Françoise Morvan

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Série : Littérature
Littérature francophone

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Françoise Morvan (Rostrenen -), écrivain, née en 1952

Sommaire

Origine

Ses parents ayant quitté la Bretagne, elle a fait ses études à Colombes, puis à la Sorbonne, tout en suivant à Paris des cours de breton. Elle est agrégée de lettres (Plus jeune agrégée de France à 22 ans).

Avertissement

Son parcours et ses prises de positions sont l'objet de nombreuses controverses et polémiques, qui se retrouve dans l'objet de ce texte.

Cofondatrice de l'école Diwan de Guingamp (Côtes-d'Armor) dans les années 70 :

Sur le sujet, elle affirme : En quête d’une école maternelle où ma fille ne soit pas brimée, j’entreprends de fonder avec des amis une école Diwan, où elle ne veut, d’ailleurs, pas mettre les pieds — bref, encore une fois, rien que de banal pour quelqu’un qui s’intéresse d’un peu près à la culture bretonne. On a voulu me présenter comme une militante nationaliste bretonne subitement convertie au nationalisme français, mais si tous les parents dont les enfants vont à Diwan devenaient des militants, ça en ferait des troupes (et, moi, en plus, j’étais un parent d’enfant qui n’allait pas à Diwan).

Littérature

Erudite en folklore breton (terme à comprendre ici comme la version française de contes populaires en langue bretonne), elle a fouillé les biographies et publié les inédits de deux auteurs : d’abord Armand Robin( qui n'a rien à voir avec le foklore), puis François-Marie Luzel. Elle publie par ailleurs ses traductions de dramaturges irlandais, Synge, O’Neill, etc. (qui seront interprétées dans les grands théâtres parisiens). Elle collabore en outre avec André Markowicz pour des traductions d’auteurs russes : La mouette de Tchékhov, etc. Elle est chercheur associé à l'IMEC pour l'édition des œuvres complètes de Danielle Collobert.

Le breton unifié

Dans son ouvrage : Le Monde comme si, elle met le doigt sur les ambiguïtés, selon elle, du régionalisme breton, et dévoile selon ses détracteurs au grand jour son "nationalisme français".

Ainsi pour l'établissement de sa thèse, lorsqu'elle découvre un jour à la bibliothèque municipale de Rennes un fonds inexploité d'archives sur François-Marie Luzel, les responsables des institutions culturelles bretonnes dont son directeur de thèse Per Denez qui lui ont promis une subvention pour une édition bilingue, lui imposent de traduire les dialectes bretons d'origine dans l'orthographe unifiée du breton créé dans les années 1940.

Son refus provoque une rupture :

Per Denez mettra en chantier une édition des contes en langue bretonne :

Les procès

Il lui intente un procès en diffamation, qu’il perd (jugement du 6 mai 1999) :

Francoise Morvan intentera quatre autres procès à Per Denez qu'elle perdra tous: ordonnance du 6 décembre 1995, jugement du 5 octobre 1998, jugement du 9 décembre 1999, arrêt du 15 février 2001.

Débat et enquête sur la Bretagne bretonnante

Elle enquête sur le milieu culturel breton, où elle fait des découvertes qui la sidèrent :

L'orthographe unifiée du breton

Elle affirme sur le sujet (mais elle n'est pas bretonnante): L’orthographe fixée par les nationalistes en 1941… Lorsque les nazis ont fait alliance avec les militants nationalistes, la question de l’orthographe a été posée prioritairement : une langue pour une ethnie, donc une langue unifiée pour une Bretagne de race celte, à séparer de la France métisse. Jusqu’alors, le vannetais, très différent des autres dialectes, avait une orthographe distincte : réduction du vannetais à la norme. L’unification de l’orthographe bretonne (en fait, demandée par les écrivains vannetais) s’est faite sur injonction du sonderfürher Weisgerber, responsable des affaires bretonnes, l’éminence grise du mouvement breton, Roparz Hemon, se chargeant de faire exécuter. Après l’Occupation, la guerre des orthographes a fait rage, pour des motifs d’ailleurs intéressants… mais qui, en l’occurrence, n’avaient pas lieu d’être examinés : lorsque mon directeur me demande de réécrire ces carnets, je ne sais qu’une chose, c’est qu’un chercheur ne falsifie pas un manuscrit.

Le pour, le contre

Tout cela sert selon elle à :

Critique de l'origine et parcours du mouvement breton

Pour elle, c'est un système qui ne fonctionne que par le pathos, par une rhétorique de la douleur et de la faute issue (selon elle) du catholicisme : la mort d'une langue, l'oppression d'un peuple, le devoir de réparation historique, la fierté à reconquérir contre le long martyre de la Celtie aux valeurs à jamais salvatrices, tout s'inscrit dans un héritage religieux contre lequel il est très difficile de lutter sans risquer de se laisser engluer :

Le monde comme si

[1][2]

Dans cet ouvrage, elle raconte son périple à l'intérieur du mouvement breton en surmontant les années de procès, les attaques dans la presse nationaliste bretonne, les menaces, et ainsi de suite. Elle cherche à montrer les dangers de ce projet communautariste.

Son arme serait :

Publications

Nombreuses publications personnelles en diverses revues et maisons d'édition.


Françoise Morvan a aussi entrepris la publications des œuvres majeures du patrimoine français dans la domaine du conte :

et se tourne vers les littératures populaires de tous les pays.

Elle collabore, avec Pierrick Le Guennec, de la Libre Pensée, à l'Observatoire du Communautarisme, où elle reprend régulièrement les thèmes abordés dans son livre de combat.

Textes et citations

Langue inutile

… pourquoi sauver une langue qui ne leur servirait jamais à rien ? … Françoise Morvan, Les Temps Modernes, Mars-Avril-Mai 2000

Langue académique

On ne soulignera jamais assez le rôle des militants, qui en voulant faire du breton un substitut du français académique, l’ont voué à disparaître … Françoise Morvan, Les Temps Modernes, Mars-Avril-Mai 2000

Objet de commerce

pour en finir avec les agressions de militants payés pour faire de la langue bretonne un objet de commerce identitaire, j’avais pensé donner la parole à ce petit peuple si peu soucieux de son identité. Françoise Morvan, Lutins et lutines, Librio

Interview dans l 'observatoire du communautarisme

...OC : Vous témoignez d’une grande tendresse pour le breton, pour la culture populaire et le monde de votre enfance. Comment concilier l’attachement à une culture régionale et à une nation comme la France ?

FM : J’éprouve une grande tendresse, c’est vrai, pour le breton, pour la culture populaire et le monde de mon enfance mais je ne suis pas attachée à une « culture régionale », ni, d’ailleurs, à la France en tant que nation. Ce n’est pas être nationaliste que de constater que le français, qui est porteur d’une riche littérature, est en recul partout dans le monde et d’être consterné de voir à quoi il cède la place. L’argent gaspillé à imposer une signalétique bretonne en pays gallo serait mieux employé à remédier à la misère des centres culturels français à l’étranger

OC : Qu’ont répondu les militants bretons à ces observations ?

FM : À cela, les militants n’ont trouvé à répondre que : « Au secours, elle voit des nazis partout ! » Lors d'un débat à Lanester, les instituteurs de l’école bilingue avaient fait dessiner des panneaux où l’on pouvait lire des proclamations du genre : « J’apprends le breton : je suis nazi. Merci, Françoise ! ». Je ne vois pas de nazis partout : je constate la permanence de l’idéologie du mouvement nationaliste qui détermine désormais majoritairement, avec l’appui des pouvoir publics, ce qui se fait dans le domaine de la langue, de la musique et de la littérature. L’adhésion au nazisme était inscrite dans la revendication de Breiz atao, raciste dès les origines ; elle a dérivé vers l’ethnisme en conservant le même culte pour les grands hommes qui avaient donné leur adhésion au nazisme. Les faits sont ce qu’ils sont.

See also: Françoise Morvan, 15 février, 1940, 1945, 1952, 1995, 1998, 1999