François Rabelais

Image manquante
Francois_Rabelais.jpg
François Rabelais

Image manquante
Logo_litt.jpg


Série : Littérature
Littérature francophone

Écrivains - Livres

Histoire littéraire

Antiquité - Moyen Âge
XVIe s. - XVIIe s.
XVIIIe s. - XIXe s.
XXe s. - XXIe s.

Formes littéraires

Conte
Nouvelle - Roman
Poésie - Théâtre

Genres littéraires

Biographie - Fantastique
Roman noir - Polar
Science-fiction
BD - Jeunesse
Expérimental - Nouveau roman

Voir aussi

Litt. non francophone
Courants littéraires
Prix littéraires
Écriture

Méta

Le projet littérature
Portail Littérature

François Rabelais (La Devinière, près de Chinon, Indre-et-Loire, vers 1483 ou 1494Paris, avril 1553) est un écrivain français de la Renaissance.

Rabelais est le parfait modèle des humanistes de la Renaissance, qui luttent avec enthousiasme pour renouveler, à la lumière de la pensée antique, l'idéal philosophique et moral de leur temps.

Sommaire

Biographie

François Rabelais serait le fils d'Antoine Rabelais (décédé en 1535), avocat au siège de Chinon, sénéchal de Lerné.

Selon Bruneau de Tartifume (1574-1636), Rabelais aurait été novice, vers la fin de 1510, au monastère de Cordeliers (ordre des frères mineurs, ou franciscain) de la Baumette, construit devant la Maine, près du roc de Chanzé à Angers.

Il reçoit une formation de théologie.

Plus tard (sans doute au début de l'année 1520), Rabelais rejoint le couvent franciscain du Puy-Saint-Martin à Fontenay-le-Comte, où il devient moine vers le mois d'octobre 1520.

Il manifeste très tôt une curiosité humaniste ; Pierre Lamy l'initie aux études grecques et l'encourage à écrire à Guillaume Budé. Rabelais s'intéresse aux auteurs antiques et correspondra avec d'autres humanistes célèbres.

Avec Pierre Lamy, Rabelais fréquente l'hôtel du légiste fontenaisien André Tiraqueau où se réunissent de beaux esprits de la région ; il y rencontrera notamment Amaury Bouchard et Geoffroy d'Estissac, prieur et évêque de l'abbaye bénédictine de Maillezais.

En 1523, suite aux commentaires d'Érasme sur le texte grec des Évangiles, la Sorbonne tente d'empêcher l'étude du grec ; à la fin de cette année, les supérieurs de Rabelais et de Pierre Lamy confisquent leurs livres de grec. Bien que ses livres lui soient peu à peu restitués, Rabelais se résoud à changer d'ordre monastique. Soutenu par Geoffroy d'Estissac, qui l'accueillera dans son abbaye de Maillezais, Rabelais présente une requête au pape en ce sens, en la motivant par l'excessive austérité de la règle de Saint-François.

Devenu bénédictin, Rabelais s'attache à la personne de Geoffroy d'Estissac en qualité de secrétaire ; il l'accompagnera ainsi au cours des tournées d'inspection de ses terres et abbayes. Rabelais séjournera au prieuré de Ligugé, résidence habituelle de Geoffroy d'Estissac, où il se liera avec Jean Bouchet. Au monastère proche de Fontaine-le-Comte, il rencontre le noble abbé Antoine Ardillon.

Rabelais ne se plie pas facilement aux règles monacales et ne reste pas cloîtré dans son monastère. Vers 1528, il prendra l'habit de prêtre séculier pour se rendre dans diverses universités.

D'abord à Paris, où il a pu commencer ses études de médecine. Il y aura également 2 enfants.

Le 17 septembre 1530, il s'inscrit à l'école de Médecine de Montpellier, où il donne des cours sur Hippocrate et Galien1. Il y est reçu bachelier le 1er novembre suivant.

À Montpellier, Rabelais se lie d'amitié avec le médecin Guillaume Rondelet (1507-1566).

Au printemps 1532, Rabelais est installé à Lyon, grand centre culturel où fleurit le commerce de la librairie. Le 1er novembre, il est nommé médecin de l'Hôtel-Dieu de Notre-Dame de la Pitié du Pont-du-Rhône (Lyon). Il enseigne également la médecine et publie des critiques de traités médicaux de l'Antiquité. Ses relations Étienne Dolet (1509-1546), Mellin de Saint-Gelais (1491-1558), Jean Salmon Macrin (1490-1557) sont protégés par l'évêque de Paris, Jean du Bellay ; celui-ci sera aussi le protecteur de Rabelais.

Rabelais publie en 1532 son Pantagruel sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais). Il écrit à Érasme.

Après le succès de son premier livre, Rabelais publie Gargantua en 1534, sous le même pseudonyme, utile précaution puisque tous ses livres seront ensuite condamnés par la Sorbonne.

Il accompagne Jean du Bellay à Rome, celui-ci étant chargé d'une mission spéciale auprès du pape Clément VII.

Après l'affaire des Placards (1534), Jean du Bellay, nommé cardinal, l'emmène de nouveau à Rome. Le pape Clément VII absoudra Rabelais des crimes d'apostasie et d'irrégularité.

D'août 1535 à mai 1536, Rabelais séjournera encore à Rome en tant qu'agent de Geoffroy d'Estissac. Le 17 janvier 1536, un bref de Paul III autorise Rabelais à regagner un monastère bénédictin de son choix et à exercer la médecine sans pratiquer d'opérations chirurgicales. Le cardinal du Bellay, abbé du monastère bénédictin de Saint-Maur-des-Fossés, avait offert de le recevoir dans ce monastère. Or, ce couvent de religieux était devenu une église collégiale de chanoines, juste avant que Rabelais n'y fût reçu. Une nouvelle demande au pape permit à Rabelais de régler ce problème de dates, et de retrouver ainsi sa liberté en toute légalité.

Fin 1539, Rabelais part pour Turin dans la suite de Guillaume du Bellay, frère du cardinal, seigneur de Langey et gouverneur du Piémont. En 1540, François et Junie, les enfants batards de frère Rabelais, sont légitimés par Paul III. Le 9 janvier 1543, Langey meurt à Saint-Saphorin, et Rabelais est chargé de ramener son corps au Mans, où il est inhumé le 5 mars 1543. Le 30 mai suivant, Geoffroy d'Estissac, le premier protecteur de Rabelais, décède à son tour.

Le 19 septembre 1545, Rabelais obtient un privilège royal pour l'impression du Tiers Livre ; édité en 1546, Rabelais le signe de son propre nom. En mars 1546, Rabelais se retire à Metz, ville de l'Empire, chez Étienne Laurens, et est nommé médecin de la ville de Metz.

En 1547, le roi Henri II succède à François Ier, et Jean du Bellay est maintenu au Conseil royal, et obtient la surintendance générale des affaires du royaume en Italie. Vers juillet 1547, Rabelais est revenu à Paris en tant que médecin du cardinal, qu'il accompagne dans ses voyages.

En 1548, onze chapitres du Quart Livre sont publiés ; la version intégrale paraîtra en 1552.

Le 6 août 1550, Rabelais obtient du roi un privilège d'édition pour toutes ses œuvres, avec interdiction à quiconque de les imprimer ou de les modifier sans son consentement.

Le 18 janvier 1551, le cardinal du Bellay octroie à Rabelais les cures de Meudon et de Saint-Christophe-du-Jambet.

Le 1er mars 1552, le Quart livre est censuré par les théologiens.

Le 7 janvier 1553, Rabelais résigne ses cures ; il meurt à Paris en avril 1553.

En 1562, l'Isle Sonnante, qui comprend 16 chapitres du Cinquième Livre est publiée. Le Cinquième Livre sera publié intégralement en 1564, et attribué à Rabelais ; attribution que de nombreux commentateurs constesteront.

Analyse de l'œuvre

Sources et genèse

Rabelais, pour écrire ses premiers textes, s'inspire directement du folklore et de la tradition orale populaire. En 1532 étaient parus à Lyon les Grandes et inévitables chroniques de l'énorme géant Gargantua, un recueil anonyme de contes populaires à la fois épiques et comiques. Ces contes tirent eux-mêmes leurs sources dans les romans de chevalerie du Moyen Âge, en particulier le cycle arthurien. Ce recueil a eu un énorme succès.

Rabelais se met alors à écrire un texte qui reprend la trame narrative des Chroniques. Il raconte l'histoire de Pantagruel, fils du Gargantua des Chroniques. Le Pantagruel est donc très marqué par ses sources populaires.

Fort du succès de son Pantagruel, Rabelais entreprit de réécrire à sa façon l'histoire de Gargantua. S'écartant de ses sources populaires initiales, Rabelais rédige un Gargantua littérairement plus achevé et nettement plus marqué d'humanisme que le premier opus.

Thèmes

Rabelais raconte les faits et gestes de deux géants, Pantagruel et Gargantua, depuis leur naissance jusqu'à leur maturité. Ce ne sont pas des ogres cruels, mais des géants débonnaires et gloutons.

Le gigantisme de ses personnages permet à Rabelais de décrire des scènes de festins burlesques. L'infinie goinfrerie des géants ouvre la porte à de nombreux épisodes comiques. Ainsi, le premier cri de Gargantua à sa naissance est : « À boire ! À boire ! ». Le recours aux géants permet aussi de bouleverser la perception habituelle de la réalité. Sous ces aspects, l'œuvre de Rabelais s'inscrit dans le style grotesque, qui appartient à la culture populaire et carnavalesque.

Néanmoins, le thème du géant n'est pas exploité uniquement pour son comique. Il symbolise l'idéal humain de la Renaissance : il est la transposition physique de l'immense appétit intellectuel de l'homme de la Renaissance. Rabelais s'est ainsi efforcé, à travers ses textes, de concilier culture savante et tradition populaire.

Face à cette oscillation entre fantaisie débridée et symbolisme intellectuel, comment faut-il comprendre l'œuvre de Rabelais ? Les intentions de Rabelais nous restent assez énigmatiques. Dans l'Avis au lecteur du Gargantua, il dit vouloir avant tout faire rire. Puis, dans le Prologue, par une comparaison aux silènes et à Socrate, il suggère qu'une intention sérieuse et un sens profond se cachent sous l'aspect grotesque et fantaisiste. Mais dans la seconde moitié du prologue, il critique les commentateurs qui cherchent des sens cachés dans les œuvres. Manifestement, Rabelais aime laisser planer l'ambiguïté et perturber son lecteur.

Écrivain pittoresque, il témoigne en outre d'un don prodigieux de l'invention verbale.

La religion de Rabelais : un débat d'historiens

La personnalité de Rabelais a cristallisé un débat d'historiens sur la question de l'incroyance au XVIe siècle. Abel Lefranc, auteur de la première édition critique de Rabelais au XXe siècle, soutient ainsi dans une série d'articles introductifs (19121930) la thèse de l'athéisme de son auteur. Il s'appuie sur des extraits de son œuvre (en particulier la lettre de Gargantua à Pantagruel) et les accusations portées contre lui par Calvin (Des scandales, 1550) et par Robert Estienne (préface de l'évangile selon Matthieu, 1553).

La thèse inverse fut soutenue en 1924 par le théologien catholique Étienne Gilson2, et surtout par l'historien des Annales Lucien Febvre dans Le problème de l’incroyance au XVIe siècle, la religion de Rabelais (1942). Pour ce dernier, les accusations d'athéisme portées à l'encontre de Rabelais ne doivent pas être interprétées à la lumière du rationalisme moderne, mais replacées dans le contexte de l'époque : était considérée comme athée toute personne qui ne se conformait pas à la religion dominante, ou du moins à la religion de son accusateur. Ce débat, portant initialement sur l'analyse de l'œuvre de Rabelais, ouvre ainsi la voie à une réflexion plus générale sur les représentations mentales de l'époque. vive Rabelais! (Voir Histoire de l'athéisme)

Bibliographie

Image manquante
80px-Sourceberg.jpg


Wikisource propose des textes de François Rabelais dans le domaine public

Liens externes

Image manquante
80px-Wikiquote.png


Wikiquote possède quelques citations de ou à propos de François Rabelais.

Notes

1. Les œuvres de Galien faisaient alors autorité, et étaient surtout connues dans leur édition incomplète et latine de 1490 ; en 1525, elles sont éditées dans la langue du manuscrit, le grec. Il faut cependant noter qu'à l'époque de Galien, le droit romain interdisait la dissection de cadavres humains ; aussi son anatomie humaine se déduisait d'observations de singes, ou de porcs pour les organes internes. 2. De la Bible à François Villon: Rabelais Franciscain d'Étienne Gilson. ISBN 2711602818

See also: François Rabelais