paul Barril [1], qui revendique d'avoir été actif au Rwanda en [1994] et a prétendu devant les caméras de télévision avoir la boite noire de l'avion, était apprécié et soutenu par F. de Grossouvre. Deux ONG, la Fédération internationale des droits de l'homme et Human Right Watch, parlent de François de Grossouvre à deux reprises dans leur rapport conjoint de 800 pages sur le génocide ("Aucun témoin ne doit survivre") et s'interrogent aussi sur cette coïncidence de date.

Décorations et distinctions

François de Grossouvre était :

et titulaire de :

Sources

See also: François de Grossouvre, 1918, 1943, 1981, 1985, 1994, 29 mars