François-Ferdinand d'Autriche

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François-Ferdinand

François-Ferdinand, archiduc d'Autriche (Graz, 1863 - Sarajevo, 1914).


François-Ferdinand naquit le 18 décembre 1863 à Graz (Styrie) et se maria le 1er juillet 1900 en la chapelle du château de Reichstadt (Bohême), aujourd'hui Zákupy en République tchèque. Son père, l'archiduc Charles-Louis de Habsbourg, époux de Marie Annonciade Princesse des 2 siciles, était le frère cadet de l'empereur François-Joseph.

Neveu de François-Joseph Ier, il devint l'héritier potentiel du trône impérial à la mort de son cousin germain Rodolphe d'Autriche, mort de façon mystérieuse à Mayerling, le 30 janvier 1889, en compagnie de sa maîtresse Marie Vetsera, et devint héritier en première ligne à la mort de son père, en 1896.

Il fut assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914 avec son épouse la comtesse Sophie Chotek, comtesse de la vieille noblesse Tchèque, elle était duchesse de Hohenberg, par le nationaliste serbe Gabriel Princip. Sa mort entraîna l'Autriche-Hongrie à attaquer la Serbie. Ce fut l'évènement déclencheur de la Première Guerre mondiale. Son mariage était morganatique, c’est-à-dire que ses enfants ne pouvaient prétendre à la succession d'autriche.

Sommaire

François-Ferdinand au sein de la dynastie


Charles-Louis était le fils de l'archiduc François-Charles, lui-même fils de l'empereur François Ier d'Autriche. François-Charles mourut en 1878 après avoir renoncé au trône en 1848 et eut pour fils :

  1. François-Joseph Ier d'Autriche (1830-1916), époux d'Elisabeth de Wittelsbache dite « 'Sissi »
  2. Maximilien Ier du Mexique né le 6 juillet 1832, éphémère empereur du Mexique, fusillé le 19 juin 1867
  3. l'archiduc Charles-Louis d'Autriche (1833-1896)
  4. l'archiduc Louis-Victor d'Autriche (1842-1919) qui vécut assigné à résidence

Charles-Louis et Maria-Annunziata eurent pour fils :

  1. l'archiduc François-Ferdinand (1863-1914)
  2. l'archiduc Othon d'Autriche (1865-1906) (Otto en allemand)
  3. l'archiduc Ferdinand d'Autriche (1868-1915) qui fit un mariage morganatique comme son frère, renonça en 1911 et prit le nom de Ferdinand Burg

François-Ferdinand portait le titre d'archiduc commun à tous les agnats dynastes de la Maison de Habsbourg.

La maison d'Autriche-Este qui avait régné sur Modène (1814-1859) s'éteignit en 1875 et l'empereur François-Joseph Ier en reporta le nom sur son neveu qui devint François-Ferdinand d'Autriche-Este.

Il ne semble pas que l'archiduc héritier d'Autriche ait porté un titre particulier.

Parmi ceux qui arrivent premier dans un ordre successoral, deux cas se présentent :

Des événénements tragiques rapprochèrent cependant Charles-Louis et François-Ferdinand du trône :

Quant à l'archiduc Charles qui succédera à François-Joseph sur le trône d'Autriche-Hongrie en 1916 le caractère relativement incertain de ses espérances était plus accentué encore : François-Ferdinand pouvait devenir veuf, contracter alors un mariage égal et procréer des archiducs qui auraient éloigné Charles du trône. Charles était le fils de l'archiduc Othon, fils cadet de l'archiduc Charles-Louis et donc le neveu de François-Ferdinand.

François-Ferdinand contracta (1900) un mariage morganatique avec Sophie Chotek, c'est-à-dire régulier selon le droit civil et le droit canon de l'Église catholique mais de rang inégal (il aurait dû épouser une femme d'une famille régnante, médiatisée ou ayant régné). Ce mariage écarta de facto les fils qu'il eut avec Sophie Chotek de la succession : ces fils ne furent donc pas archiducs. François-Ferdinand ne renonça cependant jamais à son rang d'archiduc d'Autriche ni aux autres droits qu'il détenait à titre personnel.

Sophie Chotek fut titrée, en 1900, princesse (Fürstin) de Hohenberg avec droit de transmission à sa descendance. Son petit-neveu Charles de Habsbourg devint donc dès sa naissance en 1887, l'héritier légitime de l'empire.

Le couple morganatique eut pour enfants :

  1. la princesse Sophie de Hohenberg (1901-1990)
  2. le prince Maximilien de Hohenberg (1902-1962) qui fut titré duc de Hohenberg en 1917 avec droit de transmission au chef de la maison Hohenberg
  3. le prince Ernest de Hohenberg (1904-1954)

Les orphelins Hohenberg furent recueillis par l'archiduchesse Marie-Thérèse de Bragance (1855-1944) fille de Michel Ier de Portugal et 3ème épouse (1873) de leur grand-père paternel Charles-Louis.

Deux ans après Sarajevo, l'archiduchesse Marie-Thérèse demanda à Guillaume II d'Allemagne le rétablissement de la Lorraine ducale au profit de Max, l'aîné des Hohenberg, afin d'« aplanir » le contentieux franco-allemand, mais se heurta à un refus.

Les deux branches (maison de Lorraine), subsistent toujours de nos jours :

Sa vie, sa légende

Durant son enfance, François-Ferdinand paraissait suffisamment éloigné du trône pour que son éducation ait été parfaitement négligée.

Le parlement hongrois tenta de donner la qualité de dynastes à la descendance de François-Ferdinand pour la seule Hongrie mais François-Joseph y mit bon ordre parce que cela aurait signifié la fin de l'Autriche-Hongrie.

François-Ferdinand et les siens disposaient du château de Konopiště (Konopischt en allemand) en Bohême.

Le caractère de François-Ferdinand était rude.

Avant son assassinat il eut maille à partir avec les Hongrois.

On lui prêtait aussi un plan pour transformer l'Autriche-Hongrie (qui se réduisait trop souvent à un tête-à-tête entre Autrichiens et Hongrois) en une union à trois (Autrichiens, Hongrois et Slaves).

Sa disparition n'émeut guère François-Joseph et fut peut-être considérée comme politiquement opportune.

François-Ferdinand était brave.

Il sut faire face avec aplomb aux avanies protocolaires dues au rang inférieur de son épouse.

Sans son courage il aurait peut-être survécu à Sarajevo : après un premier attentat raté, il refusa en effet d'annuler le programme officiel de sa visite.

Il n'est guère possible de discerner quelle sorte d'empereur aurait été François-Ferdinand.

Au cinéma

Le film De Mayerling à Sarajevo de Max Ophüls (1940) retrace la vie de l'Archiduc et de son épouse.

Bibliographie

Maurice Muret L'Archiduc François-Ferdinand, 1932, Paris, Bernard Grasset, 347 pages

Chantal de Badts de Cugnal et Guy Coutant de Saisseval Le Petit Gotha, 1993, 813 pages, autoédité (?), Paris, ISBN 2-9507974-0-7

L'Empire d'Autriche, 3 volumes (1990-1993), 33 cm, CEDRE (Centre d'étude des dynasties royales européennes), Paris

See also: François-Ferdinand d'Autriche, 1832, 1855, 1863, 1867, 1873, 1887, 1889, 1896